Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Éducation

Harcèlement scolaire : "On a peur des représailles", racontent des collégiens toulousains

mercredi 7 novembre 2018 à 19:21 Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Occitanie

Le jeudi 8 novembre est la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Si dans l'académie de Toulouse les résultats sont encourageants, les victimes ont encore du mal à parler de ce qu'elles subissent parfois au sein des établissements.

Dans l'académie de Toulouse, le harcèlement scolaire concernait 5,8% des élèves en 2017 d'après le rectorat. (Image d'illustration)
Dans l'académie de Toulouse, le harcèlement scolaire concernait 5,8% des élèves en 2017 d'après le rectorat. (Image d'illustration) © Maxppp - MAXPPP/NICEMATIN

Toulouse, France

Des moqueries sur le physique, des coups dans la cour de récréation, une solitude dans tous les moments de la vie scolaire : le harcèlement scolaire touche 700 000 élèves en France. Jeudi 8 novembre est la journée nationale de lutte contre ce harcèlement scolaire. C'est la cinquième campagne nationale sur le sujet. Dans l'académie de Toulouse, 5,8% des élèves disaient en être victimes en 2017, soit moins qu'en 2011, avec à l'époque 6,3% d'élèves touchés. Malgré l'amélioration de ces chiffres, les victimes ont toujours du mal à parler de ce qui leur arrive. Parole de collégiens rencontrés à Toulouse. 

J'étais un peu gênée parce que j'étais la victime

Kilian a vécu une situation de harcèlement il y a un an. Ça n'a pas duré longtemps mais le collégien se souvient qu'il n'avait pas envie d'en parler. "On a peur des représailles, de se faire taper par la suite parce qu'on est allé cafter." Assis sur son vélo, le jeune garçon se souvient d'avoir reçu le soutien de certains camarades. "Ce sont mes amis qui m'ont poussé à aller voir les adultes et en parler", raconte-t-il. Même souvenir pour cette ado qui est en 6e : "Ils sont venus et ils ont commencé à me pousse, à me dire que j'étais nulle. Je ne voulais pas le dire parce que si je le disais ils allaient me frapper."

Au-delà de la peur des représailles, les enfants touchés par le harcèlement scolaire ont surtout du mal à se reconnaître dans le statut de victime. Ainsi, une élève raconte avoir été moquée à cause de son nom de famille. Elle n'a pas hésité à parler mais se souvient d'un moment difficile : "Je suis partie voir la conseillère principale d'éducation (CPE) et je lui ai dit. J'étais un peu gênée parce que j'étais la victime. J'avais honte."

Faire émerger la parole, une étape encore difficile

"La difficulté est souvent de faire émerger la parole", confirme Pierre Priouret, co-secrétaire du syndicat d'ensignants Snes-FSU dans l'académie de Toulouse. "On a progressé sur le sujet mais c'est toujours difficile de libérer la parole des victimes." D'après lui, cela tient notamment au fait que ce harcèlement peut prendre parfois "des formes insidieuses" et ne permet pas aux victimes de prendre conscience de ce qu'elles vivent. "Il n'est pas forcément vécu tout de suite avec ces mots-là par les élèves."

Pour libérer cette parole, des dispositifs existent, selon Pierre Priouret. "Ça passe beaucoup par de l'information, des discussions au cours de situations en dehors de la vie de la classe mais la difficulté c'est de provoquer la prise de conscience chez la victime", confirme-t-il. "On peut diffuser tous les messages de prévention que l'on veut, ça porte ses fruits mais on est toujours dépendants de la parole de la victime."