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Ecole "Espérance Banlieues" au Mans : des enseignants s'interrogent sur le financement

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Par , France Bleu Maine

La 17ème école du réseau "Espérance Banlieues", un établissement privé hors contrat, doit ouvrir au Mans à la rentrée de septembre 2019. Le soutien affiché de certains élus questionne les syndicats enseignants sur l'aide financière dont l'établissement pourrait bénéficier.

Enseignants, syndicats et représentants d'associations d'éducation populaire s'opposent à l'implantation d'une école du réseau Espérance Banlieues
Enseignants, syndicats et représentants d'associations d'éducation populaire s'opposent à l'implantation d'une école du réseau Espérance Banlieues © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Elle doit ouvrir à la rentrée de septembre 2019 au Mans : la première école du réseau "Espérance Banlieues" sarthoise suscite des inquiétudes du côté des enseignants dans le public. L'établissement est destiné aux élèves issus de quartiers prioritaires, avec des classes à effectifs réduits. La pédagogie est centrée sur les "fondamentaux", tout en insistant sur la culture française avec lever de drapeau, uniforme et Marseillaise. 

L'école étant "hors contrat", elle n'est pas soumise aux mêmes contraintes que le public en ce qui concerne les programmes. Les syndicats estiment par ailleurs les attaches particulièrement marquées du réseau Espérances Banlieues avec le milieu catholique jettent le trouble, bien que les écoles se disent "a-confessionnelles".

Un soutien de la présidente de région mal perçu

La présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, a affiché son soutien à plusieurs reprises au projet, qui se veut être une réponse aux décrochage scolaire pour les élèves en difficulté. "Je soutiens le projet, mais côté financement les écoles ne sont pas de la compétence de la région, indique-t-elle. _On regarde pour accompagner peut-être sur le volet orientation_"

Ça ne passe pas du côté des enseignants, qui lui ont donc adressé un courrier. "Nous nous étonnons du soutien qu'elle affiche à une école hors contrat, qui se situe donc hors du cadre de l'école publique, lance Dominique Chaperon, secrétaire départemental du syndicat FSU. Elle ne peut en aucun cas toucher des subventions publiques !". Dans d'autres régions, des écoles du réseau Espérance Banlieues ont bénéficié d'aides publiques par d'autres biais, par exemple à Saint-Etienne ou à Reims, ce qui inquiète les syndicats.

Des financements questionnés

"Nous n'avons aucune subvention, répond Stéphanie Jozan, responsable locale d'Espérance Banlieues. Notre budget est couvert à 5% par les dons des parents d'élèves et 95% provient de dons de particuliers ou d'entreprises". Le MEDEF, qui soutient le projet, ne fait pas partie de ces mécènes précise-t-elle.  Cela ne résout pas le problème estime Laetitia Bisson, enseignante dans une école située en zone prioritaire au Mans : "les écoles du réseau Espérance Banlieues étant reconnues 'd'utilité publique', _les dons qui lui sont faits sont défiscalisés_, indique-t-elle. Nos impôts sont donc impliqués"

Les craintes des enseignants redoublent d'autant plus qu'au niveau national, le directeur du réseau Espérance Banlieues, Eric Mestrallet, souhaite à terme bénéficier d'un conventionnement. Cela permettrait au réseau Espérance Banlieue d'être intégré dans le giron de l'Education Nationale, tout en gardant une certaine liberté sur les programmes scolaires.

Une installation dans les locaux de l'AFPA

Le lieu dans lequel l'école devrait s'installer au Mans fait aussi débat. "On avait eu une première piste qui ne s'est pas concrétisée, indique Stéphanie Jozan,on doit finalement s'installer rue de Bel-Air, dans un bâtiment de l'AFPA à réaménager". L'AFPA, centre de formation indépendant, mais dont plusieurs élus de la région siègent au conseil d'administration. "Ça interpelle, on se demande forcément si le loyer n'est pas dérisoire pour Espérance Banlieues, comme ça a pu être le cas dans d'autres écoles du réseau", lance Laurent Gautier, administrateur des Céméa Pays de la Loire, une association d'éducation populaire.

Pas de favoritisme précise Stéphanie Jozan : "nous avons regardé les prix du marché, et c'est ce que nous payons". "Nous avons rencontré le directeur de l'AFPA au Mans, à notre demande, et le projet lui a plu, ajoute-t-elle. Il avait des bâtiments disponibles et il nous a donc proposé de les louer"

De leur côté, des enseignants et parents d'élèves demandent que les élus municipaux se positionnent : "certes ils n'ont pas voix au chapitre puisque c'est une école privée, explique Laurent Gautier. Mais _on espère que la ville du Mans va s'opposer à cette installation, ou au moins signaler qu'elle ne se reconnait pas dans ce projet_".

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