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Éducation

L'école maternelle de Grabels ouvre une classe pour les enfants autistes

mercredi 7 novembre 2018 à 17:59 Par Lisa Melia, France Bleu Hérault

Le plus jeune a trois ans, le plus âgé en a six. Cette semaine, sept enfants atteints d'un trouble du spectre de l'autisme font leur rentrée dans la toute nouvelle classe de maternelle adaptée, au sein de l'école Jean-Ponsy de Grabels (Hérault).

Un plafond bas et la luminosité des fenêtres amoindrie : la classe a subi des travaux pour accueillir les 7 élèves atteints d'un trouble du spectre de l'autisme.
Un plafond bas et la luminosité des fenêtres amoindrie : la classe a subi des travaux pour accueillir les 7 élèves atteints d'un trouble du spectre de l'autisme. © Radio France - Lisa Melia

Grabels, France

Ce jeudi est jour de rentrée pour Adam. Le petit garçon de trois ans, atteint d'un trouble du spectre de l'autisme sévère, est scolarisé pour la première fois de sa vie, à l'école maternelle Jean-Ponsy de Grabels. Au grand bonheur d'Amina, sa maman. La jeune femme a du mal à cacher son émotion : "on est ravi qu'il intègre cette école, aucune autre école n'a voulu de lui. Je pense que ça lui changera la vie, je suis certaine qu'il va progresser."

Amina, maman d'un garçon autiste de trois ans

Dans un premier temps, Adam ne passera qu'une heure dans sa nouvelle classe, en présence de ses parents, avec l'équipe éducative composée d'une enseignante spécialisée, d'un orthophoniste, d'un psychomotricien et d'une psychologue. C'est le processus d'adaptation : au fil des semaines, Adam passera une demi-heure de plus en classe, puis quelques heures supplémentaires, il expérimentera les récréations et les repas dans l'école, ses parents seront moins présents dans l'établissement. À terme, "d'ici décembre", espère Amina, il sera scolarisé comme tous les enfants de trois ans du département : quatre journées entières par semaine.

Des travaux pour adapter la classe

Au total, sept enfants autistes font leur rentrée cette semaine dans la classe adaptée de l'école maternelle Jean-Ponsy. Six d'entre eux, dont Adam, ne parlent pas et présentent des difficultés, voire une incapacité presque totale, à interagir avec le monde extérieur. La classe de Grabels leur permet d'intégrer une école "ordinaire".

Il s'agit de la deuxième classe de maternelle pour les enfants autistes dans le département, après celle de Mauguio, ouverte en septembre 2014. Elle est née sous l'impulsion de l'Éducation nationale, l'Agence régionale de santé et l'association Adages, dans le cadre du Plan Autisme orchestré par le gouvernement.

Pour que le projet réussisse, l'école a donc subi des travaux. Dans la classe adaptée, le plafond est plus bas que dans les autres classes. "Nous avons aussi remplacé le revêtement du plafond et les luminaires, explique Estelle Trumeau, la psychologue. Le plafond avait des petits trous, ce qui peut perturber un enfant autiste. Et les néons ne convenaient pas, parce qu'ils avaient tendance à clignoter. Là encore, ce sont des parasites importants pour ces enfants, ils interfèrent avec leur concentration."

L'un des espaces "calmes" de la classe adaptée de l'école maternelle Jean-Ponsy - Radio France
L'un des espaces "calmes" de la classe adaptée de l'école maternelle Jean-Ponsy © Radio France - Lisa Melia

Le reste de la classe, de la même façon, a été adapté avec des jouets choisis dans le but de stimuler les enfants sensoriellement, des espaces avec des coussins pour des temps plus calmes, et même une salle très neutre, conçue pour aider un enfant en pleine crise à s'apaiser. "Nous avons des jouets qui font beaucoup de bruit, détaille Isabelle Porteix, l'enseignante spécialisée de la classe. Il y a aussi des jouets qu'il faut pousser, tirer... Ce sont des choses auxquelles ils répondent bien." Objectif : stimuler les enfants, pour que le monde autour d'eux soient moins perçu comme une agression.

Une prise en charge très tôt

Le choix de placer la classe dans une école ordinaire, et non un institut spécialisé, est aussi délibéré. "L'intérêt du dispositif, c'est d'être dans une inclusion des enfants, précise Christophe Fauguin, directeur de l'IME des Oliviers, dont dépend la classe de Jean-Ponsy. Ils vont participer à la vie de l'école, ils vont s'habituer à être avec les enfants ordinaires et eux, enfants extraordinaires, vont évoluer dans l'école."

Christophe Fanguin, directeur de l'IME Les Oliviers

Enfin, la prise en charge très tôt, dès l'âge de trois ans, permet d'espérer que les enfants deviendront des adultes capables de fonctionner un peu mieux dans le monde qui les entoure. "Selon les chiffres du dernier Plan Autisme, on peut espérer que 52% d'entre eux évolueront vers des classes ordinaires, souvent avec un auxiliaire de vie scolaire", indique la psychologue Estelle Trumeau.

Amina, elle, espère aussi que la multiplication des espaces adaptés permettront aux enfants atteints d'un trouble du spectre de l'autisme les rendra plus visibles et adoucira le regard de la société sur eux. "Mon fils ne parle pas, quand il veut manifester qu'il y a un problème, il crie. Dans les supermarchés et même avec les voisins, on passe pour des parents qui élèvent mal nos enfants. Il faut que le regard change sur l'autisme."