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Éducation

Des enseignants refusent d'apprendre à leurs élèves que "le masculin l'emporte sur le féminin"

mercredi 8 novembre 2017 à 19:17 Par Julien Baldacchino, France Bleu

Dans une tribune publiée ce mercredi sur Internet, plus de 300 professeurs de français affirment ne plus vouloir enseigner la règle de grammaire selon laquelle "le masculin l'emporte sur le féminin". Une position que le ministre de l'Education désapprouve.

Plus de 300 enseignants veulent en finir avec la règle du "masculin l'emporte sur le féminin"
Plus de 300 enseignants veulent en finir avec la règle du "masculin l'emporte sur le féminin" © Maxppp - Lionel Vadam / PhotoPQR / L'Est républicain

Pour plus de 300 enseignants de français, il n'est plus question que "le masculin l'emporte sur le féminin" : dans une tribune parue ce mercredi sur le site Slate.fr, ils sont 314 professeurs des écoles, ou enseignants en collège et lycée, à déclarer "avoir cessé ou s'apprêter à cesser d'enseigner" la règle de grammaire qui stipule que dans un groupe nominal composé de noms communs masculins et féminins, l'adjectif prend toujours le genre masculin.

Accorder avec le nom le plus proche ?

A la place, ils proposent que l'adjectif s'accorde en genre avec le nom commun le plus proche : on n'écrirait plus "des pâturages et des prairies verdoyants", mais "des pâturages et des prairies verdoyantes". Pour les signataires de cette tribune, cette règle, qui n'a pas toujours été en vigueur, a été un moyen de maintenir les femmes en position d'infériorité, et contribue encore à conforter les stéréotypes de genres.

Ce manifeste est accompagné d'une pétition, qui comptait mercredi soir un peu plus de 4.000 signatures. Interrogé mardi à ce sujet, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a fait savoir qu'il n'était "pas favorable" à une telle pétition, affirmant que "la langue française n'est pas à instrumentaliser pour des combats, aussi légitimes soient-ils".

"Genre neutre"

Le ministre estime que la formulation "le masculin l'emporte sur le féminin" est maladroite, et qu'il "faut dire simplement qu'en cas de pluriel, on accorde au masculin, ce qui dans la langue française s'apparente souvent au genre neutre". Il s'était déjà prononcé contre l'écriture inclusive, censée lutter contre les stéréotypes liés aux sexes.

La présidente de l'association pour l'enseignement du français, Viviane Youx, salue pour sa part ces "coups de boutoir" destinés à faire changer les mentalités. "On prend pour une habitude immuable ce qui est finalement discutable", a-t-elle expliqué. "Mais le problème à terme sera de faire changer la norme", admet-elle.