Éducation

Harcèlement scolaire : "ils l'ont ajoutée sur Facebook puis sont venus au collège pour la tabasser"

Par Angy Louatah, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 2 novembre 2016 à 18:55

Dans la majorité des cas, le cyber-harcèlement, concerne les collèges et les lycées. Photo d'illustration.
Dans la majorité des cas, le cyber-harcèlement, concerne les collèges et les lycées. Photo d'illustration. © Radio France - Mathilde Montagnon

La deuxième édition de la journée "Non au harcèlement" à l'école met l'accent sur le cyber-harcèlement. Celui qui commence sur les réseaux sociaux et qui entraîne parfois des conséquences dramatiques dans la vie des élèves.

Pour cette deuxième édition de la journée "Non au harcèlement" scolaire, la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a souhaité mettre l'accent sur le cyber-harcèlement, cette forme de harcèlement qui passe par les réseaux sociaux et qui a bien souvent des répercussions concrètes dans la vie de ceux et celles qui en sont victimes. Une campagne de sensibilisation "Liker, c'est déjà harceler" a été mise en ligne par le gouvernement.

Une certaine fatalité chez les jeunes

Si le harcèlement scolaire est un phénomène qui touche aussi bien les primaires que les collégiens et lycéens. C'est bien chez les collégiens et lycéens, plus connectés, que le cyber-harcèlement sévit le plus. D'ailleurs les adolescents connaissent bien le sujet. Justine, aujourd'hui en seconde au lycée Honoré d'Urfé de Saint-Étienne, se souvient de ce qui est arrivé à l'une de ses anciennes camarades de classe, en 5ème, il y a trois ans.

Ils l'ont ajoutée sur Facebook et se sont mis à l'insulter. Mais en fait, ils connaissaient son collège. Alors ils sont venus l'attendre devant et ont commencé à la tabasser. (Justine)

Mais ce qui marque le plus face à cette réalité, c'est le discours fataliste que l'on entend chez certains collégiens et lycéens. Lola, Carla et Célia sont en classe de première au lycée Simone Weil. Elles ont conscience que le harcèlement existe et cela leur fait de la peine, mais elles se sont endurcies, et leurs mots aussi :

Personne ne se dit comme cela : "je vais aller la harceler". La personne qui se fait harceler, c'est qu'elle a fait quelque chose, mis une photo compromettante d'elle sur internet par exemple. Quelque chose qui a donné, entre guillemets, l'autorisation à la personne de la harceler.

Encore un aveu d'impuissance dans les établissements

Dans les établissements, il n'est pas si simple de lutter contre le cyber-harcèlement. 200 000 membres de l'Éducation nationale ont été formés à la lutte contre le harcèlement. Ce chiffre devrait atteindre la barre des 300 000 à la fin de l'année selon la ministre Najat Vallaud-Belkacem. En première ligne, on trouve les CPE de collèges et lycées comme Sandrine, qui travaille dans un établissement de la Loire. Elle avoue que lutter contre le cyber-harcèlement n'est pas chose aisée.

Cela nous échappe, ce sont souvent des faits qui se déroulent en dehors du temps scolaire mais qui nous reviennent après. On n'a pas vraiment les moyens de lutter contre cela. Tous les élèves ont un portable avec une connexion. Il faudrait plus de temps pour les former au danger que représentent les nouvelles technologies. Je pense qu'ils ne sont pas conscients de ce qu'ils font, ils agissent dans l'instant et une fois qu'ils ont commencé, il est difficile de faire machine arrière. (Sandrine, CPE)

Le numéro vert mis en place par le gouvernement l'an dernier a enregistré près de 65 000 appels en douze mois, c'est cinq fois plus que le dispositif qui était en place précédemment. Il s'agit du 30 20.

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