Éducation

A Dijon, le leader du groupe corse I Muvrini fait la tournée des lycées pour parler de la non-violence

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne mercredi 13 janvier 2016 à 18:56

Après le débat, le chanteur a même laissé son numéro de portable aux lycéens.
Après le débat, le chanteur a même laissé son numéro de portable aux lycéens. © Radio France - Marion Bastit

Depuis mardi, Jean-François Bernardini, le leader du groupe corse I Muvrini, est en tournée dans les lycées dijonnais. Pas pour chanter, mais pour parler de la non-violence. Avec humour et pédagogie, il a su mettre cette notion à la portée des lycéens.

Le groupe corse I Muvrini est en concert ce jeudi soir au Zénith de Dijon. Jean-François Bernardini, le leader du groupe, en profite pour aller à la rencontre des lycéens dijonnais. Depuis mardi, il donne des conférences sur le thème de la non-violence. Ce mercredi matin, il était au lycée agricole de Quetigny.

« Tant que nous serons vivants, il y aura des conflits, martèle-t-il. Aujourd'hui, on nous dit que face au conflit, il y a deux solutions : soit tu t'écrases, tu es lâche, tu te résignes, tu es passif, soit il faut frapper, être fort, ne pas se laisser faire, et si on te frappe, tu frappes plus fort. Nous, aucune de ces deux réponses ne nous satisfait. Et c'est là ou la non-violence nous dit qu'il y a une manière apaisée de réguler le conflit. »

"Répondre à la violence par la violence ne résout rien" Jean-François Bernardini

« Ça s'apprend dans les conflits qu'on peut avoir dans une cour de récréation, dans sa salle à manger ou dans la vie de tous les jours, mais ça peut aller beaucoup plus loin, poursuit-il. La non-violence est une inconnue en France, mais dans beaucoup de pays européens, elle est devenue la boussole du XXIème siècle, dans une période où on laisse croire à l'homme que la seule manière d'exister, c'est d'être violent, et plus violent que son voisin. Et ça, ce n'est pas recevable. Plus que jamais, cette éducation-là est urgente et elle est pertinente. »

Une arme contre l'apartheid et le mur de Berlin

« Un Corse qui vient vous parler de non-violence, ça peut faire sourire », lance-t-il en guise d'introduction. Pour parler aux lycéens, Jean-François Bernardini part d'exemples concrets, comme celui d'une mère qui, pour faire plier sa fille adolescente qui refuse de ranger sa chambre, décide d'arrêter de manger. Il leur raconte aussi le combat de Rosa Parks et des Noirs de Montgomery, en Alabama, qui ont boycotté les bus pendant un an pour mettre fin à la ségrégation raciale aux Etats-Unis, en 1956.

"La non-violence, c'est miser sur l'intelligence" Jean-François Bernardini

Sans aller jusque là, Florian, 19 ans, élève en première année de BTS production végétale, est prêt à appliquer la non-violence dans sa vie quotidienne. « Quand il y a des choses qui ne vont pas, même si la colère est présente, au lieu d'en venir aux mains, on peut simplement discuter, se voir entre quatre zyeux, et ça se passe calmement. » Mais ce n'est pas toujours facile pour Jérémy, 16 ans, élève en première S au lycée Hippolyte-Fontaine. « Par exemple, quand un ami casse quelque chose de très cher à nos yeux, on est très énervé. Il ne faut pas le frapper, pas l'insulter. On prend sur soi et puis on réfléchit. Il ne faut surtout pas être violent, mais c'est dur, très dur. »

"La base de tout, c'est d'apprendre à écouter" Florian, élève de BTS

Quand il s'agit de convaincre les autres, son camarade Benoît, est plus réservé. « C'est un peu dur, surtout avec des gens qui réagissent violemment. C'est un peu dur de leur dire de réagir autrement, parce qu'ils ne vont peut-être pas nous écouter. » Et si les élèves ont encore des questions à l'issue de la conférence, le leader du groupe corse leur laisse son numéro de portable, avec la promesse de répondre à tout le monde. Ce mercredi soir à 19 h 15,  Jean-François Bernardini donne une conférence gratuite à la maison de quartier de la Fontaine d'Ouche.

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