Éducation

A Evreux, 300 personnes manifestent pour protester contre la fermeture de deux collèges de l'Eure

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) dimanche 16 octobre 2016 à 16:55

Environ 300 personnes ont manifesté à Evreux ce samedi 15 octobre pour protester contre la fermeture de deux collèges dans l'Eure à la fin de l'année scolaire 2017-2018.
Environ 300 personnes ont manifesté à Evreux ce samedi 15 octobre pour protester contre la fermeture de deux collèges dans l'Eure à la fin de l'année scolaire 2017-2018. - Céline Champdavoine

Ce samedi 15 octobre, 300 personnes ont manifesté à Evreux pour demander le maintien de deux collèges qui doivent fermer dans l'Eure à la fin de l'année scolaire 2017-2018. Une délégation intersyndicale a été reçue par le préfet : il a promis la mise en place de groupe de travail sur le sujet.

Ce samedi 15 octobre, environ 300 personnes ont manifesté à Evreux pour protester contre la fermeture de deux collèges de l'Eure à l'horizon 2018. Un premier cortège s'est formé devant le collège Pablo Neruda d'Evreux. Parents, élèves, professeurs et habitants du quartier de la Madeleine : tous protestent contre la fermeture de l'établissement, prévue à la fin de l'année 2017-2018. Pancartes et banderoles à la main, ils descendent tous dans le centre-ville, direction le pré du Bel-Ebat. Sur place, ils rejoignent d'autres manifestants, qui eux militent pour le collège Pierre-Mendès-France de Val-de-Reuil : il fermera ses portes en même temps que Pablo Neruda. D'autres manifestants sont là pour apporter leur soutien au collège de la Barre-en-Ouche, qui est sur la sellette aussi. En tout, 870 élèves seraient contraints de changer d'établissement.

Si on ferme le collège, c'est le quartier qui meurt

Pour les manifestants, la mobilisation commune a du sens parce que les trois établissements menacés sont tous situés dans des zones fragiles. "Le collège de La Barre-en-Ouche est dans un secteur rural défavorisé, Pierre-Mendès-France à Val de Reuil est en éducation prioritaire et Pablo Neruda en éducation prioritaire plus. Donc ce sont trois établissements situés sur un territoire populaire", explique Vincent Breuil, membre du collectif citoyens Privé de collège. Pour lui, "il y a une fuite en avant. On parle de territoires perdus de la République mais là ce sont des territoires abandonnés par la république. Les politiques de la Ville ont montré leur échec depuis 40 ans mais on continue de les appliquer parce que la misère ça profite toujours à quelques-uns."

La misère, l'abandon du quartier, c'est ce qui fait peur à Séverine. Elle est mère de trois enfants et sa benjamine est en 4e au collège Pablo Neruda. "SI on ferme le collège c'est la Madeleine qui meurt ! On nous a déjà retiré la Caisse d'allocations familiales, la Sécurité sociale, il y a des commerces qui ferment. Pablo Neruda et Intermarché, c'est le pilier de la Madeleine."

Des groupes de travail créés

Une délégation intersyndicale a été reçue par le préfet de l'Eure, samedi matin. Elle était composée de représentants des trois collège ainsi que de parents d'élèves. Cette lutte commune a permis d'avoir plus de poids selon Céline Champdavoine, secrétaire départementale du SNES-FSU : "On a pu revenir sur les situations individuelles et les enjeux dans chaque établissement. D'être venus de tous le département avec en plus les parents d'élèves, ça a été une force, j'ai l'impression qu'on a été entendus", se réjouit la jeune femme. "Je pense que c'est comme ça qu'on doit avancer et que c'est comme ça qu'on obtiendra gain de cause." Et pour l'instant la délégation intersyndicale a obtenu la création de groupes de travail qui vont se pencher sur la carte scolaire du département.

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