Éducation

Ces lycéennes de Périgueux ont des idées pour les jeunes de Dordogne

Par Xavier Ridon, France Bleu Périgord et France Bleu dimanche 27 septembre 2015 à 18:37

Dordogne - Ces lycéennes de Périgueux ont des idées pour leur quotidien
Dordogne - Ces lycéennes de Périgueux ont des idées pour leur quotidien © Radio France - Xavier Ridon

Ce lundi après-midi débute la première réunion publique des Assises départementales de Dordogne. Les Périgourdins sont appelés à s'y retrouver pour donner leurs idées pour améliorer le département. Le premier thème concerne la jeunesse et l'éducation.

Cette réunion ce lundi débute à 14h, à l'heure des cours donc. Les jeunes ne seront pas là mais pour parler d'eux beaucoup d'institutions, tant du comité départemental olympique et sportif que de l'éducation nationale, des associations de parents d'élèves et des élus. Un grand témoin va aussi apporter son éclairage en la personne de Jean-Claude Richez. Cet ancien membre de l'institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire remarquera sans doute l'absence des jeunes. Lui qui affirme qu'"il n'y a pas de participation des jeunes si on ne leur fait pas de place dans la société." C'est en tout cas le point de vue qu'il défendait au début de l'année après les attentats de Paris.

Regardant les propositions faites par le conseil départemental de Dordogne, les lycéennes Périgourdines ont des idées à défendre pour améliorer leurs quotidiens.

Avenir, Numérique, Engagement : 3 idées de jeunes pour les jeunes de Dordogne

Transports "pas terrible" et pas de sorties pour les jeunes

"Quand on habite loin les transports en Dordogne, c'est pas terrible" assure Mélissa. Elle avoue qu'elle s'en sort bien car elle n'habite qu'à vingt minutes à pied de son lycée Bertran-de-Born mais pense à ses  camarades.

Aussi, la vie à Périgueux n'est pas très étudiante selon Pauline : "Il n'y a pas grand chose pour les jeunes. On s'ennuie. Il faudrait organiser des activités, des sorties où on peut se rencontrer." Sarah nuance à peine : "Oui et Non. Oui parce qu'il n'y a pas grand chose à faire à part le cinéma et le bowling." Le système allemand avec une matinée de cours et une après-midi d'activités plait par ailleurs à Pauline : "en Allemagne, ils ont plus des pauses et peuvent plus se dépenser."

Orientation : "on n'est pas libre de nos choix"

Sarah déplore une orientation qui n'aide pas : "On arrive au lycée, on nous demande ce qu'on veut faire, mais on ne sait pas. On n'est pas libre de nos choix parce qu'on ne peut pas forcément choisir et les conseillers d'orientation sont mauvais." Sarah

Pour Pauline, la situation est encore plus problématique : "On nous demande ce qu'on veut faire comme métier, on choisit un bac et après on nous dit qu'en fait on ne peut pas le faire avec ce bac..."

Cantine : "Un jour sur deux, c'est pas mal"

Ils se sont améliorés parce qu'avant c'était vraiment pas bon. En général ça va. Un jour sur deux, c'est pas mal" rigole Pauline. Pour Sarah, ce qui est proposé n'est "pas trés équilibré. Une pizza, c'est déjà assez calorique. Ce n'est pas très bien. Je préfère manger à l'extérieur. Je fais mon budget pour manger et je mangerais bien." Orane opine du chef.

Mais toujours trop cher pour Mélissa "quand les parents n'ont pas forcément les aides. Ma mère paie 180 euros et d'autres payent 27 euros parce qu'ils ont les aides. Moi je ne mange plus à la cantine, je peux aussi me faire de meilleures choses et comme ça j'économise."

Informatique : "On écrirait plus vite sur des ordis"

Aude veut remiser le crayon et le papier et utiliser bien plus l'informatique : "On prend trop de temps à écrire les cours et ça irait plus vite si on écrivait sur les ordis. On a plus l'habitude d'écrire sur un ordi". Elle parle aussi de la différence de poids dans le sac à dos : "une tablette ça serait bien car c'est bien organisé." Pauline ajoute que le prix serait aussi plus léger : "On paie 100 euros de livres tous les ans et après on ne peut plus rien en faire..."

Favoriser l'engagement citoyen : "c'est hyper important !"

Une des propositions du Conseil Départemental intéresse particulièrement Orane : celle de l'engagement citoyen. "Là, on passe des concours et on sait très bien qu'ils prennent rarement les jeunes de 18 ans parce qu'on n'a pas d'expériences et qu'on ne connait pas vraiment la vie. Du coup, tout ce qui est associatif et bénévolat pourraient nous aider"

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Une centaine de personnes est attendue à cette rencontre. C'est la première d'une série de 10. Elles se passeront à travers tout le département et parleront développement durable, habitat, tourisme, culture, agriculture, sports, action social, transports et économie. Le département, qui organise, espère que des propositions émergeront. Ces rencontres se couplent avec l'enquête lancée au début du mois aussi par le conseil départemental. Après tout sera condensé dans un seul et même document et face à ces réponses et propositions, les élus auront le dernier mot et trancheront.

Les assises sont la volonté du président du conseil départemental Germinal Peiro. Le socialiste a lancé dans la même optique un questionnaire adressé à tous les Périgourdins : plus de 1500 réponses sur Internet, plus de 180 questionnaires en papier déjà retourné au Conseil départemental. Il reste un mois pour y répondre, jusqu'au 31 octobre. Pour ce premier rendez-vous, les Périgourdins sont invités à parler de la jeunesse et de l'éducation à l'amphithéâtre de l'IUT du Campus Périgord, rue doyen Joseph Lajugie.