Éducation

A Dijon, depuis la rentrée, c'est déjà la deuxième grève des travailleurs du périscolaire

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne lundi 19 septembre 2016 à 18:46 Mis à jour le lundi 19 septembre 2016 à 18:49

Les parents, comme ici à l'école Chevreul, se sont organisés
Les parents, comme ici à l'école Chevreul, se sont organisés © Radio France - -

Ces personnels travaillent notamment dans les restaurants scolaires, et assurent les temps d'activités périscolaires. Une large intersyndicale appelait ces salariés employés par les communes à cesser le travail ce lundi, dans toute la France, pour protester contre les nouveaux taux d'encadrement.

Un animateur pour quatorze élèves en maternelle, et un pour dix-huit en élémentaire. Soit quatre enfants de plus par rapport à la réglementation précédente. La mesure parue cet été au Journal Officiel permet d'alléger la charge des collectivités territoriales qui ont dû s'adapter à la réforme des rythmes scolaires. Mais le personnel concerné, lui, estime ne pas pouvoir s'occuper comme il le faudrait des enfants.

C'est ce que ressent Céline, qui travaille à l'école maternelle Chevreul à Dijon. Avec les tout petits, il faut être partout à la fois. Quatorze enfants, c’est beaucoup. Elle évoque les TAP, les temps d’activités périscolaires. « On prend en charge les enfants à 16 heures, et les parents viennent les chercher à 16 h 50, habillés, chaussés, doudous à la main. Il faut de quinze à vingt minutes pour habiller 14 enfants. Le temps d’entrer dans l’activité, il est déjà l’heure de les rendre aux parents ».

Elle évoque aussi les problèmes de sécurité.  « Plus on a d’enfants, plus on a de risques d’accidents ». Un petit qui referme une porte sur ses doigts, une bagarre pour les plus grands, c’est si vite arrivé. Et elle rappelle que la responsabilité du personnel peut être engagée, avec à la clé un risque de renvoi en cas de problème sérieux.

« Une vingtaine de grèves l’an dernier, déjà deux fois en quinze jours »

Des arguments que les familles ne sont peut-être pas prêtes à entendre, elles qui doivent à chaque grève dans la restauration scolaire, se débrouiller pour récupérer leurs enfants et les faire manger avant de les ramener à l’école. Alors elles s’organisent. Michel Pierre avait ainsi chez lui à midi ses deux enfants mais aussi deux autres. Il commence à en avoir l’habitude. « Une vingtaine de fois l’année dernière, déjà deux fois en quinze jours. Mais bon on le prend avec philosophie ». Même solidarité affichée par Nicolas, un autre papa qui a pris en charge la fille de ses voisins. Comprend-t-il la grève des agents municipaux ? « Je comprends qu’ils ne soient pas forcément contents de leurs conditions de travail, mais bon, après, on est tous pareils, et puis je ne suis pas sûr qu’ils obtiennent grand-chose ».