Éducation

Des maires d'Ille-et-Vilaine critiquent le calendrier pour choisir les futurs rythmes scolaires

Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Armorique jeudi 5 octobre 2017 à 6:10

Certains maires souhaitent avoir des précisions sur le financement avant de choisir entre maintien d'une semaine à quatre jours et demi et passage à quatre jours
Certains maires souhaitent avoir des précisions sur le financement avant de choisir entre maintien d'une semaine à quatre jours et demi et passage à quatre jours © Maxppp - -

L'inspection d'académie de Rennes a envoyé un courrier aux maires du département pour leur indiquer qu'ils ont jusqu'au 15 janvier pour dire s'ils souhaitent garder une semaine de cours à quatre jours et demi, ou revenir à quatre jours. Un délai que plusieurs maires jugent trop juste.

Les maires ont jusqu'au 15 janvier pour transmettre à l'inspection d'académie leur choix : c'est ce qu'indique le courrier qui leur a été envoyé il y a quelques jours. Christian Willhelm explique vouloir "anticiper pour donner aux communes le temps de s'organiser". L'objectif est d'éviter la précipitation qui a pu compliquer le retour de certaines villes à la semaine de quatre jours dès 2017, organisé en moins d'un mois. "Une fois que les maires nous transmettent leurs choix, l'académie peut se déterminer grâce aux conseils d'écoles, et le conseil départemental de l'éducation donne son avis" explique-t-il.

Pourtant, du côté des élus, le ressenti est tout autre. "Ça nous parait un peu juste pour le mois de janvier. On va faire une réunion de notre comité de pilotage local constitué des parents d'élèves, des enseignants, de la ville et des associations partenaires au cours du mois de novembre. Donc il va nous rester très peu de temps pour travailler sur ce sujet" explique Delphine David, maire de Montfort sur Meu. "On va être obligés de réunir tout le monde, mais pour travailler sereinement on a besoin de savoir comment on va être accompagnés" ajoute le maire de Monterfil, Michel Duault.

De multiples changements en cas de retour à quatre jours

La possibilité de revenir à quatre jours nécessite de réfléchir à de nombreux facteurs pour les maires. "On a une réunion avec les autres membres de notre communauté de communes, il faut essayer de se coordonner puisqu'on a des habitants d'autres villes qui utilisent certains de nos services" explique Delphine David, à l'image des centres de loisirs. L'inquiétude est aussi présente chez le personnel des écoles. Michel Duault a commencé à en discuter avec les enseignants mais aussi avec tous ceux qui font vivre l'école :

"Si vous supprimez une demi-journée de classe, c'est un service de cantine en moins... Ça veut dire que le personnel n'a pas les mêmes horaires de travail"

La question du financement non réglée

A quel montant s'élèveront les aides de l'Etat pour les communes qui font le choix de maintenir les activités périscolaires avec une semaine à quatre jours et demi ? Impossible de le savoir pour l'heure. Dans le projet de loi finances, il est indiqué que le fonds de soutien est maintenu à 237 millions d'euros pour 2018. Reste que le texte doit être discuté voire amendé au Parlement : ce montant peut donc encore changer jusqu'à son vote définitif, qui peut se faire jusqu'à fin décembre, en pleines vacances de Noël. Surtout, l'Etat ne s'est pas engagé pour les années scolaires suivantes. C'est ce qui inquiète Françoise Gatel, sénatrice et présidente de l'Association des maires de France en Ille-et-Vilaine :

"Au niveau de l'AMF, on a interpellé le ministre de l'éducation nationale pour saluer la liberté laissée aux communes, mais ce choix d'un retour à quatre jours ou non repose sur la décision de l'Etat de pérenniser le fonds de soutien, à savoir 50 euros par an et par enfant. Aujourd'hui, on a une incertitude totale pour l'après 2018"

Pour de nombreuses communes désireuses de conserver les rythmes scolaires tels qu'ils sont, avec les ateliers périscolaires, c'est ce facteur de financement qui est indispensable pour se prononcer. Delphine David "regarde tous les scénarios possibles" avec ses équipes de Montfort sur Meu, pour se déterminer. Pour Michel Duault, c'est clair : "si le fonds de soutien est supprimé ou réduit, ce serait le coup de grâce. On risque de devoir revenir à la semaine de quatre jours pour une question financière, alors que les familles ont adapté leur emploi du temps par rapport à cette organisation, et que ce rythme fait consensus auprès des enseignants, parents, et surtout des élèves !"