Éducation

Des maires côte-d'oriens veulent démissionner si leur commune ne revient pas à la semaine de quatre jours

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne jeudi 5 octobre 2017 à 15:41

© Maxppp - Guillaume Bonnefont

Trois maires côte-d'oriens envisagent de démissionner si leur école n'obtient pas l'autorisation de repasser à la semaine de quatre jours. Les élus, les parents et les enseignants d'Esbarres, près de Saint-Jean-de-Losne,se battent depuis plusieurs mois pour obtenir ce retour en arrière.

Ça fait maintenant cinq semaines de suite que les parents de l'école d'Esbarres font une opération "école morte" le mercredi, et ne mettent pas leurs enfants à l'école. Avec le soutien des maires d'Esbarres, de Charrey-sur-Saône et de Magny-lès-Aubigny, ils réclament le retour à la semaine de quatre jours.

L"intérêt de l'enfant a disparu

Pour faire encore un peu plus pression, les maires de ces trois communes envisagent de démissionner avec leurs conseils municipaux, s'ils n'obtiennent pas l'autorisation qu'ils attendent. Le gouvernement a pourtant laissé le choix aux communes, via un décret sur les rythmes scolaires. Les parents, les enseignants et les élus de ces trois communes, qui sont regroupées dans une école de 140 élèves ont voté à l'unanimité pour ce retour en arrière. Sylvain Doisneau, le maire de Charrey-sur-Saône constate : " On a tout fait depuis deux ans pour que le passage à la semaine de quatre jours et demi se passe bien. Mais avec les moyens qu'on a, on se rend compte que les activités périscolaires se sont plus si bénéfiques que ça, les enfants sont fatigués, et l'intérêt de l'enfant a disparu. "

Des frais supplémentaires pour les parents

L'académie avance des problèmes de transport scolaire pour expliquer son refus, " mais on ne nous a jamais fait part de ces problèmes avant, quand la semaine de quatre jours existait, et là chacun a un son de cloche différent " s"étonne Sylvain Doisneau. " S'il faut déposer notre écharpe, on ira jusque-là, " ajoute t-il en précisant que son homologue de Saint-Seine-en-Bâche a démissionné au mois de septembre, à cause du manque de soutien de l'Etat. Il explique aussi que ce refus de repasser à la semaine des quatre jours entraîne des frais supplémentaires pour les parents : " comme 80 % des écoles ont abandonné la semaine de quatre jours et demi dans notre communauté de communes, les activités périscolaires n'existent plus. Alors à la place, on propose une garderie payante. Entre 15 et 18 € par enfant et par mois, ça grimpe vite pour une famille ."

Les maires demandent à être reçus en sous-préfecture et veulent que leur demande soit réexaminée.