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En Franche-Comté aussi les pédagogies alternatives sont en plein essor

Par Emilie Pou, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 28 août 2017 à 18:59

La pédagogie Montessori se base aussi sur un ensemble de matériels développés par Maria Montessori
La pédagogie Montessori se base aussi sur un ensemble de matériels développés par Maria Montessori © Maxppp - .

Freinet, Steiner Montessori ou encore l'école à la maison, les pédagogies alternatives ont de plus en plus de succès auprès de parents déçus par l'école "classique". En Franche Comté aussi, cette nouvelle façon d'éduquer se développe.

La Franche Comté ne fait pas exception. La région elle aussi voit fleurir depuis quelques années les écoles dites "alternatives" ou "non conventionnées". Il y a notamment de plus en plus d'écoles Montessori: cinq dans toute la région, dont deux qui ont ouvert ces deux dernières années. La pédagogie Montessori est la pédagogie la plus connue, du nom de Maria Montessori; une pédagogue italienne du début du XXe siècle. Une pédagogie qui prône le respect du rythme de l'enfant et le développement de son autonomie.

On évolue suivant les besoins de l'enfant

Akila Chikki est la directrice de l'école Montessori de Belfort qui a ouvert ses portes en 2013, pour elle "On n'impose rien à l'enfant. On lui propose des activités, on lui explique comment ça fonctionne et c'est à lui de choisir ses propres activités. On ne va pas le diriger, l'enfant doit sentir ce qui va lui permettre d'apprendre des choses. Dés que l'on sent qu'un enfant est prêt, on y va, grâce au matériel élaboré par Maria Montessori. Ensuite on évolue en fonction de ses besoins." L'école de Belfort compte 28 élèves cette rentrée 2017, en constante progression depuis cinq ans.

Des écoles non reconnues par l'Etat

Ces écoles ne sont pas reconnues par l'Etat. Cela veut dire qu'il n'y a pas de financement public. D'où leur coût, très important: 2 à 3.000 euros par an en moyenne. 400 euros par mois par exemple (sur dix mois) pour l'école de Belfort. A ce prix là, il n'y a pas beaucoup de mixité sociale au sein de ces structures, c'est d'ailleurs l'un des grands reproches adressé à ces pédagogies. Autre critique: ces écoles ne prépareraient pas assez à la dureté de la vie, les enfants évolueraient dans une une sorte de "cocon douillet". Joëlle Defontaine, directrice de l'école Montessori à Champagney, en Haute-Saône réfute cette théorie: "ce n'est pas parce que la société est dure que l'on est obligé d'entraîner les enfants comme dans un camps de commandos. Ils auront, grâce à la pédagogie Montessori, l'estime de soi et la confiance en soi nécessaires pour faire face à la dureté de la société.

Joëlle Defontaine a ouvert l'an dernier une école Montessori dans sa maison de Champagney - Radio France
Joëlle Defontaine a ouvert l'an dernier une école Montessori dans sa maison de Champagney © Radio France - Emilie Pou

L'école à domicile séduit aussi dans le nord Franche-Comté

Autre méthode pédagogique alternative: l'école à la maison ou instruction en famille (IEF). On estime que 200 enfants sont concernés en Franche Comté. Charlotte habite à Desandans dans le Doubs, elle a choisi cette méthode il y a quelques années pour son fils aîné car sa première année de maternelle se passait très mal. "_Il a fallu un an, mais au bout d'un an on a enfin retrouvé le vrai Louis. Il était moins malheureux, moins agressi_f" explique cette maman qui a continué ensuite pour ces deux autres enfants, même si elle l'avoue, ce n'est pas toujours évident de jongler entre les deux rôles: "parfois ils n'ont pas envie et me disent allez soit cool maman, mais je leur explique que non , 4 jours par semaine nous devons apprendre des choses. Sous forme de jeux, de cahiers ou autre, mais nous devons apprendre".

Un apprentissage qui est contrôlé d'ailleurs, une fois par an, par un inspecteur de l'éducation nationale.