Éducation

Coulaines : Un coup de pouce pour apprendre à lire

Par Maïwenn Lamy, France Bleu Maine dimanche 29 janvier 2017 à 19:03

À chaque séance, un enfant est nommé "capitaine" et a le privilège de choisir le livre qui sera lu par l'animatrice.
À chaque séance, un enfant est nommé "capitaine" et a le privilège de choisir le livre qui sera lu par l'animatrice. © Radio France - Maïwenn Lamy

Le dispositif Coup de Pouce permet aux élèves de CP en difficulté de suivre des cours supplémentaires, en petits groupes, quatre soirs par semaine. L'objectif est d'en faire de bons lecteurs à la fin de l'année. À Coulaines, les trois écoles primaires bénéficient du dispositif depuis 2006.

À l'école Albert Camus, quinze enfants suivent le dispositif. Ils sont répartis en trois petits groupes. Chaque séance se déroule de la même manière : on commence par faire les devoirs, puis vient le temps de lire une histoire. Tous les soirs, un "capitaine de séance" est désigné. Il a le privilège de choisir le livre qui sera lu par l'animatrice. Cette fois c'est Ana-Rabin. Le petit garçon a choisi Le Baiser de la princesse, l'histoire d'une grenouille qui ne trouve pas de crapaud à son goût. Il ne se gêne pas pour couper la parole à l'animatrice et poser des questions.

Ce n'est plus la même personne, il sait prendre la parole devant des gens", Théodora, une maman.

Théodora, sa mère, est ébahie par ses progrès : "Ce n'est plus la même personne, il parle, il sait dire au-revoir à ses amis, il sait prendre la parole devant des gens, choses qu'il ne faisait pas avant".

Ecoutez le reportage à l'école Camus de Coulaines

Des enfants timides, des enfants allophones ou qui ne reçoivent pas d'aide à la maison

Les enseignants sont chargés de repérer les élèves en difficulté et de proposer aux familles concernées de rejoindre le dispositif. Libre à elles de refuser. À Coulaines, 25 enfants sont suivis chaque année. "Il n'y a pas de profil type", explique Karine Le Drogoff, enseignante. Parmi les élèves aidés il y a des enfants un peu timides, comme Ana-Rabine. Il y a aussi des enfants donc les parents ne parlent pas bien français, ou qui n'ont jamais été à l'école. C'est le cas d'Echati, orginaire de Mayotte, qui a beaucoup de mal à aider son fils Nahim à faire ses devoirs : "_C'est un peu difficile. Des fois je demande à ses s_œ_urs Parfois, sa grande s_œur de 9 ans l'aide un petit peu."

80 % des élèves accompagnés deviennent bons ou moyens lecteurs à la fin de leur CP

Et le dispositif fonctionne. Au niveau national, 80 % des enfants accompagnés sont devenus bons ou moyens lecteurs à la fin de leur CP. Karine Le Drogoff le constate tous les jours avec sa classe. "Ce sont des élèves qu'on n'entendait pas qui se mettent à participer, même à l'oral, qui lèvent le doigt pour dire un mot ou qui osent lire devant les autres", sourit-elle.

Il s'agit de rentrer dans la lecture par des petits jeux explique la maîtresse

Apprendre de façon ludique

Évidemment, passer une heure et demi de plus à l'école tous les soirs, cela peut faire beaucoup pour des enfants de 6 ans. "L'idée n'est pas de faire l'école après l'école, précise Hélène Placet, coordinatrice du projet, on reprend ce que les enfants ont vu avec les professeurs, mais cette fois de manière ludique. Les enfants travaillent, mais n'en ont pas l'impression". A l'école Albert Camus, la séance se termine ainsi par un jeu de mémory. "Une façon d'apprendre le nom des animaux", explique Léa, l'animatrice.

Le dispositif coûte 30 000 euros chaque année. La métropole du Mans paie 5000 euros et l'État finance le reste.