Éducation

En Corrèze, les enfants précoces en souffrance vont en classe au SAS

Par Philippe Graziani, France Bleu Limousin jeudi 13 octobre 2016 à 16:10

En France un enfant sur vingt est diagnostiqué comme précoce
En France un enfant sur vingt est diagnostiqué comme précoce © Maxppp - Frédéric Dugit

Après deux ans d'expérimentation, le SAS a été officialisé par une convention entre l'association Potentiels qui en est à l'origine et l'Inspection Académique de la Corrèze. Unique en France, il accueille des enfants du primaire dits à haut potentiel mais qui en souffrent.

"On devrait plutôt dire des enfants à haut paradoxe, plutôt que à haut potentiel". C'est Élodie Vandewalle qui parle ainsi. Cette psychopédagogue travaille depuis près de 20 ans avec des enfants autrement appelés précoces, ou autrefois surdoués. Cette spécialiste est l'une des deux personnes qui interviennent au sein du SAS. Le SAS, acronyme de Scolarité Aménagée Spécifique, a été lancé il y a deux ans par l'association Potentiels, qui aide les familles de ces enfants, près d'une centaine en Corrèze pour 150 enfants.

Un en échec scolaire, l'autre brillant

Le paradoxe est que ces enfants, malgré des capacités intellectuelles hors normes sont parfois en grande souffrance psychique ou physique. Les cas de somatisation sont fréquents. Et que leurs résultats scolaires sont parfois très mauvais. "L'an dernier nous avions deux enfants de CM1, tous les deux avec un très haut potentiel équivalent. L'un avait 19 de moyenne, l'autre avait 1,75" explique Elodie Vandewalle. Concrètement le SAS, installé à Ladignac-sur-Rondelle accueille les enfants 2 jours par semaine, tout ou partie de l'année scolaire. Ils poursuivent le programme scolaire, en lien avec leur école "normale", tout en trouvant là des intervenants formés qui leur apportent le soutien dont ils ont besoin. Mais il ne peut accueillir que 12 enfants, faute de place et malgré une demande supérieure. L'association cherche par ailleurs un moyen de financement. Pour le moment les familles doivent débourser 25 euros par jour de prise en charge.

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