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Dossier : Coronavirus Covid-19

Déconfinement : "le retour à l’école ne peut pas se faire sans les parents", estime la FCPE du Grand Est

De nombreux parents ne veulent pas remettre leurs enfants à l’école à partir du 11 mai. C’est ce qui ressort d’un sondage publié par la FCPE. Christelle Carron, la secrétaire générale de la Fédération des conseils de parents d’élèves du Grand Est était l’invitée de France Bleu ce mardi.

Une salle de classe à Grasse, le 21 avril 2020
Une salle de classe à Grasse, le 21 avril 2020 © Maxppp - Sébastien Botella

La FCPE du Grand Est, principale fédération de parents d'élèves a réalisé un sondage auprès des parents en Moselle et dans le Bas-Rhin, pour qu'ils donnent leur avis sur la rentrée scolaire qui s'annonce à partir du 11 mai prochain. Plus de 6000 réponses ont été obtenues dans le Bas-Rhin, plus de 2000 en Moselle. 

D’après les résultats, une large majorité des parents refusent d'envoyer leurs enfants à l'école. "En Moselle, on a effectué une première lecture de ce sondage. Après 48 heures de diffusion, on était à 1863 réponses, aujourd’hui c’est 2278 réponse. C'est un point d’étape qui montre que 70% des parents ne souhaitent pas voir leurs enfants repartir à l’école", précise Christelle Carron, secrétaire générale de la FCPE du Grand Est et présidente de la FCPE de Moselle, invitée sur France Bleu ce mardi. 

Pourquoi 70% des parents d’élèves ne souhaitent pas remettre leurs enfants à l’école ? 

Parmi les raisons qui expliquent ce refus massif des parents à remettre leurs enfants à l’école, il y a une inquiétude partagée en majorité. "Parce que le virus est encore trop présent et que l'on ne peut pas leur garantir des conditions de sécurité", explique Christelle Carron. "Et puis, on a aussi des parents qui sont mitigés. Ils ne savent pas encore ce qu'ils vont faire et attendent de voir comment les écoles vont mettre en place les protocoles", poursuit la secrétaire générale de la FCPE du Grand Est. 

"Les critères sanitaires c’est ce qui ressort en premier, savons, papiers jetables, poubelles fermées, accès aux lavabos et aux gels… mais on a aussi la question de la présence des services infirmiers et on sait que ce n’est pas le cas au primaire. Et puis évidemment, ce qui préoccupe les parents, c'est que la décision n’ait pas été prise en concertation. Donc, ça a généré une certaine méfiance", dit Christelle Carron.

Rouvrir les écoles à partir du 11 mai, une nécessité ? 

Malgré les craintes, rouvrir les écoles est une nécessité a rappelé le Premier ministre devant le Sénat ce lundi, notamment pour permettre aux enfants les plus défavorisés, ceux qui ont décroché, de revenir vers l’école afin d’éviter l’échec scolaire. 

"La FCPE s’interroge sur ce point. Effectivement, il y a quelque chose d'essentiel pour certains gamins qui sont en grosse difficulté. Mais est-ce que la réouverture des écoles était nécessaire? Je ne sais pas. Il peut exister des solutions alternatives. On l'a bien accueilli pendant tout ce confinement, les enfants de soignants. Donc on aurait pu travailler sur d'autres alternatives. Voyant la méfiance que ces réouvertures d’école ont provoqué, je pense qu'il aurait fallu travailler sur des solutions alternatives", estime la secrétaire générale de la FCPE du Grand Est. 

Rentrée en septembre, problème repoussé ? 

Le Covid-19 sera peut-être encore présent sur le territoire en septembre prochain. Est-ce que repousser la rentrée à l’automne ne reviendrait-il pas à repousser les problèmes ? "En tout cas, ce qui est clair, c'est que sans une réflexion transversale autour des enjeux de santé publique et du retour à l'école, les choses ne pourront pas se faire sereinement", estime Christelle Carron. 

"Évidemment, on est conscient qu'il va falloir une énergie monstre pour préparer la rentrée de septembre. Parce que si le Covid-19 est toujours là, si les protocoles doivent être appliqués, comment on va faire une rentrée des classes avec des groupes de 15, dans les écoles qu'on a actuellement ? Est-ce qu'on va embaucher d'autres profs ? Est-ce qu'on va embaucher des infirmières ? Est-ce qu'on va embaucher justement des enseignants qui vont pouvoir venir alimenter le réseau d'aide aux enfants en difficulté ? Il aurait fallu prendre en considération toutes ces choses là pour préparer une rentrée de septembre plus sereine. Là, ce n’est pas le cas, les parents ont l'impression d'une certaine précipitation. Et puis, ce qui gêne beaucoup les parents aussi, c’est cette différence faite entre les enfants qui sont en maternelle et en élémentaire et ceux qui sont au collège et au lycée, qui pour eux, la rentrée est assujettie aux conditions sanitaires. Tant que la carte est rouge, ils ne rentrent pas, par contre, les plus petits rentrent, donc la méfiance est là. Comment peut-on demander à des parents de confier ce qui est le plus cher pour eux à une école qui n'est pas préparée à vivre avec un virus? Donc, effectivement, jusqu'en septembre, il faut se préparer, il faut trouver des solutions et toute notre énergie doit être mobilisée à ça", dit la secrétaire générale de la FCPE du Grand Est. 

Le retour à l’école ne peut pas se faire sans les parents

La FCPE compte utiliser le sondage qu’elle vient de réaliser pour appuyer ses demandes au rectorat, notamment pour être davantage associé au processus de décision. "On ne peut pas passer à côté des conseils d’école et à côté des conseils d'administration pour les établissements du secondaire. Ce sont des lieux où on peut échanger, où on peut donner nos idées. Les parents sont essentiels à ce retour à l'école. Le retour à l'école ne peut pas se faire sans eux. Plus on sera impliqués, plus les choses se feront facilement. Au moins, on aura l'impression de maitriser quelque chose. Là, c'est clair, on ne maîtrise pas", estime Christelle Carron. 

"Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, les parents qui sont pour un retour à l’école ne le sont pas pour un problème de garde d’enfants. Ce sont des réponses très minimes dans notre sondage, par rapport au fait que les parents remettent les enfants à l'école parce qu'ils ont peur que les enfants acquièrent du retard. Donc, quand on pense à ça, ce résultat là, ça va nous permettre de demander au ministère de revoir peut être les programmes de l'année prochaine, pour prendre en compte ce retard", dit la secrétaire générale de la FCPE du Grand Est.

Christelle Carron au micro France Bleu d'Alexandre Audabram

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