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Éducation

Deux mois sans interprètes dans les écoles de Seine-Saint-Denis

vendredi 9 mars 2018 à 8:12 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

INFO FRANCE BLEU PARIS - Depuis début janvier, les enseignants du 93 ne peuvent plus faire appel à des interprètes pour échanger avec les parents d'élèves non francophones. En cause : une subvention de 45 000 euros non versée par l'Etat à l'association qui fournit ce service dans le département.

Devant l'école Robert Doisneau, à Saint-Denis (93)
Devant l'école Robert Doisneau, à Saint-Denis (93) © Radio France - Rémi Brancato

Seine-Saint-Denis, France

Il n'y a plus d’interprètes dans les écoles et les collèges de Seine-Saint-Denis, depuis le 1er janvier. Des parents d’élèves de Saint-Denis ont découvert, à la rentrée des vacances de Noel, que le service d'interprétariat pour les parents d'élèves qui ne parlent pas français n'était plus financé. En cause : une subvention de 45 000 euros, puisée dans les crédits politique de la ville, qui n'a pas été versée à l'association ISM, en charge du service dans le 93 depuis 24 ans.

Une subvention retirée en 2017

Ayant appris la nouvelle, entre Noël et le jour de l'an, le directeur de l'association, Aziz Tabouri, s'est dit "contraint de prendre cette décision". "L’association n'a pas vocation à travailler gratuitement au profit des services de l'Etat" dit-il à France Bleu Paris, assurant que la subvention "ne couvre que la moitié de la dépense".

Chaque année, son association effectue 835 interventions téléphoniques dans les écoles de Seine-Saint-Denis et 219 déplacements physiques, dans 55 langues différents.

Dans les écoles de Seine-Saint-Denis, les interprètes manquent

Ainsi, dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges, il faut faire sans. "Il n'y a plus aucun crédit, donc il n'y a plus personne, ni au téléphone, ni sur le terrain" regrette Christelle Dartiguelongue, professeure à l'école maternelle Robert Doisneau de Saint-Denis. Dans sa grande section, elle fait appel régulièrement aux services d'ISM pour communiquer avec les parents non francophones. "Dans ma classe, cela a été en mandarin, notamment pour monter un dossier maison du handicap pour un enfant" raconte-t-elle : "sans interprète aujourd’hui on n'en serait pas là avec cet enfant, il n'aurait pas progressé comme il a progressé".

"Un tiers des parents" qui ne parlent pas français dans une école de Saint-Denis

Dans son école, la directrice Saadia Hatif, estime à "à peu près 70 parents qui ne comprennent pas du tout ce qu'on leur dit, pratiquement un tiers des parents". "Je pense à certains parents qui étaient complètement perdus, ils arrivaient de Syrie : sans interprète leur enfant n'aurait pas vécu l'école comme il l'a vécu" estime-t-elle.

Saadia Hatif, la directrice de l'école Doisneau de Saint-Denis, estime les interprètes indispensables

On demande aux parents de s'impliquer et en même temps on leur coupe la communication" une représentante des parents d'élèves

"Cela me met en colère" ajoute de son côté Laetitia Bouche-Florin, représentante des parents d'élèves de l'école et membre du collectif des Bonnets d'âne. "On demande aux parents de s'impliquer et en même temps on leur coupe la communication" estime-t-elle, réclamant le retour immédiat du service.

La préfecture promet une subvention et un rattrapage pour un retour du service

L'association ISM assure n'avoir reçu "aucune réponse claire" de l'administration. De son côté, la préfecture de Seine-Saint-Denis explique que l'association a subi la baisse des crédits politique de la ville décidé à l'été 2017. Mais une subvention de 40 000 euros sera bien versée à l'association pour 2018, avec également 40 000 euros de "rattrapage" pour 2017.  Le versement interviendra dans un délai de trois semaines après que l'association aura fourni un nouveau dossier de demande de subvention. De leur côté, les services de l'éducation nationale en Seine-Saint-Denis espèrent un retour du service "le plus rapidement possible".