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Éducation

Haute-Garonne : les parents d'élèves de moins en moins investis dans les instances scolaires

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Par , France Bleu Occitanie

Ce vendredi et samedi, les parents d’élèves des écoles, collèges et lycées sont invités à élire leurs représentants, en théorie donc 20 millions d'électeurs. L'an dernier, 6 millions se sont intéressés au scrutin, entre parents libres, associations locales, FCPE et PEEP, tous en mal de candidats.

Les élections des délégués parents d'élèves ont lieu ce vendredi et samedi dans les écoles, collèges et lycées.
Les élections des délégués parents d'élèves ont lieu ce vendredi et samedi dans les écoles, collèges et lycées. © Radio France - Guillemette Franquet

Haute-Garonne, France

Ces 11 et 12 octobre, 20 millions de parents d'élèves sont appelés à désigner leurs délégués, en général directement dans l'établissement où un bureau de vote doit être organisé durant au moins quatre heures consécutives. Les représentants gèrent aussi bien les questions de sorties scolaires, de restauration, de sécurité que de harcèlement. L'an dernier, dans le premier degré, les listes de parents non constituées en associations ont recueilli la majorité des suffrages (64%), devant les associations locales non affiliées (16%), la FCPE (11 %) et la Peep (2%). Dans le second degré la FCPE rassemblait la majorité des voix des parents (42%) devant les associations indépendantes et les parents non constitués en associations (37%), la Peep (11%) et l'UNAAPE (3%). Les taux de participation dernièrement oscillent entre 22% en collège-lycée et 45% à l'école.

Brigitte Morhain, Peep 31 "C'est une charge à la fois ingrate et gratifiante"

Mère de trois enfants, Brigitte Morhain s'est investie il y a vingt ans comme parent d'élève déléguée dans l'école maternelle de sa fille aînée, quartier Lalande à Toulouse. À l'époque dans une simple association locale, elle n'a jamais lâché l'affaire. Quand ses enfants sont allés au lycée, elle a adhéré à la Peep (Parents d'Elèves de l'Enseignement Public) dont elle est la présidente en Haute-Garonne depuis trois ans.

Brigitte Morhain, présidente de la PEEP 31. - Radio France
Brigitte Morhain, présidente de la PEEP 31. © Radio France - Bénédicte Dupont

Sur quoi agissent concrètement les parents d'élèves ?

Brigitte Morhain (Peep 31) : "En maternelle ou élémentaire, il y a trois conseils d'école dans l'année, en fin de journée pour faciliter la venue des parents qui travaillent. C'est dans ces conseils qu'on discute de tout ce qui se passe dans l'école, qu'on fait des propositions. Il y a aussi un rôle d'organisation de spectacles et de petits événements festifs pour recueillir des fonds pour financer les sorties scolaires. Il faut également être présent quand les parents rencontrent des problèmes, les aider, trouver le directeur pour régler ces problèmes, envoyer des courriers à la mairie ou au rectorat quand il manque des professeurs ou des Atsem. 

C'est chronophage, pensent la plupart des parents...

C'est ce que je croyais au début aussi, je me disais "moi je travaille, j'ai autre chose à faire" et puis les autres parents m'ont répondu qu'ils travaillaient eux aussi. J'ai donc décidé de me remettre en question et de m'investir pour en savoir plus sur le fonctionnement de l'école. C'est très enrichissant car on rencontre plein de monde, on ne reste pas isolé. On peut parler, donner son avis, défendre les autres familles car on sait ce qu'il s'y passe. On est au cœur du système, on participe aux réunions au rectorat, au conseil départemental, on a beaucoup d'infos. C'est comme cela qu'on peut aider les autres parents. J'ai voulu abandonné à de nombreuses reprises quand des parents venaient me hurler dessus, me reprochant de ne pas les avoir assez aidés. Et puis d'autres vont remercient tellement chaleureusement que ça prend le dessus.

En vingt ans en tant que parent d'élèves, qu'avez-vous observé comme évolution ?

Plus ça va, et moins les parents sont investis. Ils estiment qu'ils ont mieux à faire, c'est désolant. En revanche, avec les mails et les réseaux sociaux, pour les représentants, c'est un gain de temps fantastique, moins de réunions, une communication facilitée.

Combien d'adhérents revendiquez-vous à la Peep 31 ?

C'est compliqué de vous répondre car depuis deux ans, nos effectifs ont subi des coupes drastiques. Que ce soit nous la Peep, ou la FCPE, nous avons été victimes il y a deux ans de la réforme qui a fait de la Région Occitanie le financeur des livres au lycées. Auparavant, nous avions les Bourses aux Livres qui nous permettaient, à nous associations de parents d'élèves, de recueillir des fonds et d’enregistrer des adhésions. Les parents ne payaient pas les livres mais en échange cotisaient à une association de parents d'élèves, de 17 ou 18 euros. Depuis deux ans, puisque ce système n'existe plus, c'est la catastrophe du point de vue des adhésions pour nous.

Vous faîtes partie d'une des deux grosses fédérations de parents d'élèves. Est-ce un frein ou un plus, par rapport aux associations indépendantes ?

Moi je voulais dire ce que je pense, défendre mes idées librement. Je suis un électron libre, et je ne voulais pas dépendre d'une grosse structure. Puis quand mes enfants sont passés au lycée dans un autre secteur, je ne pouvais pas rester dans ma petite association de quartier. Alors je suis allée à la Peep. Et je me suis rendue compte que seules les grosses structures étaient vraiment écoutées, invitées aux CDEN (NDLR : les Conseils départementaux de l'éducation nationale, qui établissent notamment le nombre de classes dans les établissements). La Peep et la FCPE ont en quelque sorte plus de pouvoirs dans ces commissions que les petites associations ou les parents libres.

La FCPE est de gauche, la Peep de droite, c'est souvent comme ça qu'on schématise. Vous avez l’impression de suivre une ligne politique ?

Ça m'énerve au plus haut point quand j'entends cela. J'ai choisi la Peep car c'est la plus ancienne des deux fédérations, et que ce sont des parents qui en sont à l'origine, pas des professeurs. À la Peep, on a des parents de tous bords et on s'en moque. Comme je vous le disais, je parle librement, jamais je n'ai reçu de consigne nationale pour dire telle ou telle chose, je n'attends pas d'autorisation. Et si vraiment c'était aussi simple que "tu es de droite, va à la Peep", et bien personnellement je n'y serais pas, je ne suis pas de droite. Je ne fais pas de politique, et je ne suis pas sectaire".

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