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Éducation

Enfants sans identité: des collégiens africains et normands présentent leurs projets à Caen

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Ce jeudi 23 mai, une centaine d'élèves et professeurs normands et africains se sont retrouvés au Campus 2 à Caen pour la restitution des projets sur le sujet des enfants sans identité. En présence de Laurence Dumont, les projets des 194 élèves participants ont été présentés.

A Campus 2 de Caen, une centaine d'élèves et enseignants s'est rassemblée pour présenter les projets réalisés sur le thème des enfants sans identité
A Campus 2 de Caen, une centaine d'élèves et enseignants s'est rassemblée pour présenter les projets réalisés sur le thème des enfants sans identité © Radio France - Marianne Yotis

Caen, France

Dans le monde, 230 millions d'enfants ne possèdent pas d'acte de naissance. Faute de reconnaissance par leur pays, ils n'ont pas accès aux soins et ne peuvent pas se présenter aux examens. C'est un sujet peu connu du public, souvent tabou. 

En 2016, Laurence Dumont, députée du Calvados lance un appel à projets destiné aux collégiens et lycéens du département en partenariat avec cinq pays d'Afrique. Pour la première fois cette année, des délégations du Bénin, du Burkina Faso, du Togo, du Sénégal et de la Côte d'Ivoire sont venues en France pour présenter leurs projets. 

Faire connaître la situation des enfants sans identité

"Chaque année on rencontre ça. Cette année il y a une fille dont la mère est morte à sa naissance. Dans la famille c'était la désolation et personne n'a eu la présence d'esprit d'aller déclarer l'enfant. C'est 12 ans plus tard quand l'enfant a voulu aller au collège qu'on s'est rendu compte qu'un acte de naissance ne lui avait pas été établi en bonne et due forme", confie Rémi Missehoungbé, instituteur au Bénin.

Sans papiers, les enfants ne peuvent pas passer les examens de fin d'école primaire. C'est la fin de la scolarité pour eux. Chaque année, l'enseignant se bat pour trouver des solutions mais les délais sont très longs. 

Obed, l'un de ses élèves, vient de finir de lire son texte. Il est touché par cette situation car une de ses amies est dans cette situation.

"ça me fait mal de voir des enfants sans identité, ça me met en colère", confie le garçon.

Obed, écolier au Bénin et son professeur Rémi Missehoungbé connaissent bien la problématique. Ils sont tous les deux au contact d'enfants sans identité - Radio France
Obed, écolier au Bénin et son professeur Rémi Missehoungbé connaissent bien la problématique. Ils sont tous les deux au contact d'enfants sans identité © Radio France - Marianne Yotis

Les causes de ce problème, Bayala, lycéenne au Burkina Faso, les a recherchées avec sa classe pour le projet. Pendant un mois et demie, elle et ses camarades sont allées à la rencontre de familles concernées pour rendre un rapport complet. 

"C'est surtout l'ignorance des parents, parce que certains parents ignorent l'importance qu'un acte de naissance a dans la vie d'un enfant. C'est aussi dû à la pauvreté parce qu'il faut souvent aller loin pour l'enregistrement et le jugement supplétif (décision d'un tribunal de remplacer un acte qui n'existe pas par une copie réalisée) coûte cher aussi", explique la lycéenne

La plupart des enfants sans identité se trouvent en Asie du sud et en Afrique subsaharienne. Dans certains pays d'Afrique, la proportion d'enfants de 0 à 5 ans non enregistrés peut atteindre 50%. 

Une enquête que réalise aussi l'association Aide et Action pour prendre note de l'ampleur de la situation avant de démarcher les gouvernements pour mettre en place des solutions. 

"Pour l'instant ce que nous faisons c'est: essayer d'éveiller la conscience des enfants eux-même, de les regrouper en communautés d'apprentissage pour qu'il aient conscience de la situation qu'ils vivent, qu'ils comprennent qu'avoir un acte de naissance c'est un droit et ensuite leur donner des outils pour s'exprimer, faire passer des messages pour qu'ils deviennent des enfants ambassadeurs", raconte Berthe Tehou directrice d'Aide et Action au Bénin. 

Berthe Tehou, directrice de l'association Aide et Action au Benin est venue assister à la restitution de projets  - Radio France
Berthe Tehou, directrice de l'association Aide et Action au Benin est venue assister à la restitution de projets © Radio France - Marianne Yotis

Des projets préparés sur plusieurs mois

Pour leur présentation, les élèves du collège Lemaître ont composé des textes pour parler des enfants sans identité.

"J'ai décidé de raconter l'histoire de plusieurs personnes, plusieurs types de passé et expliquer ce que c'est de ne pas avoir d'acte de naissance et les conséquences surtout", explique Fantine, élève en 4ème. 

Son camarade de classe Antoine, qui a écrit une pièce de théâtre, ajoute "il faut en parler aux autres parce que ça arrive souvent dans d'autres pays que le notre donc c'est peu connu". 

Les élèves du collège Lemaître à Aunay Sur Odon ont présenté des récits, des poèmes du théâtre et même un chant pour illustrer le sujet - Radio France
Les élèves du collège Lemaître à Aunay Sur Odon ont présenté des récits, des poèmes du théâtre et même un chant pour illustrer le sujet © Radio France - Marianne Yotis

Pour le lycée Sainte-Marie à Caen, ce sont les dessin qui priment. Sous forme d'affiches, les lycéens ont voulu partager leur indignation face à cette situation. 

Projetée sur le mur, l'affiche "Enf-antômes" présente plusieurs droits auxquels n'ont pas accès les enfants qui n'ont pas d'acte de naissance. 

"Au milieu on a voulu représenter la tête partagée entre un enfant habillé avec un visage et une identité et un fantôme pour comparer et représenter l'impact que peut avoir ce genre de situation sur leur vie", raconte Plume, élève en première S au lycée Sainte-Marie. 

D'autres élèves ont choisi des affiches choc  - Radio France
D'autres élèves ont choisi des affiches choc © Radio France - Marianne Yotis

Tout au long de l'année, les élèves ont échangé par skype pour préparer le projet. Certains ont tissé des liens forts lors de leur rencontre la veille de la restitution. Tous on su s'unir sous cette même cause. 

Des liens très forts tissés entre les élèves français et africains durant ces échanges. Certains espèrent garder contact - Radio France
Des liens très forts tissés entre les élèves français et africains durant ces échanges. Certains espèrent garder contact © Radio France - Marianne Yotis
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