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Dossier : Coronavirus

Examens maintenus : l'université de Lorraine n'est pas "l'école des fans"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine

Malgré la polémique, le président de l'université de Lorraine Pierre Mutzenhardt le confirme, il y aura des examens à la fac de Metz, Nancy et Epinal. Des examens à distance en raison du coronavirus mais certains étudiants seront aidés par des prêts de clés 4G ou d'ordinateurs.

Le président de l'université de Lorraine Pierre Mutzenhardt
Le président de l'université de Lorraine Pierre Mutzenhardt - Université de Lorraine

Dans un entretien accordé à France Bleu Lorraine, le président de l'université de Lorraine confirme qu'il y aura bien des examens cette année. Des examens à distance avec des épreuves simplifiées. Pierre Mutzenhardt refuse d'entendre parler de note moyenne donnée à tous les étudiants : la fac n'est pas "l'école des fans" explique-t-il. 

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la fin des cours dans les universités. Quelle est votre réaction ?

Pierre Mutzenhardt :  Pour les cours on s'y préparait, la continuité pédagogique au niveau des connaissances a été mise en place à distance et on ne voyait pas bien comment on aurait pu accueillir des étudiants sur les sites de Lorraine, sauf peut-être en petits groupes, mais en tout cas pas en amphi. On ne l'envisageait pas, on s'était préparés à ne pas reprendre. 

Pour les examens, comment allez-vous faire ?

PM : De manière très claire, la première session d'examens va se faire à distance, l'ensemble des formations s'est préparé à cela. Pour l'évaluation à distance, il y aura des modifications dans le contrôle des connaissances pour que cela soit simplifié, qu'il y ait moins d'épreuves, qu'elles soient adaptées pour pouvoir les faire à distance ou bien un peu comme le baccalauréat dans certaines formations, c'est-à-dire se baser sur le contrôle continu. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas comme dans le secondaire, il n'y a pas de continuité des matières entre le premier et le second semestre. Sur le second semestre, il y a quand même eu sept semaines de cours sur lesquelles les étudiants peuvent être raisonnablement évalués. 

Examens à distance pour tout le monde donc... Vous avez vu la polémique que cela suscite, notamment sur les réseaux sociaux ?

PM : Oui j'ai bien vu, j'ai lu qu'on parlait d'un manque d'égalité et de situation difficile pour certains étudiants. Je voudrai dire qu'on fait beaucoup de choses pour les étudiants qui sont en situation précaire, parce que certains par exemple ont perdu leur travail avec le coronavirus. Mais avec le Crous, les Agoraé (NDLR, épiceries solidaires), avec des aides sociales, on assure le quotidien de beaucoup plus d'étudiants que d'habitude, et on assure une aide psychologique. Alors maintenant, est-ce que la situation est idéale pour passer des examens ? On pourrait en débattre longtemps, je pense qu'on peut quand même raisonnablement avoir des évaluations qui permettent à ces étudiants de ne pas avoir quelque chose de totalement blanc, totalement neutre, et qui permettent à ces étudiants, par rapport à un parcours futur, par rapport au travail fourni, par rapport au travail des enseignants, d'en avoir une reconnaissance. 

Et par rapport à cette proposition du syndicat étudiant UNEF de mettre une note de "10 améliorable" à tout le monde ?

PM : C'est non, on n'a jamais donné l'examen à tout le monde. On sait qu'on aura plus de situations particulières à gérer. Nous avons déjà distribué 300 ordinateurs à des étudiants qui n'en avaient pas, ou qui avaient des problèmes de matériel, et on va continuer à le faire avec 50 commandes en cours. On a aussi envoyé 300 cartes 4G à des étudiants. Parce qu'on a fait un recensement sur ceux qui avaient des vraies difficultés : pas ceux qui avaient une simple instabilité de leur connexion internet ; vraiment ceux qui avaient une connexion internet très limitée ou qui n'avaient pas le bon forfait. Ceci étant, il reste une centaine d'étudiants qui sont vraiment dans des zones blanches ou dans l'incapacité de faire. 

On fait comment pour ces étudiants ?

PM : Je rappelle qu'en plus des sessions d'examens classiques, nous avons des sessions qui sont exceptionnelles, avec des sujets adaptés et différents - pour les sportifs de haut niveau par exemple parce que le calendrier des compétitions est comme ça -, pour les étudiants qui travaillent aussi. Il y a quand même 90% des étudiants qui peuvent faire une évaluation, même si cette évaluation va se résumer à l'essentiel pour leur diplôme. 

Ce n'est pas "l'école des fans", l'université ?

PM : Non, ce n'est pas l'école des fans. Je pense qu'il est grave de donner des notes quand on n'a pas d'évaluation. Je me suis toujours opposé à cela. Quand on dit qu'un étudiant est absent, il est absent : on ne peut pas lui mettre 0 parce qu'il est absent, donc la note est neutralisée ou autre. Je rappelle aussi que ces semestres font partie d'une année entière, donc le second semestre vient compenser l'autre. 

On peut penser que les collègues seront bienveillants, et je n'ai aucun doute là-dessus, mais la bienveillance ne veut pas dire qu'il n'y a pas de différence de niveau entre les étudiants. Il y a des étudiants qui comptent sur ce semestre pour avoir une mention, d'autres pour avoir un emploi et une crédibilité de leur diplôme. Je crois qu'il est important de répondre à cela. 

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