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Dossier : Le + info de France Bleu Bourgogne

LE + INFO. Les puéricultrices craignent une surcharge de travail

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Par , France Bleu Bourgogne

Une cinquantaine de puéricultrices se sont rassemblées devant la préfecture de Côte d'Or, ce mardi 30 mars. En cause : une réforme qui prévoit d'augmenter le nombre de bébé par professionnelle, de 5 à 6. Inadmissible pour le collectif "Pas de bébé à la consigne", à l'initiative de la protestation.

Les puéricultrices craignent de devoir négliger les bébés s'ils en ont six à charge.
Les puéricultrices craignent de devoir négliger les bébés s'ils en ont six à charge. © Radio France - Nourhane Mahmoudi

Avec cinq enfants par employé de crèche, les professionnels estiment qu’ils arrivent tout juste à s'occuper des bébés sans en négliger aucun. Avec la réforme, il faudra s'occuper de 6 bambins. "Une catastrophe" pour le collectif "Pas de bébé à la consigne", qui a appelé à un rassemblement à Dijon devant la préfecture ce mardi 30 mars. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel. 

Des conditions de travail dégradées

Ce qui inquiète principalement les professionnels de la petite enfance, c'est surtout le fait qu'avec six bébés à charge, elles viendraient à les négliger. "Ce sont des bébés qui ont besoin de tant d'attention. Ils ont par exemple besoin de manger à la même heure... parfois avec des biberons. On va faire comment ? Travailler à la chaîne ?" dénonce Lucie Robert, employée de crèche depuis plus de dix ans, et adhérente au Syndicat national des Professionnels de la Petite Enfance.

Selon elle, avoir six enfants à charge pourrait aussi détériorer l'état d'esprit des puéricultrices. "Il y en qui sont déjà bien mal en point ! Ils et elles souffrent au travail, et ce n'est pas normal. Alors que nous reste-t-il comme solution ? Si la reforme passe, bien sûr que nous allons nous occuper des enfants. Mais à quel prix ?" conclut-elle, sceptique. Elle craint des surmenages, voire même des départs du secteur. 

Le projet de réforme doit être soumis au vote des députés en juin prochain.
Le projet de réforme doit être soumis au vote des députés en juin prochain. © Radio France - Nourhane Mahmoudi

L'inquiétude des parents

Du côté des parents, on s'inquiète surtout pour le bien-être des tout petits. Fanny est mère de 3 enfants, et sa petite dernière de deux ans et demi est encore à la crèche. "On voudrait que ça nivelle vers le haut, et pas vers le bas. Moi qui ai des enfants, je vois bien que s'en occuper c'est du travail... Nous sommes humains, nous n'avons que deux bras. Cinq enfants c'était déjà trop, mais six ?" s'exclame-t-elle, décontenancée. 

Elle craint également pour la sécurité des enfants. "Je suis parent, et quand on s'occupe de bébés, on doit les nourrir, les faire dormir etc. Mais on doit aussi les surveiller. Déjà en surveiller cinq, c'est limite, mais avec un sixième dans la balance, je ne sais pas si j'aurai confiance" conclut-elle. 

"Sauver les meubles"

A la mairie de Dijon, Kildine Bataille (adjointe chargée de la petite enfance) préfère relativiser. Elle envisage quelques solutions pour "sauver les meubles". "Aujourd'hui, on se pose la question d'augmenter le nombre de personnels ou le nombre de place. Les professionnelles en font déjà tellement ! On va essayer de se rapprocher le plus possible des attentes des familles, et privilégier l'accueil individuel. Tout cela est un vrai projet éducatif" affirme-t-elle.

Martine Boulay, elle, est en fin de carrière. Elle a travaillé dans le secteur pendant plus de 40 ans, et pour elle il est impératif que les nouveaux arrivants dans le métier puissent avoir de bonnes conditions de travail. "Moi je termine ma carrière, et si je veux, je peux partir à la retraite dès l'année prochaine, j'ai sauvé les meubles." affirme-t-elle. Elle s'inquiète des conditions de travail de ceux qui arrivent. "Ils auront moins de chances de se lier avec les bébés, et mêmes avec les familles... Et pourquoi ? Parce qu'ils ne pourront pas tout faire, ils n'auront simplement pas le temps !" conclut-elle. Les professionnels demandent donc le retrait de cette réforme, qui sera soumis au vote des députés en juin prochain.

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