Éducation

Bordeaux-Shanghai : le choc des cultures pour les étudiants

Par Yves Maugue et Loick Guellec, France Bleu Gironde jeudi 1 décembre 2016 à 19:31

L'institut franco-chinois de Suzhou
L'institut franco-chinois de Suzhou © Radio France - Yves Maugue

Kedge Business School, l’école de commerce basée à Bordeaux et Marseille, poursuit son développement en Chine avec l'inauguration dimanche d'un nouveau pôle arts et design. A Suzhou, près de Shanghai, étudiants français et chinois confrontent leurs expériences

Une délégation française du groupe Kedge Business School, l’école de commerce basée à Bordeaux sur le campus de Talence et à Marseille, se trouve jusqu’à ce week-end en Chine. Kedge poursuit son développement sur place avec l’ouverture d’une nouvelle formation arts et design qui sera inaugurée dimanche à Shanghai. Le groupe est déjà présent depuis 2010 tout près, à Suzhou (une ville de 7 millions d’habitants à 150 km de Shanghai !) au sein de l’Institut Franco-Chinois. 150 élèves français y viennent d’ailleurs en immersion chaque année.

Riz et nouilles contre mode et parfum

Shan Hui et Jean-Baptiste sont réunis dans la cafétéria du campus de l’Institut Franco-Chinois. Shan Hui est en 4ème année. Jean-Baptiste, lui, est en 3ème année à Kedge à Bordeaux et depuis septembre à Suzhou. Tous les deux apprécient de découvrir une autre culture. Jean-Baptiste a par exemple été surpris par la relation entre les profs chinois et les étudiants. "Ils vont s'envoyer des messages, se voir en dehors des cours pour boire un verre, explique-t-il. Ça nous fait un peu bizarre". Shan Hui, elle, avoue être surprise de la froideur des enseignants français. L’échange permet de mettre à mal certaines idées reçues. "On s'intéresse aux parfums, dit-elle dans un français parfait. On essaie de suivre la mode française". Mais, pour Jean-Baptiste, certains clichés se vérifient : "la cuisine... ils mangent du riz, des nouilles, et puis du riz et des nouilles (rires)".

Shan Hui et Jean-Baptiste à l'institut franco-chinois - Radio France
Shan Hui et Jean-Baptiste à l'institut franco-chinois © Radio France - Yves Maugue

Les chinois "à l'affût des nouveautés"

Mais, au-delà de la cuisine, la différence entre Français et Chinois, ce serait surtout la capacité d’adaptation des Chinois selon Shan Hui. "Nous en Chine, on est toujours à l'affût des nouveautés. En France, je pense que ce serait difficile de changer régulièrement de mode de vie ou de consommation". Et Jean-Baptiste, qui joue à l'extérieur, cède du terrain en concédant tout l'apport de ses quelques mois de formation en Chine sous l’égide de Kedge à Suzhou et de Renmin, l’université chinoise associée. "Dès qu'on discute avec des chinois et qu'on évoque Renmin, ça leur parle. Car c'est l'une des meilleures universités du pays. Cette expérience est vraiment un plus pour pouvoir travailler en Chine". L’avenir ? Shan Hui sait ce qu’elle en attend. Elle qui n’oublie pas de rappeler qu’elle est et reste communiste avoue vouloir gagner de l’argent mais en faisant un métier qui lui plait et qui lui parait utile.

Un autre regard sur la Chine

Simon est comme Jean-Baptiste étudiant à Kedge à Bordeaux. A Suzhou, il a découvert une Chine très éloignée de ce qu'il imaginait. Il évoque des Chinois décomplexés. "Parfois les chinois sont presque choquants en parlant de gagner de l'argent. Ils disent qu'ils veulent faire des affaires avec la France car c'est un pays riche et qu'ils pourront ainsi gagner plein d'argent". Et il décrit un pays d'extrêmes. "Tout est extrême. La taille de la population, la façon de raisonner, le travail réclamé aux étudiants.C'est un pays qu'on connait mal car il est tout jeune sur la scène économique. prenez une photo de Shanghai dans les années 90, ça n'a rien à voir avec aujourd'hui. Paris en revanche n'a pas beaucoup changé.La Chine est un pays que l'on ne peut pas comprendre si on n'y a pas passé un peu de temps".

Simon étudiant à Bordeaux - Radio France
Simon étudiant à Bordeaux © Radio France - Yves Maugue

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