Éducation

Comment réformer le bac? D'autres pays d'Europe misent sur le contrôle continu

Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace et France Bleu lundi 13 novembre 2017 à 18:56

Partout,  en Europe, il existe un examen qui marque la fin du lycée
Partout, en Europe, il existe un examen qui marque la fin du lycée © Maxppp - Michel CLEMENTZ

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, veut faire évoluer le baccalauréat et lance des consultations. Il pourra chercher l'inspiration dans d'autres pays européens.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, veut faire évoluer le baccalauréat. Il veut "redonner du sens" à cet examen et s'intéresse aux bonnes pratiques préconisées par les spécialistes de l'enseignement. Durant la campagne pour la présidentielle, le candidat Macron proposait par exemple de limiter l'examen final à quatre matières obligatoires. Et de donner plus de place au contrôle continu. Nos voisins européens, justement, privilégient le contrôle continu.

Donner plus de place à l'oral, comme en Italie?

Il y a par exemple l'Abitur, le bac à l'allemande, qui associe des épreuves dans des matières obligatoires et un contrôle continu. Les notes obtenues durant les deux dernières années de lycée comptent pour les deux tiers dans cette évaluation finale. La Finlande, aussi, donne une grande importance au contrôle continu, tout comme l'Italie. L'Italie qui impose déjà un nombre réduit d'épreuves, trois épreuves écrites et un oral, un véritable d'exposé d'une heure durant lequel le candidat présente un sujet sur lequel il a travaillé toute l'année. Cet oral, qui s'appuie sur un mémoire écrit, représente quasiment un tiers de la note finale. Enfin les épreuves combinent plusieurs disciplines, éventuellement sous forme de QCM.

La dissertation de philo, une habitude française

Dans certains pays, les lycéens choisissent les matières qu'ils vont présenter à l'examen. La Grande-Bretagne pratique le sur-mesure, quasiment. Les élèves ont le choix entre 80 matières pour leurs "A-levels", comme "Advanced level", des tests très spécialisés qui s'articulent avec les premiers pas en fac. Les notes ne se compensent pas entre elles. Il faut réussir au moins trois matières pour entrer à l'université mais certains lycéens en passent quatre ou cinq, parfois très proches, genre physique, maths et chimie, là où le système éducatif français préfère jouer la diversité. La Russie n'impose que trois matières de base, les deux autres sont au choix. Deux en option aussi en Espagne, en plus des quatre disciplines obligatoires.

Et puis, la dissertation de philo, qui lance les épreuve du bac, est une spécialité bien française. Ailleurs en Europe on enseigne plutôt l'histoire des idées. La philosophie est en option, seulement, chez la plupart de nos voisins. Ajoutons que le bac est un "certificat de maturité" en Suisse ou en Belgique, une "Maturita" en Italie, "Matura" en Autriche ou en Pologne, bref, un passage vers l'université mais aussi vers l'âge adulte...

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