Éducation

Auxerre : deux professeurs du lycée Jacques-Amyot font valoir leur droit de retrait

Par Virginie Salanson, Benoît Jacobo et Isabelle Rose, France Bleu Auxerre jeudi 12 octobre 2017 à 12:37 Mis à jour le jeudi 12 octobre 2017 à 13:50

Deux professeurs de sciences physique-chimie du lycée Amyot, à Auxerre, ne dispensent plus leurs cours depuis mercredi 11 octobre car ils estiment que leur salles de classes sont trop mal ventilées.
Deux professeurs de sciences physique-chimie du lycée Amyot, à Auxerre, ne dispensent plus leurs cours depuis mercredi 11 octobre car ils estiment que leur salles de classes sont trop mal ventilées. - Capture d'écran Google Street View

Deux professeurs de physique-chimie du lycée Jacques-Amyot, à Auxerre, refusent d'enseigner depuis mercredi 11 octobre. Ils estiment que leurs salles de classe sont polluées par les produits chimiques qu'ils manipulent. "Il n'y a aucun danger", répond l'inspection d'académie.

Depuis mercredi matin, deux professeurs du lycée Amyot, à Auxerre, dans l'Yonne, n'assurent plus leurs cours. Pendant leurs classes de physique et de chimie, ils manipulent des produits chimiques. Selon eux, l'air des salles est pollué par ces produits, car la ventilation n'est pas assez puissante, et les conditions de stockage mauvaises. C'est écrit dans un rapport de l’inspection santé et sécurité au travail, daté de décembre 2015 : "les règles élémentaires de santé et de sécurité ne sont pas assurées" ,peut-on y lire.

"Nous sommes en danger et je suis responsable de mes élèves" - Jean-Claude Joubert

Jean-Claude Joubert est l'un de ses deux enseignants. Comme deux autres collègues, il a été atteint d'un cancer et est convaincu que sa maladie est liée à ses conditions de travail. Aujourd'hui, il veut se protéger et protéger ses élèves. "Nous sommes en danger. Je suis responsable de mes élèves. Certes, j'ai mes problèmes de santé, mais ce n'est pas qu'un problème personnel. C'est aussi pour tous les élèves qui vont dans ces bâtiments. On leur cache la situation, et je ne peux plus supporter cette idée là," explique-t-il.

Des travaux prévus selon l'inspection d'Académie

De son côté, l'inspectrice d'académie, Annie Partouche, estime que la situation est sous contrôle. "La région s'engage à livrer très rapidement deux nouvelles armoires de stockage pour les produits chimiques identifiés par les enseignants" détaille-t-elle. "Par ailleurs, la région a décidé d'engager des travaux" rajoute-t-elle.

"Est-ce qu'on peut honnêtement nous regarder en face et nous dire on vous laisse là dedans jusqu'en 2018 ?" - Jean-Claude Joubert

Mais cette réponse ne convient pas aux deux professeurs : "on nous évoque, éventuellement (!) des travaux à l'été 2018" s'indigne Jean-Claude Joubert. "Mais, jusqu'à l'été 2018, nous allons être dans cet environnement ! Est-ce qu'on peut honnêtement nous regarder en face et nous dire on vous laisse là dedans??" s’interroge-t-il, scandalisé.

En réponse, l'inspectrice académique explique que des mesures de l'air ont été faites et qu'il n'y a aucun danger. Un inspecteur général et un inspecteur pédagogique se rendront tout de même vendredi dans l' établissement pour répondre à toutes les questions et "rassurer élèves, enseignants et parents d'élèves" conclut Annie Partouche. Enfin, une réunion avec la région est prévue en novembre pour planifier les travaux à venir.