Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Éducation

Au Stade Toulousain, bientôt un Diplôme Universitaire de joueur de rugby pro

lundi 20 novembre 2017 à 4:27 Par Paul Ferrier et France Bleu Occitanie, France Bleu Occitanie

"Mens sana in corpore sano". Un esprit sain dans un corps sain. Ce pourrait être le slogan du Stade Toulousain et de son centre de formation. Le club se veut militant et précurseur dans ce domaine. Il s'organise pour que ses jeunes joueurs professionnels fassent des études supérieures.

Le centre de formation du Stade Toulousain a créé un diplôme universitaire en partenariat avec l’université Toulouse 1 Capitole.
Le centre de formation du Stade Toulousain a créé un diplôme universitaire en partenariat avec l’université Toulouse 1 Capitole. © Radio France - Paul Ferrier

Toulouse, France

Cette tendance du joueur de Rugby à la tête bien faite est loin d'être neuve. Thierry Dusautoir, Yannick Jauzion, Jean Bouilhou, pour ne citer qu'eux, sont souvent montrés en exemple, pour leurs études d'ingénieur. Mais avec la professionnalisation du rugby, le nombre de joueurs continuant leurs études durant leur carrière avait chuté ces dernières années. C'est en train de s'inverser.

D'abord parce que depuis 2002 et l'obligation pour les clubs pro d'avoir des centres de formations, les choses ont été inscrites dans le marbre pour les jeunes joueurs. "Un joueur ne peut pas être pro, dans le rugby, avant 22 ans", rappelle Valérie Vishi-Serraz, directrice du centre de formation du Stade Toulousain. "Cela a été voulu par le syndicat des joueurs, la ligue et la fédération pour que les joueurs soient sur une dynamique d'études supérieures". Dans le football, les joueurs ont pour obligation de suivre des études en centre de formation jusqu'à 18 ans.

"Un joueur ne peut pas être pro avant 22 ans"

Ce retour aux études, compte tenu des emplois du temps exigeants d'un sportif de haut niveau, est également facilité par les nouveaux outils. Ce qui est très prisé par les joueurs, ce sont les classes virtuelles explique-t-on au pôle reconversion de Proval, le syndicat des joueurs professionnels. Devant leurs ordinateurs, assis dans le canapé, les joueurs peuvent suivre des cours virtuels. "Nous avons réalisé une enquête, en moyenne ils ont 8h par semaine à consacrer aux études ou à un projet de reconversion", explique Laure Vitou, directrice du pôle. Elle estime qu'environ un tiers des 1100 professionnels du Top 14 et de la Pro D2 étudient ou travaillent à leur reconversion.

"Je ne vous cache pas que c'est compliqué", Clément Castets, pilier du Stade Toulousain et étudiant podologue.

Chez les jeunes du Stade Toulousain, les profils sont variés. Des jeunes du centre de formation sont à l'INSA, école d'ingénieur à Toulouse, d'autres ont des CAP. Par exemple Antoine Dupont, le demi de mêlée toulousain de l'équipe de France, est inscrit en STAPS. Et puis il y a les deux futurs podologues. François Cros le troisième ligne et Cléments Castets le pilier. "C'est très usant mentalement, physiquement. Quand les autres sont en récupération, nous, on est en cours", avoue le première ligne. A 21 ans, Clément Castets est en première année et explique se sentir bien entouré, bien accompagné. "De toute façon pour moi, c'est non optionnelle d'arrêter les études. Donc j'espère que ça passera. J'ai envie d'avoir un métier. L'important pour moi, c'est d'avoir un diplôme, d'être soulagé de ça. Ma carrière, au mieux du mieux, s'arrêtera à 37 ans. Il faudra que j'ai quelque chose derrière."

"On verra dans cinq ans, quand j'aurai mon diplôme, si je pratiquerais. Si j'aurais un travail à côté comme le fait Clément Maynadier à Bordeaux."

Dans le Top 14 il existe en effet ce cas de figure unique. Celui du talonneur de l'équipe de France et de l'UBB. C'est le seul joueur du championnat à avoir un contrat "pluri-actif" selon Proval. Le seul joueur a avoir une double activité. Clément Maynadier est ingénieur aéronautique. Son contrat de joueur pro prévoit deux demi journées par semaines libérées pour le travail en entreprise. Alors deux fois par semaine, Clément Maynadier fonce dans l'atelier, chez Safran Aircraft Engine. Le natif d'Albi travaille sur des moteurs d'avion de chasse.

"Avoir des joueurs qui sont cortexés, c'est toujours mieux pour gérer un plan de jeux si vous voyez ce que je veux dire." Didier Lacroix, président du Stade Toulousain.

Un Stade Toulousain militant

Parmi les clubs professionnels français, le Stade Toulousain est un bon élève. Rare d'ailleurs sont les mauvais. Le discours, "je te paye pour jouer, pas pour étudier" , est de plus en plus rare confirme Proval. Mais le secteur sportif a quand même souvent le dernier mot. Même au Stade Toulousain. "Il faut être imaginatif", concède la directrice du centre de formation.

A Toulouse, c'est aussi facilité par un entraîneur militant. Un militant de la double activité. Ugo Mola souhaite absolument que ses joueurs ne s'enferment pas dans leur bulle. "Peut être que ça va vous paraître étonnant mais je fais partie des entraîneurs qui pensent sincèrement que nos jeunes joueurs doivent continuer un parcours intellectuel les sortant un petit peu de leur quotidien et de leur routine. Quitte à ce que, parfois, on aménage un petit peu nos emplois du temps."

"C'est un milieu qui a créé des cas sociaux."

Le manager Toulousain a lui connu l'époque où les joueurs demandaient à être professionnels à 100%. Il semble le regretter aujourd'hui. Il estime que pour certains, "ça a été catastrophique".

"C'est un milieu qui a créé ... alors quand je vais dire "des cas sociaux", ça va paraître gênant. Mais, c'est la vérité.J'en ai fait partie et parfois, j'en ai souffert. Donc je milite pour ça. Que ce soit Dorian Aldegheri, Julien Marchand, Cyril Baille Florian Verhaeghe ou Romain Ntamack, ce sont tous des garçons qui continuent leurs études ou qui vont ré-enclencher un processus. Ca nous paraît important."

Un diplôme universitaire pour tous

L'obligation faites aux joueurs de moins de 22 ans, en centre de formation, de faire des études pose parfois problème. Tout le monde n'est pas fait pour les études supérieure. "Alors effectivement on a créé un diplôme universitaire de sportif professionnel", explique Valérie Vishi-Serraz, directrice du centre de formation du Stade Toulousain. C'est le premier centre de formation de rugby en France à le faire. Un Diplôme Universitaire, un DU, pour devenir joueur de rugby professionnel professionnel.

Chaque année, il y a 30 jeunes de 17 à 23 ans au centre de formation du Stade Toulousain. Plus de 60 % d'entre eux signeront pro affirme la directrice. "Quand on devient joueur professionnel, tout à coup, on va gagner beaucoup plus d'argent. Il va falloir apprendre à le gérer, il va falloir signer des contrats, on va devoir parler avec des journalistes. Donc cela demande des compétences très pointues. Et donc on se dit que certains joueurs qui n'ont plus le goût des études, on peut peut-être les ancrer dans cette dynamique d'études supérieures en leur donnant ces connaissances générales qui vont les aider à vivre leur carrière de joueur pro."

Ce DU, monté en partenariat avec l'université Toulouse 1 Capitole, s'obtiendra en 18 mois et ouvrira à la rentrée prochaine, avec quelques mois de retard. Le temps de la mise en place de la nouvelle direction du club, le temps de créer, aussi, "une vraie promo."