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Éducation

Le petit Léo, trisomique, a finalement obtenu ses heures d'AVS pour aller cinq matinées à l'école

dimanche 24 juin 2018 à 19:20 Par Adrien Toffolet, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Léo est un petit garçon trisomique de 3 ans qui habite Bennetot. Après des mois de batailles administratives, il pourra aller à l'école maternelle cinq matinées par semaine, avec une auxiliaire de vie scolaire. Aujourd'hui, ils aident les parents à faire respecter leurs droits.

Des mois de batailles administratives pour l'application de leurs droits
Des mois de batailles administratives pour l'application de leurs droits © Radio France - Adrien Toffolet

Bennetot, France

Soulagement chez la famille Fouquer. Léo pourra, dès septembre, aller à l'école maternelle cinq matinées par semaine en bénéficiant de l'aide d'une auxiliaire de vie scolaire. Mais ce n'est que depuis quelques jours qu'ils peuvent enfin souffler. Julien et Anne-Sophie faisaient face à un mur. 

Pas une priorité

En février, les parents du petit Léo, 3 ans, qui vivent à Bennetot, nous expliquaient pourquoi la Maison des personnes handicapées refusaient d'accorder plus d'heures d'accompagnement avec une AVS à leur enfant pour qu'il puisse aller à l'école plus des 3 matinées par semaine mises en place en décembre.

"La réponse de la Maison des personnes handicapées a été qu'il faudrait déjà qu'on s'estime heureux d'avoir ces six heures d'accompagnement, et que pour Léo, l'école n'était pas une priorité du fait de son âge et de sa trisomie", racontait la maman, Anne-Sophie. "Ce qu'ils m'ont fait comprendre, c'est que dans la case "trisomie" et "trois ans et demi", il n'y a pas besoin, c'est pas si grave."

La simple application du droit

Mais les parents ont décidé de ne pas se contenter d'un refus. Ils ont reçu le soutien d'élus locaux et du défenseur des droits et fait appel aux médias et aux réseaux sociaux pour faire part de l'injustice dont ils souffraient. "C'était un vrai parcours du combattant pour la simple application du droit, explique Julien, le papa, qui ne cache pas son écœurement, il a fallu quand même se battre, et se battre avec une institution qui est là pour aider les personnes handicapées, mais qui ne répond ni à leurs demandes ni à leurs besoins, ce qui est encore pire..."

Rien n'empêchait finalement Léo d'aller à l'école tous les matins avec une AVS. La raison du premier refus est pourtant simple au yeux de la famille. Pour le papa, c'est "une question de budget, d'envie et d'idée. On laisse les gens de côté, on laisse les enfants de côté et on attend que ça se passe en se disant que quand il y en aura 1/4 qui aura lâché, ça coûtera beaucoup moins cher et on aura un peu plus de place dans le dispositif pour penser à eux l'année suivante."

Pire, suite à leur demande, plusieurs autres droits leur ont été accordés. Anne-Sophie : "notre allocation vient d'être complétée aussi, elle est passée de 100 euros à 500 euros par mois. Mais ça c'est pareil, si on ne le demande pas, on nous verse seulement l'allocation de base à 100 euros, commune à tous les enfants handicapés."

Les gens abandonnent

En plus d'un énorme soutien autour d'eux, à l'école et sur les réseaux sociaux, Julien et Anne-Sophie ont pu se rendre compte qu'ils n'étaient pas les seuls démunis face à l'administration. "Léo n'est pas le seul enfant dans cette situation. On nous avait promis "pas d'enfant sans solution scolaire à la rentrée 2017" (une promesse de campagne d'Emmanuel Macron - Ndlr), ce qui n'a pas été tenu puisque rien que sur le secteur d'Yvetot, 8 enfants se sont retrouvés sans accompagnement à la rentrée. Donc si on multiplie par le nombre de secteurs, à l'échelle nationale c'est un nombre énorme d'enfants."

De nombreux parents ont sollicité le couple pour savoir comment ils ont réussi à faire respecter leurs droits. Anne-Sophie : "le langage et la lenteur de l'administration font que les gens abandonnent. Ou s'ils tentent et qu'on leur répond non, ils restent sur cette réponse. Quand on leur parle de recours, de toutes ces démarches, ça leur parait compliqué. Donc aujourd'hui, les gens nous demandent comment on a fait. Tout le monde ne peut pas se mettre en avant sur les réseaux sociaux comme on l'a fait, ou interpeller les médias. 

Les parents de Léo sont désormais pleinement investis dans une association d'aide aux trisomiques : "dans l'association où est suivi Léo, GEST-DIM, pour aider les parents dans les démarches pour justement que ce ne soit pas un calvaire de remplir les documents administratifs, car tout ça demande de l'énergie et du temps. Surtout, il ne faut pas se décourager, il ne faut pas lâcher et si la réponse est non, il faut continuer pour obtenir ce à quoi on a droit."

Toujours des craintes pour l'avenir

Mais pour les parents de Léo, le soulagement laisse aussi un peu place à l'inquiétude pour la suite de la scolarité. "On nous a promis que la situation était réglée, que nous aurons les heures d'AVS supplémentaires à la rentrée prochaine, précise le papa, mais nous avons encore des craintes aujourd'hui car nous n'avons aucun courrier qui atteste qu'il sera bien accompagné à la rentrée, avec une date, et l'école n'a rien non plus."

Sans oublier la suite de la scolarité : "il faudra surement recommencer à se battre quand il entrera en primaire, et plus tard. Mais maintenant qu'on a découvert qu'il fallait se battre, on continuera de toute façon."