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Éducation

En Côte-d'Or, la semaine de quatre jours et demi n'a plus la cote

dimanche 24 juin 2018 à 18:05 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

À la rentrée de septembre, 83% des écoles du département seront revenues à la semaine de quatre jours. Les communes ont la possibilité de choisir. Certaines ont consulté parents et enseignants.

A Chenôve, parents et enseignants ont plébiscité le retour à la semaine de quatre jours, contre l'avis de la municipalité
A Chenôve, parents et enseignants ont plébiscité le retour à la semaine de quatre jours, contre l'avis de la municipalité © Radio France - Jacky Page

Côte-d'Or, France

Du changement en vue à la rentrée prochaine pour bon nombre de familles côte-d'oriennes. Une majorité des 270 communes possédant une école ont décidé de revenir à la semaine de quatre jours.  Depuis la rentrée 2017, les communes ont en effet le choix entre les deux formules, et pour Ludovic Rochette, maire de Brognon et président de l'association des maires de la Côte-d'Or, c'est très bien ainsi : "Les quatre jours et demi peuvent marcher. A certains endroits, on en a quelques exemples, soit en ville, soit à la campagne. Sur d’autres territoires ça a été une catastrophe, parce qu’on a simplement oublié que les communes ne vivent plus en autarcie, qu’il y a un transport scolaire, que la compétence périscolaire, c’est souvent la communauté de communes. On a peut-être souffert d’une vision trop centralisée, trop simplifiée de ce qu’est la commune".

Pour le SNU-ipp, les choses doivent s'imposer de la même manière partout

Olga Jacques, co-secrétaire du syndicat enseignant SNU-ipp- FSU 21, voit les choses différemment et ne pense pas que donner aux communes le libre choix des rythmes scolaires soit une mesure de sagesse : "C’est quelque chose qui est très dérangeant. C’est-à-dire que sur une problématique qui relève normalement du ministère de l’Éducation nationale, on laisse la main aux communes. Les communes n’ont pas toutes les mêmes possibilités, les mêmes budgets, les mêmes contraintes, et ça crée des disparités sur le territoire, qui ne sont pas profitables à l’ensemble des élèves. Les choses doivent s’imposer de la même manière à toutes les communes".

À Chenôve, on a voté pour le retour aux quatre jours

Certains maires ont souhaité consulter les parents et les enseignants de leurs écoles avant de prendre une décision. C’est ce qui s’est passé à Chenôve, où les intéressés se sont à 75% prononcés pour le retour à la semaine de quatre jours, au grand dam de leur municipalité qui souhaitait le maintien de la formule à quatre jours et demi accompagnés d'activités périscolaires. Thierry Falconnet, le maire, la mort dans l’âme, et dans un esprit démocratique, a suivi le choix de ses administrés et fait voter par le conseil municipal le retour à la semaine de quatre jours. Cependant, il va compenser par un recentrage des activités périscolaires le mercredi, avec le matin deux heures d’activités qui ne coûteront qu’un euro par enfant. Par ailleurs , "le centre de loisirs du plateau ouvrira ses portes à nouveau le mercredi matin pour toute la journée, et donc là ce sera plus un accueil destiné aux enfants dont les parents travaillent".

À Clénay, on ne veut pas revenir en arrière

Autre commune, autre consultation, avec un résultat très différent. A Clénay, village de 800 habitants au nord de Dijon, on a choisi à 75% le maintien de la semaine de quatre jours et demi, avec l’approbation des deux institutrices qui s’occupent des 45 élèves de l’école communale. Car ici on juge que la formule a fait ses preuves. "Les enfants ont le choix entre quatre ateliers chaque soir, et les ateliers changent après chaque vacances scolaires", précise le maire Frédéric Imbert. Il est fier des résultats du fil rouge adopté dès le départ en 2013 : l’anglais ludique, qui permet à des élèves de CM2 d’entrer au collège avec un très bon niveau en anglais. Les maires ont souvent décrié le poids des activités périscolaires dans leur budget. Frédéric Imbert avoue que les 5000 euros à sa charge après les diverses subventions, ne sont pas négligeables, mais dit-il, "l’ensemble du conseil municipal l’assume, parce que c’est notre jeunesse". 

Frédéric Imbert, maire de Clénay, devant l'école communale qui va conserver la semaine de quatre jours et demi - Radio France
Frédéric Imbert, maire de Clénay, devant l'école communale qui va conserver la semaine de quatre jours et demi © Radio France - Jacky Page

Pour la FCPE, les enfants ont été oubliés

À la prochaine rentrée il ne restera plus en Côte-d’Or que 9 communes où les écoliers auront toujours cours le mercredi matin. Une situation que déplore Karine Didelot, présidente départementale des parents d’élèves FCPE : "s’il y a des gens qui ont été oubliés dans ce retour en arrière, ce sont nos enfants, notamment ceux qui sont le plus éloignés de l’école. On sait que les cinq matinées d’écoles sont les plus adaptées pour les apprentissages, notamment pour les enfants qui en ont le plus besoin". La présidente de la FCPE 21 désapprouve la décision de certaines communes de recourir à une consultation des familles et des enseignants : "je ne sais pas si quand on va chez le médecin, on demande au patient quel est le médicament qui va […] C’est très clair que c’est une manipulation politique. On utilise le vote des parents parce qu’on sait très bien qu’ils vont choisir la facilité et les quatre jours, alors qu’ils n’ont pas les compétences pour juger."

Rappelons que la ville de Dijon maintient pour sa part le dispositif de la semaine de quatre jours et demi. Un rythme scolaire qui au total, à la rentrée, sera suivi par 26% des élèves du département.