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Dossier : Coronavirus Covid-19

Hommage à Samuel Paty, reconfinement : une rentrée scolaire hors du commun ce lundi

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

C'est la rentrée dans les écoles, collèges et lycées ce lundi 2 novembre en France, après les vacances de la Toussaint. Une rentrée qui s'annonce très particulière en raison du reconfinement et de l'hommage à Samuel Paty.

La rentrée, après les vacances de la Toussaint, sera très particulière en raison de l'épidémie de coronavirus.
La rentrée, après les vacances de la Toussaint, sera très particulière en raison de l'épidémie de coronavirus. © AFP - ARIE BOTBOL / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Les écoliers, collégiens et lycéens retournent en classe ce lundi après les vacances de la Toussaint. Mais cette rentrée s'annonce hors du commun. Si l'heure d'ouverture des établissements ne sera finalement pas décalée à 10h, les élèves vont devoir observer une minute de silence en hommage à Samuel Paty et un "temps pédagogique" sera organisé ce lundi ou dans les prochaines semaines. 

Emmanuel Macron a adressé un message aux 12 millions d'élèves via les réseaux sociaux. "Nous allons tenir ensemble" a déclaré le président de la République. "Je sais votre émotion après les attaques terroristes, dont l'une devant une école contre un enseignant". "Aujourd'hui, en classe, vous allez rendre hommage à Samuel Paty. Nous penserons tous à lui, à vous et à vos enseignants", poursuit-il.

Le chef de l'Etat a incité les élèves à prendre la parole en classe pour évoquer la mort du professeur d'histoire-géographie. "Parlez-en entre vous. Parlez-en avec vos enseignants. Parlez aussi de ce qui vous rassemble", leur demande-t-il, "le projet du terrorisme, c'est de fabriquer la haine".

Emmanuel Macron a également évoqué la situation sanitaire. "Et puis il y a le virus. Il faudra du temps, mais nous le surmonterons tous ensemble", dit-il. "Je sais que le port du masque toute la journée est difficile. Mais plus nous ferons d'effort, plus vite nous retrouverons une vie normale", plaide le chef de l'Etat en leur demandant d'installer l'application TousAntiCovid.

"Vous êtes la France", ajoute le président, "être Français, à l'école de la République, c'est apprendre à être libre, à s'épanouir, s'élever par la connaissance". "Notre avenir, c'est vous", conclut-il.

Port du masque dès le CP

Lors de son allocution mercredi dernier, Emmanuel Macron a annoncé que les crèches, écoles, collèges et lycées resteraient ouverts pour le reconfinement, débuté vendredi pour au moins un mois. L'accueil périscolaire sera également maintenu. Mais les "protocoles sont renforcés". Le port du masque devient notamment obligatoire dès six ans, à partir du CP, au lieu de onze ans actuellement.

Le nouveau protocole prévoit également des arrivées et départs d'élèves étalés dans le temps pour limiter les contacts. Les récréations se feront par groupes ou seront remplacées par des temps de pause en classe, et les déplacements seront "limités au maximum". 

Une salle pour chaque classe dans le second degré

Dans les collèges et lycées, "une seule salle sera attribuée à chaque classe dans la mesure du possible". Pour les lycées, une "souplesse" est tout de même laissée aux chefs d'établissement. L'enseignement à distance peut être envisagé pour "les élèves vulnérables ou pour des groupes d'élèves", a indiqué le ministre de l'Education.

La restauration scolaire sera maintenue dans le respect des gestes barrières. De manière générale, les établissements scolaires ont jusqu'au 9 novembre pour s'organiser.

Attestation pour les parents

Les parents pourront emmener ou aller chercher leurs enfants à la crèche, à l'école, au collège ou au lycée. Mais ils devront se munir d'une attestation. Deux choix s'offrent à eux : soit télécharger l'attestation "classique" de déplacement en cochant "Déplacement pour chercher les enfants à l’école et à l’occasion de leurs activités périscolaires", en indiquant l'heure et la date, soit obtenir une attestation permanente avec le nom, l'adresse et le cachet de l'établissement scolaire. 

Hommage à Samuel Paty

Le gouvernement avait tout d'abord annoncé une rentrée à 10h ce 2 novembre, avant de changer d'avis vendredi en raison de la situation sanitaire et sécuritaire. Les enfants vont donc rejoindre leur classe à l'heure habituelle. Mais à 11h, une minute de silence sera respectée dans tous les établissements scolaires, en hommage à Samuel Paty, cet enseignant de Conflans-Sainte-Honorine assassiné le 16 octobre dernier, après avoir montré les caricatures de Mahomet à ses élèves.

La minute de silence interviendra "après la lecture de la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs, dans des conditions respectueuses du protocole sanitaire applicable", a expliqué le ministre de l'Education dans un courrier adressé vendredi aux enseignants. Cette séquence aura lieu dans les salles de classe, mais pas dans la cour de l'établissement comme proposé initialement. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale l'a précisé ce dimanche dans une interview au journal Le Parisien(article payant). 

Le "temps pédagogique" autour de la liberté d'expression n'est plus imposé ce lundi 2 novembre, mais pourra se faire dans la semaine ou dans le mois "Aucune classe ni aucun établissement ne peut s’exonérer de cette heure de travail et d’échange dont chaque élève de France doit bénéficier", a tout de même souligné Jean-Michel Blanquer dans son courrier.

Dans son interview au Parisien, Jean-Michel Blanquer a également précisé que des "documents pédagogiques" avaient été transmis aux professeurs, dont des "vidéos de plusieurs personnalités, comme l'ancien garde des Sceaux Robert Badinter expliquant les enjeux de la transmission des valeurs de la République" ou encore une "très belle vidéo" de l'équipe de France de football venue "témoigner des valeurs de la République et du soutien des professeurs". Cette vidéo est visible sur le compte twitter du ministre de l'Éducation nationale.

Menace de grève des enseignants

Le syndicat SNES-FSU s'est dit "indigné" samedi par la décision du gouvernement de ne pas décaler l'heure de la rentrée scolaire. Interrogée par franceinfo, la secrétaire générale du syndicat des enseignants a jugé que c'était "absolument scandaleux, c'est une offense faite à notre collègue assassiné parce qu'il faisait son métier".

"Nous avons besoin d'un temps d'échanges, d'un temps de réflexion, a souligné Frédérique Rolet. Là, on n'aura pas véritablement d'hommage. On va faire une minute de silence qui n'aura pas été préparée avec les élèves. On n'est pas préparés à leurs questions et leurs réactions."

Selon elle, "si lundi, dans certains établissements, les équipes ne peuvent pas se réunir et échanger pour préparer correctement, dignement, l'hommage à Samuel Paty, on appelle à se mettre en grève et à se réunir dans le cadre de cet établissement".

France Bleu se mobilise ce lundi en solidarité avec les enseignants et pour la liberté d'expression, avec des témoignages et des invités.

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