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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : "La sécurité passera avant tout" dit un principal de collège des Pyrénées-Orientales

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Par , France Bleu Roussillon

Port du masque pour les élèves, cantine, transports scolaires, reprise des cours prévue le 18 mai... Interview avec Florent Martin, principal du collège de Toulouges, près de Perpignan.

Le collège de Toulouges dans les Pyrénées-Orientales
Le collège de Toulouges dans les Pyrénées-Orientales - CD66

Avant l'annonce du plan de dé-confinement mardi par le Premier ministre Edouard Philippe, interview avec Florent Martin, principal du collège de Toulouges et représentant dans les Pyrénées-Orientales du SNPDEN (Syndicat Nationale  des Personnels de Direction de l’Éducation Nationale). 

Le conseil scientifique recommande le port du masque pour tous les collégiens et lycéens. Est-ce réaliste selon vous ? 

Florent Martin : Je réponds d'abord à votre question par une autre question : "Où sont ces masques ?" Pour l'instant dans les établissements scolaires, nous ne disposons pas de masques. On en promet, a priori, dans les collèges et les lycées pour le personnel mais nous n'avons pas de masques pour les élèves. Maintenant, si tous les élèves sont équipés, il reste tout de même des questions en suspens : par exemple, comment pratiquer l'EPS avec le masque ? Comment assurer la restauration avec des masques ? Une fois le masque enlevé, il faut le changer ou le nettoyer. Il faudra, c’est certain, un véritable travail d’éducation des élèves et aussi des personnels. 

Ce que vous décrivez ressemble à un véritable casse-tête... 

Ce qui est certain, c’est que la mise en œuvre de ces consignes s'annonce comme un processus extrêmement complexe et encore plus pour les internats. Mais, au delà des consignes qui vont être données, ce qui va permettre ou non le retour des élèves dans les établissements, c’est la prise en compte des contraintes locales : les bâtiments et les salles de classe sont différents, le public aussi et là-dessus, il est important que les chefs d'établissement fassent jouer l'autonomie des établissements. 

Je rappelle que la sécurité des personnes est la première responsabilité des chefs d'établissements et, à ce titre, on ne peut pas prendre de risque. En résumé, il est très difficile de vous dire aujourd’hui si cette organisation sera possible partout et, soyez sûr que si ce n’est pas le cas, nous assumerons nos responsabilités. 

"Le plus simple serait de fonctionner en demi-journées, mais cela dépend aussi des transports scolaires... "

Comment imaginez-vous le fonctionnement des cantines scolaires le midi ? Le conseil scientifique recommande la prise de repas dans les salles de classe... 

La question de la restauration est vraiment celle qui nous met le plus en difficulté. La prise des repas dans les salles de classe semble impossible à transposer dans les collèges et les lycées où vous avez parfois jusqu'à 1200 élèves à servir ! Et même si tous les élèves ne seront pas présents, cela représente plusieurs centaines de repas.

Nous n'avons pas non plus le matériel pour servir les repas dans le respect des règles sanitaires. Je prends un exemple : les élèves prennent leurs fourchettes et couteaux dans de grands bacs à couverts, clairement, aujourd’hui ce n’est plus possible. Allons-nous devoir acheter des couverts jetables ? Pour l'instant, impossible de le dire. Le conseil scientifique envisage aussi l'hypothèse où chaque élève apporte un sandwich dans son sac. Certes ça simplifie la donne mais reste la question de la distanciation sociale et de l'endroit de la prise des repas et de la durée de la pause méridienne. 

Le plus simple, ce serait de fonctionner en demi-journées mais la condition, c'est la disponibilité des transports scolaires. Aujourd'hui les cars scolaires roulent le matin et le soir, pas le midi. Reste à savoir si la Région, qui a la compétence des transports scolaires, peut travailler là-dessus en lien avec les établissements mais c'est une question, là aussi, très complexe. 

N'aurait-il pas été plus simple de reporter la reprise des cours à septembre, comme en Italie ? 

Ce n'est pas de notre compétence d'évaluer une situation sanitaire. Nous ne sommes pas médecins ni épidémiologistes. Nous sommes spécialistes de l’Éducation et on appliquera les consignes sanitaires qui viennent de spécialistes de ces questions. Maintenant, vous avez vu comme moi que les cours ne seront pas obligatoires. D'ici la fin de l'année scolaire, c'est l'enseignement à distance qui va rester la norme. Nos professeurs fournissent d'ailleurs depuis le début de cet épisode un travail considérable.

"Bien sûr que les élèves me manquent !"

Personnellement, avez-vous envie de retourner dans votre collège ? 

Bien sûr, les élèves nous manquent ! On a vraiment envie de revoir nos élèves, nos enseignants et nos personnels. On ne s'engage pas dans un métier d'éducation pour travailler à distance en continu. Mais si on a envie de reprendre le travail "en vrai", nous devons être prudents car nous sommes surtout responsables. 

Depuis le début de cet épisode, la relation avec les familles a évolué, un climat de confiance s’est instauré. La priorité, c'est de maintenir cette confiance. On a construit et consolidé quelque chose de fort. Beaucoup de familles ont vraiment pris conscience que nous étions au service de leurs enfants. Il ne peut donc pas y avoir d’ambiguïté, pas de demi-mesure concernant la sécurité des élèves.

Florent Martin, le principal du collège de Toulouges
Florent Martin, le principal du collège de Toulouges - Capture Twitter
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