Éducation

Comment (sur)vivre sans connexion internet : les habitants du hameau de Boyon, à Tournon, racontent

Par Julie Szmul, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu lundi 19 octobre 2015 à 6:00

Sans connexion Internet, la vie est plus compliquée (illustration).
Sans connexion Internet, la vie est plus compliquée (illustration).

En 2015, toute la France a accès à Internet. Toute ? Non. Il existe en Drôme-Ardèche un petit hameau, le hameau de Boyon à Tournon-sur-Rhône, qui résiste encore et toujours à l'appel du web. Les habitants du hameau, et beaucoup d'autres aux alentours n'ont jamais eu Internet. Alors ils s'organisent.

Ils vivent en zone grise, voire même en zone blanche : cela signifie que leur connexion internet est très faible, parfois nulle. Alors qu'aujourd'hui, presque tout se passe sur Internet, les habitants du hameau de Boyon s'organisent comme ils peuvent pour (sur)vivre.

Impossible de faire ses devoirs

Les professeurs sont de plus en plus nombreux à donner des devoirs à faire sur Internet. Pour les quarante enfants du hameau de Boyon, c'est mission impossible. Et il y a pire : lorsqu'ils doivent préparer le moindre exposé, ils sont obligés d'effectuer leurs recherches directement au CDI de leur collège ou lycée, qui n'est ouvert que quelques heures par jour. Ils sont donc clairement défavorisés par rapport aux autres enfants de leur classe, qui eux n'ont pas de souci de connexion à la maison.

Reportage avec Romain et Léa, frères et soeurs sans connexion Internet chez eux.

Un quotidien compliqué

Pour les adultes, c'est également très compliqué. Stéphanie, par exemple, n'a pas réussi à vendre sa maison : une acheteuse très intéressée s'est finalement rétractée, puisqu'elle travaillait sur Internet et que sans connexion, elle ne voulait pas de cette maison. Stéphane Cabrerizo est professeur de SVT au collège Marie Curie de Tournon, et lui non plus ne peut suivre à distance ses messages, ni rester en contact avec son collège.

Reportage avec les habitants du hameau, dont le quotidien est compliqué.

Stéphane Cabrerizo a créé en 2011une association, pour demander le raccordement au plus vite du hameau et de ses environs au très haut débit. Aujourd'hui, près de 200 personnes se sont ralliées à sa cause.

C'est comme si l'on vivait avec 30 ans de retard sur notre époque, Stéphane Cabrerizo

C'est l'ADN, l’Ardèche-Drôme Numérique, un syndicat mixte qui s'occupe de raccorder les foyers à la fibre. Elle a déjà été implantée dans les zones industrielles, les zones commerciales, dans les établissement scolaires et dans certains bâtiments publics. Chez les habitants, en revanche, elle n'est toujours pas là : l'ADN doit dévoiler avant la fin de l'année la date officielle de raccordement à la fibre optique.