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Dans le premier degré, le casse-tête de la reprise des cours

Depuis les annonces du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, mardi, la liste des questions s’allonge pour les enseignants et les parents. La rentrée le 11 mai sera-t-elle vraiment possible ?

Les questions et les inquiétudes sont multiples à moins de trois semaines de la reprise des cours. Les questions et les inquiétudes sont multiples à moins de trois semaines de la reprise des cours.
Les questions et les inquiétudes sont multiples à moins de trois semaines de la reprise des cours. © Radio France - Emmanuel Bouin

Le grand flou. La reprise des cours sera progressive, a indiqué le ministre de l'Education nationale le 21 avril. Les élèves de la grande section de maternelle, CP et CM2 reprendront la classe le 11 mai, si toutes les conditions sanitaires sont réunies.

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Mais pour le maire de Bourgvallées, petite commune manchoise, pour le moment, c'est le "vide sidéral" : il n'a reçu aucun ordre précis pour le moment. Les villes ayant la compétence pour les écoles, Henri-Paul Tressel a prévu des réunions. Mais sans directives, impossible de préparer un plan d’action. 

Une montagne de questions

La taille des locaux et le nombre d'élèves réunis au même endroit ont fait partie des premières questions abordées par le gouvernement. Depuis, la liste s'allonge de jour en jour. Un exemple : les classes multi-niveaux. Si une partie des élèves revient en cours pendant que l'autre reste confinée, comment l'enseignant peut-il assurer la continuité pédagogique à distance tout en faisant classe ? 

Hervé Jubin, du syndicat Sud éducation dans la Manche, évoque aussi les enfants de soignants et des professions essentielles. Il faudra continuer à les accueillir pendant cette reprise progressive.

Parmi les nombreuses inconnues figure aussi la logistique : les écoles rurales, notamment les regroupements intercommunaux, font appel à des services de transport scolaire. Sera-t-il possible de véhiculer les enfants tout en respectant les mesures sanitaires ?

Inquiétudes

Ce n’est que le début… Une fois en classe, comment enseigner sereinement ? 

Une enseignante en CP et maternelle dans le centre-Manche, elle-même maman, s’inquiète du respect des gestes barrières. Un enfant porte son stylo à la bouche, le fait tomber, un autre le ramasse… Il faudra se laver les mains régulièrement dans la journée, mais les infrastructures ne sont pas forcément au rendez-vous. 

Quant aux surfaces, comment les désinfecter systématiquement  ? En maternelle, jouets, cubes et pâte à modeler font partie des outils du quotidien. Le port d'un masque paraît aussi peu compatible avec l'apprentissage de la lecture à voix haute, l'articulation... Les exemples sont nombreux et les enseignants imaginent difficilement comment mettre en oeuvre un programme éducatif dans ces conditions. 

Un enjeu de santé publique

Autre enjeu, et non des moindres, la garde des enfants du personnel : qui s'occupera des cours à la maison des collégiens et des lycéens pendant que leurs parents sont à l'école

Pour Sud Education, la reprise du 11 mai est une "usine à gaz." Si les conditions ne sont pas réunies, le syndicat fera appel au droit de retrait : pour M. Jubin, "c'est une question de santé publique", celle des élèves, de leur famille et des enseignants. D'ailleurs, certains parents hésitent déjà à remettre leurs enfants à l’école.  

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