Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Éducation

Champagnier : quand on risque sa vie pour aller à l'école

mercredi 5 septembre 2018 à 18:18 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère

Des parents d'élèves et la maire de Champagnier se mobilisent pour dénoncer une rentrée dangereuse. Des élèves doivent traverser la nationale 85, entre Grenoble et Vizille, pour prendre le bus, matin et soir, et aller au collège. Ils risquent leur vie, car il n'y a aucun aménagement.

La maire de Champagnier lance un SOS en direction de l'Etat
La maire de Champagnier lance un SOS en direction de l'Etat © Radio France - Véronique Pueyo

Champagnier, France

C'est la mobilisation depuis la rentrée scolaire à Champagnier. La maire de la commune, Françoise Cloteau, veut attirer l'attention de la Direction interrégionale des routes centre-Est sur le cas de trois adolescents qui doivent prendre le car pour aller au lycée, pour l'un, et au collège, pour les deux autres. Mais pour cela, ils doivent traverser la Nationale 85, alors que le flot de voitures est continu et qu'il n'existe aucun aménagement pour assurer la sécurité des jeunes.

Trafic intense sur la nationale 85, entre Grenoble et Vizille - Radio France
Trafic intense sur la nationale 85, entre Grenoble et Vizille © Radio France - Véronique Pueyo

L'édile demande l'installation de feux provisoires et un marquage au sol : "_Les enfants appuieraient sur le bouton, deux fois par jour pour arrêter les voitures, cela ne perturberait pas la circulation !"_Mais pour l'instant,  la direction interrégionales des routes ( qui dépend du ministère de l'Ecologie) fait la sourde oreille. "Et pourtant le préfet nous soutient" souligne Françoise Cloteau.

Pour éviter tout accident, durant cette semaine de rentrée scolaire, la maire mobilise donc deux policiers municipaux qui, le matin et le soir, font la circulation pour permettre aux deux collégiens de 11 ans, et à un lycéen d'aller en toute sécurité en cours. "Mais, la semaine prochaine, cette protection n'existera plus ! Et qu'on ne me dise pas que l'on ne veut pas mettre en place un aménagement pour seulement trois élèves ! Je ne veux pas entendre cet argument honteux !" lance l'élue.

L'angoisse pour les parents d'élèves

Les parents sont, eux aussi, très remontés et très inquiets : "On a la boule au ventre chaque matin ! On attend le sms qui nous dit qu'ils sont bien arrivés en classe!" dit Habib, le papa de Yannis. "Ça fait des années qu'on demande que ça change! J'espère que cette fois, notre appel sera entendu !" 

Catherine et son fils Benoît - Radio France
Catherine et son fils Benoît © Radio France - Véronique Pueyo

Catherine, maman de quatre enfants, est en congé parental : "Pour l'instant, je peux emmener mon fils au collège. Mais, cela ne va pas durer et je suis très angoissée à l'idée de le laisser seul traverser cette terrible nationale !"

Au bord de la Nationale 85, le grondement des moteurs est assourdissant. "Je compte les voitures" dit la maire. "C'est plus de 50 toutes les minutes !" Le bus scolaire arrive. Les enfants en descendent. Et c'est alors que les policiers municipaux entrent en action pour permettre à Benoit et Yannis de rejoindre leurs parents qui les attendent de l'autre côté de la voie. 

Yannis et ses parents, en compagnie du maire de Champagnier - Radio France
Yannis et ses parents, en compagnie du maire de Champagnier © Radio France - Véronique Pueyo

Pour eux aussi c'est dangereux, mais ils réussissent à stopper la circulation. Ça y est, les ados sont en sécurité. Yannis se jette dans les bras de son père : "Ouf ! parfois, j'ai peur qu'une voiture me percute. C'est stressant!" Benoît, 11 ans, renchérit : "Oui, c'est pas normal qu'on ait peur comme çà pour aller à l'école ! C'est le travail des adultes de nous protéger !"

Ne pas attendre qu'il y ait un accident pour agir

La maire de Champagnier espère que la Direction interrégionale des routes centre-est entendra enfin l'appel des petits collégiens ! En effet, il ne faudrait pas qu'il y ait un accident pour faire quelque chose.

Ecoutez le reportage réalisé au bord de la nationale 85