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Éducation

INFO FRANCE BLEU | La loi Blanquer pourrait coûter 270.000 euros à la ville de Poitiers

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Par , France Bleu Poitou

Avec l'école obligatoire dès 3 ans, la mesure phare du projet de loi Blanquer, les municipalités vont devoir participer au frais de scolarité des maternelles privées. Un surcoût estimé à 270.000 euros par la mairie de Poitiers.

Le Poitou compte 101 écoles maternelles catholiques.
Le Poitou compte 101 écoles maternelles catholiques. © Maxppp - Jean-François Frey

Poitiers, France

La loi Blanquer, un jackpot pour les établissements scolaires privés ? Avec l'âge de la scolarisation obligatoire qui passe de 6 à 3 ans, mesure phare du projet de loi "pour une école de la confiance" actuellement examiné en commission mixte paritaire, les mairies vont bientôt devoir participer aux frais de fonctionnement des maternelles privées sous contrat, comme la loi Debré de 1959 les y oblige. La facture à l'échelle nationale pourrait avoisiner les 150 millions d'euros. Une perspective qui inquiète notamment la mairie de Poitiers. 

Nous avons 240 enfants scolarisés dans des maternelles privées, cela représente un coût supplémentaire de 270.000 euros, une somme énorme pour la collectivité !" (Laurence Vallois-Rouet, maire-adjointe PS en charge de l'éducation à Poitiers)

D'après l'estimation du diocèse de Poitiers, les 63 écoles élémentaires privées des Deux-Sèvres et les 38 maternelles catholiques de la Vienne qui scolarisent près de 4.000 enfants pourraient toucher entre un et trois millions d'euros. "On est déjà obligé de se restreindre suite aux baisses de dotations, moi je suis absolument inquiète car nous n'avons pas de budget extensible, cela veut dire des projets en moins pour les écoles publiques", redoute Laurence Vallois-Rouet, adjointe au maire à la ville de Poitiers en charge de l'éducation.

Déshabiller le public pour habiller le privé ?

La ville de Poitiers n'est pas la seule à se faire du souci. Comme à Vivonne, Lussac-les-Châteaux ou encore Saint-Georges-lès-Baillargeaux, où sont installés des établissements scolaires catholiques, de nombreux élus se demandent où ils vont bien pouvoir trouver ce financement. 

Ras-le-bol qu'on soit un peu la vache à lait, c'est encore quelque chose que l'on vient ponctionner, pomper dans les caisses des communes !" (Jean-Claude Boutet, maire DVD de St-Georges-lès-Baillargeaux)

Cette loi Blanquer est "une farce", pour Maurice Ramblière maire de Vivonne, "une très mauvaise nouvelle", pour Annie Lagrange, la maire LR de Lussac-les-Châteaux. "Rien n'est prévu pour ça dans nos budgets, si nous ne sommes pas compensés, ce sera des investissements que nous ne ferons pas ailleurs, nous n'avons pas des budgets élastiques." 

L'équation financière devient intenable pour certaines municipalités, selon Alain Pichon, maire d'Antran et président de l'association des maires de la Vienne. "Depuis des années, on demande toujours plus aux communes, avec des dotations qui baissent, là on arrive à la quadrature du cercle."

Pour l'enseignement catholique, "c'est plus une bonne nouvelle qu'un jackpot"

Le diocèse de Poitiers, constitué de 28 paroisses réparties sur la Vienne et les Deux-Sèvres, préfère ne pas se réjouir trop ostensiblement de cet afflux d'argent public. "Le mot jackpot me semble tout à fait inadapté", précise Bernard Roux. Le directeur des établissements catholiques du Poitou parle tout au plus de "bonne nouvelle"

C'est vrai que c'est difficile d'équilibrer un budget quand on est dans une commune au revenu assez modeste, néanmoins se mobiliser pour engager des frais pour l'éducation liés à l'éducation, je trouve que c'est assez cohérent" (Bernard Roux, directeur diocésain) 

"Il y a eu beaucoup d'inquiétude relayée par l'Association des maires de France, notamment sur le risque de devoir s'aligner en une seule fois et de façon immédiate. Or, nous faisons le choix parce qu'il nous semble important de ne pas mettre les municipalités en difficulté, de préconiser un étalement du paiement dans le temps", explique Bernard Roux.

Face à la fronde des maires, les sénateurs ont largement revu et corrigé le projet de loi Blanquer. Lors du vote solennel le 21 mai dernier, la majorité de droite a adopté un amendement prévoyant que les dépenses supplémentaires pour les municipalités seraient entièrement compensées par l'Etat. Un cadeau fait au privé, dénoncent pour leur part plusieurs syndicats d'enseignants.