Éducation

Côte-d'Or : six professeurs des écoles sur le carreau

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne vendredi 9 septembre 2016 à 16:16

Six professeurs des écoles n'ont pas de classe une semaine après la rentrée.
Six professeurs des écoles n'ont pas de classe une semaine après la rentrée. © Maxppp - LP/Yann Foreix

...et pas celui d'un cahier 24x32. La troisième et dernière vague d'affectation dans les écoles a eu lieu le 6 septembre. Pourtant six professeurs des écoles sont toujours sans établissement. Ils sont "en renfort" de leurs collègues en attendant d'avoir un poste officiel.

Ces six professeurs sont affectés à une zone d'éducation, ils sont "titulaires de zone". En Côte-d'Or, il en existe trois :

  • Dijon (qui s'étend de Darois à Comblanchien en passant par les Hautes Côtes et Genlis)
  • La Haute Côte-d'Or (Châtillon, Montbard, Semur)
  • Auxonne et Val de Saône (qui regroupe aussi Beaune)

La complainte du professeur sans élève

Mais que font ces professeurs titulaires sans poste officiel ? Ils aident leurs collègues déjà en poste là où des classes se sont ouvertes après les derniers ajustements de la carte scolaire ou bien dans les établissements de petites taille où les directeurs et directrices ont besoin d'un effectif supplémentaire  pour organiser la tenue des cours.

D'après plusieurs témoignages anonymes, ces professeurs fraîchement titularisés se cantonnent à un rôle de stagiaire : photocopie, plastifieuse, coup de main à un collègue lors d'un atelier pédagogique. Guère plus. Ils peuvent conduire un cours lorsque leurs collègues doivent préparer d'autres activités.

On a parfois l'impression qu'ils veulent nous décourager mais on ne lâchera pas, c'est le métier qu'on aime.

"Nous sommes des rouages anonymes"

La situation afflige le syndicat des professeurs UNSA de Côte-d'Or. Le secrétaire départemental, Franck Delétraz plaint les nouveaux titulaires : "Vous imaginez, alors ils savent qu'ils vont être loin mais ils savent pas où. Montbard est dans la circonscription de Châtillon... Vous avez un employeur, la veille vous  ne savez pas où vous aller travailler, si vous allez être en maternelle ou en primaire. On leur donne leur affectation, on leur dit "tu vas là, tu prends ta classe", alors ils doivent faire ça et gérer un déménagement. Je vous laisse imaginer le stress."

Ça a des conséquences aussi sur la qualité de l'enseignement, ça se programme sur une année avec des progressions.
► Franck Delétraz, secrétaire du syndicat des enseignants UNSA

Franck Delétraz, du syndicat des professeurs UNSA 21 explique la situation difficile des nouveaux titularisés.

Sans oublier que les frais de déplacement de leur domicile à leur lieu de travail n'est pas pris en charge par l'éducation nationale car les professeurs ne sont pas affectés officiellement. "Certains vivent à Dijon et partent travailler à Montbard ou Châtillon, c'est très compliqué pour eux." explique Franck Delétraz. "On nous demande beaucoup de bienveillance vis à vis des élèves, dans les derniers programmes, dans les dernières circulaires... il faudrait qu'il y en ait aussi pour les personnels."

D'après l'inspection académique de Côte-d'Or, la situation sera réglée avant la fin de la semaine prochaine. Des ouvertures de postes spéciaux, avec un entretien devant une commission va permettre d'intégrer ces professeurs. D'après l'inspection d'académie, ils ne sont plus six, mais cinq à attendre leur affectation.