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Indre : l’école primaire Paul Bert d’Argenton-sur-Creuse se prépare à accueillir une élève syrienne

Par Armêl Balogog, France Bleu Berry lundi 20 mars 2017 à 4:29

 L'école primaire Paul Bert d'Argenton-sur-Creuse se prépare à accueillir une élève syrienne
L'école primaire Paul Bert d'Argenton-sur-Creuse se prépare à accueillir une élève syrienne © Radio France - Armêl Balogog

A Argenton-sur-Creuse dans l'Indre, la directrice, une maîtresse et leurs classes de CM1 et CE2 vont bientôt accueillir une nouvelle élève, originaire d’Alep en Syrie. Mais ils ne savent pas encore quand.

Les élèves de l’école primaire Paul Bert ont un grand sourire à l’évocation de leur future camarade de classe. "Je suis trop contente", "ça me fera une nouvelle copine", disent les CM1, "peut-être qu’elle sera gentille". Amandine, Tina, Quentin, Erwan, Mila, Léna, Pierre-Valentin, Simon, Léa, Lison, Elena et Camille en parlent avec plaisir.

Une jeune syrienne accueillie en classe de CM1 et de CE2

La jeune fille arrivera bientôt avec sa famille. Ils ont quitté Alep, en Syrie, pour fuir la guerre, et attendent maintenant dans un pays limitrophe d’avoir un visa pour entrer légalement sur le sol français. Cette famille sera hébergée dans un appartement mis à la disposition de l’association Accueil du cœur 36 par la mairie d’Argenton-sur-Creuse. L’école Paul Bert sera son école de secteur.

La fillette a dix ans, l’âge d’être en CM1, mais la directrice de l’école, Yolande Lhuillier-Renaux, a déjà prévu que, selon son niveau de connaissance et son niveau de français, elle pourrait par exemple suivre des cours de mathématiques de CM1 et des cours de français de CE2. Il ne s’agit pas de lui faire passer des évaluations, mais simplement de la faire progresser, donc un tel emploi du temps ne pose aucun problème. D’ailleurs, la directrice l’a déjà pré-inscrite à des stages à Châteauroux, pour les élèves allophones nouvellement arrivés en France (E.A.N.A.).

En outre, Cathy Lepeytre, la maîtresse de la classe de CE2, a entamé depuis deux ans une formation à l’enseignement du français en tant que langue étrangère. Un véritable atout pour accueillir la fillette. A son arrivée, elle devra faire des tests en mathématiques, en arabe – sa langue maternelle – et en français car "parfois des élèves nouvellement arrivés en France maîtrisent quelques mots de français", explique l’enseignante.

On va prendre l’élève là où elle en est, et essayer de faire au mieux. Il y a aussi tous les moments informels qui sont très importants et qui permettent d’apprendre parfois beaucoup plus vite. – Cathy Lepeytre, enseignante en classe de CE2

Expliquer aux enfants "sans pousser trop loin"

Un autre élément de préparation pour le corps enseignant de l’école Paul Bert a été de prévenir les élèves. Pour l’instant, seulement ceux des deux classes concernées – ainsi que leurs parents – savent qu’une nouvelle élève va arriver. Il a aussi fallu leur expliquer pourquoi elle venait, qu’elle est la situation dans son pays. "Le danger, c’est qu’il ne faut pas tomber dans la pitié", explique Yolande Lhuillier-Renaux. Il faut les informer, mais "sans aller trop loin".

Leur expliquer qu’il y a la guerre, montrer l’état d’Alep, sans pousser trop loin, pour qu’ils ne la regardent pas non plus comme une bête curieuse. – Yolande Lhuillier-Renaux, la directrice de l’école primaire Paul Bert

Elle a notamment montré à sa classe de CM1 où se trouve la Syrie sur une carte. Les élèves se sont montrés très réceptifs.

Elle va être plus tranquille ici, il n’y a pas la guerre. Moi, je pense qu’elle va venir quand même parce que c’est la guerre mais tu peux la passer, tu ne peux pas rester coincé. – un élève de CM1

Les élèves veulent lui "montrer les jeux qu’on a en France"

"Ça va changer des Français", se réjouit une élève, "je vais connaître plus de choses sur son pays", ajoute un autre, "on va apprendre une nouvelle langue", disent plusieurs en chœur, avant qu’un élève ne conclue "et nous on pourra aussi essayer de lui apprendre notre langue, comme ça, ça sera bien, on pourra communiquer".

On pourra lui montrer les jeux qu’on a en France et qu’elle n’a pas chez elle. Je ne sais pas si elle a la marelle, la corde à sauter. – une élève de CM1

On va avoir une nouvelle langue pour chanter "Joyeux anniversaire". – un élève de CM1

Compte tenu de l’enthousiasme des enfants, la directrice de l’école n’a aucune inquiétude sur l’intégration de la nouvelle élève dans sa classe. Il y a plusieurs années, Paul Bert avait déjà accueilli deux enfants parlant espagnol, et ça c'était très bien passé, assure-t-elle.

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