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Éducation

Drôme : Nino, douze ans et handicapé, va perdre la moitié de ses heures d'accompagnement au collège

lundi 5 novembre 2018 à 4:17 Par Alexandre Berthaud, France Bleu Drôme Ardèche et France Bleu

À partir du lundi 5 novembre et de la rentrée des classes, Nino Rol, élève de 5e au collège privé Chabrillan à Montélimar, aura deux fois mois d'heures accompagnées par une Auxiliaire de vie scolaire (AVS). Sa mère se bat contre cette "discrimination" craint devoir le déscolariser.

Nino, 12 ans, et sa maman Caroline
Nino, 12 ans, et sa maman Caroline © Radio France - Alexandre Berthaud

La Bâtie-Rolland, France

Le cas de Nino est symptomatique des difficultés d'intégration des élèves atteint d'un handicap. À 12 ans, cela fait quatre ans qu'il est accompagné par une Auxiliaire de vie scolaire (AVS) car il souffre de dyspraxie, de dysgraphie et d'un trouble du spectre autistique. Sans elle il ne peut pas écrire, lire correctement les consignes, tenir les instruments en géométrie.

L'État responsable ?

Jusqu'ici Nino partageait son AVS avec un élève d'un autre collège : 11 heures chacun. Mais à la mi-octobre, sa mère, Caroline, reçoit un coup de fil de la vice-principale du collège : "on m'annonce que le Rectorat a pris la décision de supprimer des heures à Nino et qu'à partir de la rentrée après la Toussaint il n'en aura plus que cinq par semaine"

C'est la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui alloue une AVS individualisée ou mutualisée aux élèves handicapés. Seulement ensuite c'est l'Académie, et donc l'État, qui décide des financements. C'est pour cela que Caroline vise directement Emmanuel Macron dans ses critiques, lui qui pendant la campagne présidentielle avait promis "une AVS pour chaque élève en ayant besoin".

Caroline pense devoir déscolariser Nino pour lui éviter l'échec scolaire - Radio France
Caroline pense devoir déscolariser Nino pour lui éviter l'échec scolaire © Radio France - Alexandre Berthaud

Pas un cas isolé

Sans solution, Caroline va tenter de remonter un dossier pour obtenir une AVS individualisée, mais cela prend du temps : "Avec cinq heures par semaine _Nino va tout droit à l'échec scolaire_, donc je pense que je vais devoir le déscolariser et lui faire cours à la maison". En attendant la maman se démène, elle a écrit au Rectorat, au département, à la députée et même à Brigitte Macron, mais sans résultat.

En cherchant de l'aide, Caroline a trouvé des témoignages d'autres parents dans la région, dans la même situation qu'elle. Elle les incite à la contacter par email, pour se regrouper et créer un collectif afin de forcer les pouvoirs publics à agir : "c'est de la discrimination, dans la loi de 2005 il est écrit que tous les enfants ont le droit à l'éducation, elle n'est pas appliquée. Il ne faut pas que les parents se content de trois heures d'AVS".