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Éducation

Les épreuves de contrôle continu du nouveau bac perturbées dans plusieurs lycées

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Des enseignants, opposés à la réforme du bac, menaçaient de boycotter les épreuves de contrôle continu qui commencent ce lundi pour les élèves de première. Ils estiment notamment que le contrôle continu rend le diplôme inégalitaire. Les épreuves ont de fait été perturbées dans une poignée de lycées.

Des lycéens protestent contre la réforme du bac à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine).
Des lycéens protestent contre la réforme du bac à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine). © AFP - Damien MEYER

Les épreuves de contrôle continu du nouveau bac, également appelées E3C, doivent commencer ce lundi 20 janvier, mais des professeurs menaçaient de boycotter les épreuves de ce baccalauréat nouvelle formule. Ils demandent le report des épreuves et dénoncent une réforme inégalitaire et mal préparée. France Bleu vous explique la polémique et fait le bilan sur les perturbations.

Quelle est l'ampleur des perturbations ?

Les profs opposés à la réforme envisagaient de faire la grève de la surveillance des épreuves, de refuser de corriger des copies ou encore de refuser de transmettre les notes des épreuves, comme ils l'avaient fait pour les corrections du bac en juin dernier. 

Ce lundi, les perturbations s'avèrent limitées. "On a plusieurs centaines d'établissements qui étaient en épreuve aujourd'hui et on est sur quatre, cinq endroits où il y a des reports", a déclaré ce lundi sur franceinfo Edouard Geffray, directeur général de l'enseignement scolaire. Les annulations ou reports "sont dus à des comportements qui sont inadmissibles. Il y a des personnes, souvent étrangères aux établissements, qui ont voulu empêcher l'entrée des élèves ou d'autres qui sont venus perturber avec des alarmes à incendie." Les élèves n'ayant pas pu passer leurs épreuves "les repasseront dans les temps voulus", a assuré Edouard Geffray. "Ils ont un mois et demi pour les passer. Cela se fera au niveau de chaque établissement et avec beaucoup de sérénité."

Des épreuves ont par exemple été perturbées à Poitiers mercredi, avec un barrage filtrant mis en place par 150 enseignants.

Au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, une centaine de personnes de personnes ont manifesté devant et dans l'établissement, samedi matin. Le proviseur a fini par annuler les épreuves de langue prévues le jour-même.

A Bordeaux, une dizaine de lycées sont mobilisés, et 200 personnes manifestaient devant le lycée Gustave Eiffel de Bordeaux ce lundi matin. A Annecy, ce lundi matin, une centaine de personnes dont une majorité de professeurs et d’élèves ont également perturbé les premières épreuves au lycée Charles Baudelaire.

Que sont ces épreuves de contrôle continu du bac ? 

Ces nouvelles épreuves rentrent dans le cadre de la réforme du bac, actée en 2018. Elles concernent pour le moment les élèves de Première, qui sont les premiers à appliquer la réforme et donc à passer le bac nouvelle formule. Le bac sera à l'avenir évalué en partie grâce à ces épreuves de contrôle continu, et non plus seulement à des épreuves en fin d'année. 

Cette première session d'épreuves doit s'étaler sur un mois et demi en fonction des lycées. D'autres suivront, en première et en terminale, pour un total de trois sessions. Elles portent sur l'histoire-géographie, les langues vivantes et, pour les élèves qui sont en filière technologique, les maths. 

Avec la réforme, le contrôle continu est donc partie prenante de la note finale du bac : ces fameuses épreuves comptent pour 30% de la note finale, et les bulletins scolaires comptent pour 10%. Le reste de la note finale du bac, soit 60%, est réparti entre quatre épreuves écrites de fin d'année et un grand oral en Terminale.

Pourquoi font-elles polémique ? 

Les épreuves se déroulent au sein des établissements des élèves. Pour les faire plancher, leurs professeurs doivent piocher dans une banque nationale de sujets. Mais certains professeurs ont refusé, car ils sont opposés à la réforme. 

Un collectif de professeurs de lycée, d'universitaires et de parents d'élèves a publié une tribune dans Libération le 15 janvier dernier, intitulée "Le bac Blanquer ne passera pas". Ils craignent en fait qu'avec ces épreuves dont les sujets ne seront pas tous les mêmes selon les établissements, même s'ils proviennent d'une base nationale, et la prise en compte des bulletins scolaires, les élèves ne passent pas tous le même bac.

Les proviseurs s'arrachent les cheveux, les élèves paniquent, les professeurs improvisent - Willy Pelletier, sociologue à l'université de Picardie

Selon Willy Pelletier, sociologue à l'université de Picardie et coordinateur général de la Fondation Copernic, à l’initiative de la tribune, "Nous aurons un baccalauréat par établissement, dans des conditions d'impréparation telles que les proviseurs s'arrachent les cheveux, les élèves paniquent, les professeurs improvisent". Il affirme également que "rien n'est prêt" pour ces épreuves. Selon lui, le gouvernement "brutalise et contrevient à la mission de l'école qui est d'apprendre". Avec cette réforme, "les enseignants n'ont plus vocation à apprendre mais il doivent noter, hiérarchiser, sélectionner de futurs premiers de cordée", estime-t-il. 

Les mêmes arguments de rupture d'égalité entre élèves étaient mis en avant par les douze syndicats qui avaient demandé le report des épreuves au ministre, au début du mois. Pour eux, "à mesure que les semaines passent, les problèmes sont de plus en plus évidents : problèmes d'organisation, lourdeur de la procédure, inégalités de conditions de passage et de traitement entre établissements et donc entre élèves".

Les sujets proposés ne correspondent pas dans de nombreux cas aux savoirs travaillés avec les élèves - Les syndicats qui ont demandé le report 

Ces syndicats affirment aussi que "les sujets proposés par la banque nationale de sujets ne correspondent pas dans de nombreux cas aux savoirs travaillés avec les élèves" mais aussi que "les grilles d'évaluation apparaissent comme complexes et dénuées de sens par rapport aux exigences requises", et que "l'absence de temps spécifique de concertation et de correction obère la possibilité du travail collectif."

Les parents d'élèves de la Peep relativisent l'importance de ces épreuves 

"L'enjeu n'est pas aussi important qu'on veut bien le dire sur ces épreuves", a au contraire expliqué sur franceinfo Hubert Saläun, porte-parole de la Peep, la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public. "Les élèves sont évalués régulièrement, ils ont l'habitude. Avec les E3C, les élèves vont être évalués 3 fois en histoire-géo entre la première et la terminale. Deux fois en première et une fois en terminale. Le coefficient est de 5 sur un total de 100. Cela signifie que chaque épreuve va compter pour 0,033 point de la moyenne du baccalauréat. Donc, c'est vraiment peu de chose. Il ne faut pas dramatiser ça", a-t-il estimé. Nous pensons que le contrôle continu est une bonne chose et qu'il faut continuer dans ce sens", a-t-il expliqué.

Le ministre de l'Éducation se veut rassurant

Jeudi sur RTL, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'est voulu rassurant, estimant que ces actions étaient le fait d'une "petite minorité". "Dans la grande majorité des établissements, les choses se présentent très bien", a-t-il affirmé.  "Tout est prêt pour que cela fonctionne", avait-t-il déjà lancé mardi devant l'Assemblée nationale.

Dimanche, dans l'émission Questions politiques, il a assuré que le principe d'objectivité serait respecté et que le contrôle continu ne serait "pas corrigé par les professeurs de l'élève".

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