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Éducation

Interdiction du téléphone portable à l'école et au collège : une mesure "infantilisante"

mercredi 6 juin 2018 à 18:25 Par Valentin Dunate, France Bleu Paris

La proposition de loi sur l'interdiction des téléphones qui concerne également les enseignants est examinée ce jeudi à l'Assemblée Nationale. Les députés LREM ont déposé mardi un amendement qui prévoit d'étendre l'interdiction de l'usage du téléphone portable à l'ensemble de la communauté éducative.

Photos d'illustration de l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans les écoles et collèges
Photos d'illustration de l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans les écoles et collèges © Maxppp - PHOTOPQR/DYLAN MEIFFRET

Alfortville, France

Le but de cet amendement déposé par les députés LREM est de "renvoyer à nos jeunes une image d'exemplarité et de cohérence". Concrètement, si la loi est votée : en classe, pendant la récréation (ou même lors des activités qui se déroulent en dehors de l'établissement), les téléphones portables et plus globalement "tout objet connecté" sera interdit. Cette interdiction (pour les élèves) est déjà mise en place dans la moitié des établissements scolaires français.   

On va quelques minutes aux toilettes pour faire un point sur les réseaux sociaux" - Collégien 

C'est le cas notamment au collège Henri Barbusse d'Alfortvilleles élèves n'ont pas le droit de servir de leurs téléphones : en classe, pendant la récréation et même à la cantine. "C'est trop dur" commente un des collégiens. "C'est trop dur, de se passer de son téléphone pendant toute une journée". Certains ont donc trouvé la parade "on va quelques minutes aux toilettes pour faire un point sur les réseaux sociaux".  Les parents d'élèves sont eux favorables à cette mesure. Hamida Essaïdi est parent d'élève FCPE : "Que ce soit interdit à l'intérieur de l'établissement, je suis pour ! Nos enfants sont à l'école pour travailler. En revanche, pour une question pratique, je comprends que les enfants aujourd’hui sont munis d'un téléphone portable. Moi la première, ma fille de 12 ans a un téléphone qu'elle éteint quand elle rentre du collège". 

La question des moyens : comment financer les casiers ? qui pour confisquer les téléphones ? 

Pour le SNES FSU, cette "mesurette" est l'arbre qui cache la forêt. "De la communication pour éviter de parler des vrais problèmes". "Nous n'étions pas obligé de légiférer" explique Grégory Thuizat co-sécrétaire départemental du  SNES FSU 93. Plus concrètement, se pose la question des moyens. "Là, il s'agit de donner un cadre législatif mais les établissements pourront adopter différents comportements : on pourra utiliser des casiers mais on se demande comment ils seront financés ? On pourra confisquer les téléphone mais là on se demande où et qui pour le faire ? Donc effectivement, il s'agit d'une déresponsabilisation et d'une infantilisation complète de nos élèves et d'une certaine marque de mépris d'autant que jusqu'à présent la confiscation ne posait aucun problème".   

Comment reçoit-on ce SMS ( en cas d'intrusion dans l'école) si le portable est confisqué par M. Blanquer ?" - SNES FSU

Concernant les enseignants eux-mêmes, les élèves d'Alfortville l'affirment "Oui, nos profs utilisent très souvent les téléphones, même pour aller sur les réseaux sociaux".Grégory Thuizat explique lui "qu'une écrasante majorité des enseignants n'a aucun recours à son téléphone au sein de la classe". De son côté il voit "mal comment dans la communauté éducative, chez les enseignants, on va pouvoir faire passer ce genre de mesure qui ressemble beaucoup plus à une mise au pas qu'à une véritable concertation. Encore une fois, le fonctionnement de ce ministère est fait à coup de diktats qui sont tout simplement inacceptables".  

Le SNES FSU et les enseignants interrogés par France Bleu Paris expliquent qu'ils ont depuis plusieurs mois l'obligation d'être joignable pendant les cours en cas d'intrusion par exemple. Grégory Thuizat pose donc la question : "Le Ministère de l'Education Nationale a demandé aux établissements de faire un PPMS (Plan particulier de mise en sûreté) qui inclut l'envoie par la direction de l'établissement d'un SMS. Comment reçoit-on ce SMS si le portable est confisqué par M. Blanquer ?"