Éducation

Flavigny-sur-Ozerain : des jeunes de quartier en stage militaire

Par Lisa Guyenne, France Bleu Bourgogne et France Bleu dimanche 13 août 2017 à 19:20

Camo style.
Camo style. © Radio France - Lisa Guyenne

Flavigny, ses anis, son appellation de "plus beau village de France". Et son stage militaire pour les jeunes de banlieue. Pendant 10 jours, ils sont une vingtaine venus des quatre coins de France, pour apprendre la discipline et le savoir-vivre.

"Laissez-les servir", c'est le nom de cette opération. A première vue, ça peut faire un peu peur. En arrivant, on s'imaginait tomber sur des instructeurs au garde-à-vous et des ados rebelles qui refusaient d'obéir... Mais non, pas du tout : en fait, l'ambiance est plutôt détendue. Tout le monde s'affaire autour du monument aux morts, qui a besoin d'un petit rafraîchissement. En échange d'hébergement, les jeunes effectuent des travaux d'intérêt général pour le village.

Ca m'a apporté beaucoup de valeurs

C'est Ophélie qui encadre le groupe. A 22 ans, elle en a déjà passé 10 au sein de l'association.

"J'ai été intégrée par mon petit frère qui avait des difficultés à l'époque. Et puis j'ai continué, et je suis montée en grade. Maintenant, je supervise." Dans la vie, elle vient de terminer une licence de comptabilité et travaille à côté pour se faire de l'argent. "Mais dès que j'ai le temps, je viens aux stages."

Quand on lui demande à quoi sert ce séjour, la réponse fuse : "Ca apporte beaucoup de valeurs, celles de la France. Maintenant, je comprends les valeurs républicaines. Cela m'a donné un cadre, un contexte militaire assez carré que je n'avais pas avant. Maintenant, je gère mieux les choses." Compte-t-elle s'engager ? "Je réfléchis à être réserviste. j'y pense beaucoup."

Artiste en treillis

En attendant, elle dirige les opérations de peinture de la grille qui entoure le monument aux morts. Parmi les nouvelles recrues, Gwennan, 18 ans, venue de Bretagne, est en train de poncer la grille avant d'appliquer la peinture. Lorsqu'on lui demande ce qu'elle fait le reste de l'année, surprise : "Je fais ma rentrée dans une fac d'arts plastiques pour cinq ans." Pas grand-chose à voir avec la rigueur militaire a priori..

"Moi, je n'aime pas trop recevoir des ordres, à la base. Mais comme chacun respecte ici, tout le monde suit. Et je me dis que ça me sera utile dans ma vie professionnelle. J'aurai sans doute affaire à un patron, qui me donnera des ordres, et je devrai les suivre. Ici, on apprend à se conformer et à travailler en équipe. C'est important."

Gwennan repeint la grille du monument aux morts. - Radio France
Gwennan repeint la grille du monument aux morts. © Radio France - Lisa Guyenne

Apprendre la discipline oui, mais aussi s'affirmer, pour Romain, 20 ans, venu d'Ile de France.

"Je gagne de la confiance en moi. D'habitude je suis un peu enfermé, je ne parle à personne. Là, j'apprends à aller vers les autres, à m'ouvrir. Ca m'aide."

Ce ne sont pas des bêtes curieuses

Et tout le petit groupe a été reçu avec enthousiasme de la part des riverains, en témoigne Dominique Bondivena, le maire de Flavigny-sur-Ozerain.

"Ils ont été reçus par les papy-mamy qui leur ont offert des quatre-heures, des desserts... C'est le but du jeu ; on ne veut pas en faire des bêtes curieuses qu'on va mettre dans un coin. Ils sont au contact de la population, sont très bien intégrés.. C'est convivial." Il ajoute : "C'est vrai que ça peut paraître militaire comme contexte, mais c'est plus souple que la "vraie" armée. Et l'après-midi, ils ont des loisirs ; hier, la mairie leur a offert un tour d'ULM gratuit."

Le stage se termine le 17 août. Le maire se dit tout à fait prêt à leur ouvrir ses portes encore l'année prochaine.