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Enseignement à distance : la galère des profs et des élèves sarthois

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Par , France Bleu Maine

Pas facile de suivre les cours à la maison pour les quelque 100 000 élèves que compte la Sarthe. Au bout de la première semaine de confinement, les dysfonctionnements des différents outils mis à disposition rendent souvent la situation galère pour les profs, comme pour les familles.

Smartphones et ordinateurs servent de support à l'enseignement à distance... quand ça marche.
Smartphones et ordinateurs servent de support à l'enseignement à distance... quand ça marche. © Maxppp - Thierry GACHON

Il suffit de poser la question autour de vous, ou sur les réseaux sociaux : vos enfants arrivent-ils à suivre facilement l'enseignement à distance mis en place par l'Education nationale, notamment via les ENT (espaces numériques de travail) comme e-primo (primaire) ou e-lyco (secondaire) ? Les réponses affluent, par dizaines, souvent dans le même sens : "Non les enfants ne peuvent rien faire", "ça rame, e-lyco c’est même pas la peine d’essayer" ou encore "rassurez vous les parents, les enseignant-es n'arrivent pas à déposer non plus". Bref, au bout de la première semaine de confinement, c'est la galère pour les profs et les familles en Sarthe.

Louison, actuellement en 4e dans un collège manceau devait récupérer ses devoirs via la fameuse plateforme e-lyco, utilisée tout au long de l'année dans son établissement pour partager les devoirs, les notes et le cahier de texte. Mais depuis le début de la semaine, il n'a pu s'y connecter qu'une seule fois. "En temps normal, ça fonctionne bien, raconte son papa, Guillaume, mais là comme tout le monde s'y connecte en même temps, ça bugue. On n'a accès ni par l'ordinateur, ni par le smartphone." La solution ? Le collège a dû renvoyer, par mail, à toutes les familles concernées des captures d'écrans pour que les élèves puissent travailler. Pour son petit frère Gaspard, élève de CM1, pas de souci en revanche : il avait quitté l'école vendredi dernier avec une semaine de devoirs sur papier. Et depuis, il échange simplement par mail avec sa maîtresse. 

"Nous avons en effet fait face à des problèmes d'engorgement en début de semaine car tout le monde s'est connecté. Mais nos informaticiens et nos techniciens ont travaillé dessus et depuis mardi 16 h, il n'y a plus de problème", assure-t-on au rectorat de Nantes. Pourtant, en cette fin de semaine, beaucoup de familles et d'enseignants restent coincés. "Le travail est limité, c'est très agaçant, confirme Hansi Brémond, professeur d'histoire-géo au collège Albert Camus du Mans et secrétaire départemental du syndicat FO lycées collèges, _on passe des heures chaque jour à essayer de travailler ou à trouver des solutions pour le faire_, par exemple en envoyant directement des mails aux familles, mais on n'a pas toujours les bonnes adresses..." De plus, parfois, c'est la messagerie professionnelle des enseignants qui plante.  

Face à ces difficultés largement partagées, c'est donc le système D qui prédomine. Certains se connectent à des heures indues, "vers 7 h ou vers 21 h". D'autres privilégient l'appli pour téléphone portable Pronote comme Delphine, maman d'une petite Adèle, au Mans : "Je copie-colle tout par petits bouts. Je récupère les pièces jointes une à une (en bloc, ça ne marche pas) et je fais tout suivre sur le mail de ma fille. Mais ça prend vachement de temps et il faut être bien organisé." Des familles se retournent aussi vers la plateforme du CNED. Et certains profs privilégient même des outils étonnants, mais plus efficaces comme Discord, une plateforme américaine dédiée à la base aux pratiquants de jeux vidéos, où des classes virtuelles ont même été créées.

Si les circonstances sont particulières, et les outils non-adaptés à un usage de masse comme c'est le cas en ce moment, la situation en dit long sur les contradictions que subissent les fonctionnaires et les usagers de l'Education nationale selon Hansi Brémond : "D'un côté on a une injonction institutionnelle à faire de plus en plus de numérique à l'école, ce qui par ailleurs se discute, mais dans la réalité des écoles, des collèges, on a très souvent des moyens insuffisants, des outils qui ne fonctionnent pas. Vendredi, avant de quitter nos élèves, on les a emmenés en salle informatique pour vérifier avec eux l'utilisation d'e-lyco... Sur quinze postes, seulement trois fonctionnaient correctement." 

Le rectorat de Nantes invite les familles qui éprouvent des difficultés à contacter leur établissement de scolarisation, où "la continuité administrative est assurée". Et précise que le problème peut aussi venir, parfois, du matériel ou de la connexion internet des usagers. 

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