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INVITÉ - "Des enseignants en permanence à l'écoute des élèves"

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Par , , France Bleu Isère

Djamil Cherfi, proviseur du lycée professionnel Jean-Claude Aubry de Bourgoin-Jallieu et ancien secrétaire académique du SNPDEN (syndicat de chefs d'établissements), était l'invité de France Bleu Isère ce mardi matin.

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illustration © Radio France - Claire Leys

Est-ce que vous avez des classes fermées dans votre établissement? 

Non, aucune classe fermée actuellement. Il y en a eu deux avant les vacances de Noël, mais depuis il n’y a plus eu de situation qui nécessitait une fermeture de classe.

Quand on dit fermeture de classe, c'est une semaine à chaque fois?

En gros, il faut compter entre cinq et sept jours d'isolement pour les élèves, le temps que les cas contacts fassent leur test, soient négatifs et reviennent.

Il y a deux situations en France actuellement : si on est dans l’un des 19 départements confinés - ce qui n'est pas le cas de l'Isère, mais par exemple, de nos voisins du Rhône : un cas positif entraîne la fermeture de la classe. Et chez nous, en Isère, on en est encore à la règle de trois cas positifs pour fermer. Est ce que pour vous c'est un juste milieu, un bon équilibre?

Je dirais que ça nous permet de laisser les établissements scolaires le plus ouvert possible parce que je pense que beaucoup de gens comme moi pensent qu'il faut que les enfants viennent à l'école. Il y a trop d'impact psychologique négatif et trop d'impact sur le décrochage scolaire. Maintenant : où est la ligne rouge, où est la limite entre le moment où il faut fermer et la volonté de rester ouvert? Je n'ai ni les compétences ni le pouvoir de décision. 

Mais vous redoutez, par exemple, que demain soir Emmanuel Macron annonce des choses un peu plus radicales? Il se murmure que, la fermeture des établissements scolaires jusqu'ici taboue, pourrait ne plus l'être vu la flambée de l'épidémie.

Je pense que de toute façon, ça n'est pas tabou. Je pense que si les chiffres épidémiques, sanitaires, s’envolent, des décisions seront prises. Pour autant, je ne peux pas vous dire ce que ce que le Président de la République prendra comme décision. 

Est ce que les parents jouent le jeu de dire que leurs enfants sont positifs? On a diffusé un reportage ailleurs en France où on entendait qu'il y avait un risque que des parents masquent un résultat positif parce que ça les mets dans la difficulté en terme de garde...

Dire que c'est impossible, ce n'est pas possible de le dire. Mais il est possible aussi de voir la bouteille à moitié vide ou à moitié remplie, à savoir qu'il y a aussi les parents qui parfois annoncent leurs enfants cas contact alors qu'ils ne le sont pas forcément…

Quel est le moral des troupes? Parce qu'on sait que les enseignants sont en première ligne. Ils demandent à se faire vacciner, ils demandent aussi à être mieux protégés.

Moi ce que je constate sur le terrain, c'est que les équipes d’enseignants sont formidables et ce n'est pas du violon, c'est vraiment une réalité. Ils sont en permanence à l'écoute des élèves et du mal être psychologique en plus de la transmission du savoir.  

Je rappelle que vous êtes dans un lycée, vous vous avez aussi des adolescents et on sait que c'est particulièrement compliqué comme période actuellement.

Oui, moi, je suis en lycée professionnel donc c’est à la fois une adolescence compliquée parfois, et à la fois un public scolaire un peu plus fragile qu'une classe préparatoire de centre-ville

Donc vous dites que les enseignants sont mobilisés malgré la peur légitime de se faire contaminer au travail...

Que l'on soit enseignant ou pas enseignant, la crainte d'être contaminé est légitime de toute façon. Donc ils sont dans l'attente, effectivement, d'une campagne de vaccination. Ils sont attentifs aux mesures sanitaires que l'on prend dans l’établissement, on les partage ensemble. Et puis bon an mal an, on avance et on attend l’évolution de la situation sur laquelle on n'a pas d’emprise.

Concrètement, quand vous parlez de protocole sanitaire, de mesures barrières : qu'est ce que vous avez mis en place dans votre établissement? 

Tout élèves par exemple qui entre dans le lycée passe par un hall où il y a du gel hydro-alcoolique, donc systématiquement, toute personne - extérieure ou élève - qui rentre dans l’établissement doit se désinfecter les mains. Il y a des sens de circulation, il y a des rotations au self. Et puis les quelques classes à gros effectifs, on est vigilant : on fait parfois des groupes pour alléger un petit peu le nombre d’élèves.

Et vous arrivez à faire quand même déjeuner tout le monde à la cantine? C'est important, la cantine. On sait que pour certains, c’est LE repas équilibré de la journée.

Je vais être très honnête avec vous : j’ai la chance d'avoir un niveau qui est en période de formation en milieu professionnel, c'est à dire qu'ils sont en stage en entreprise dans le cadre de leur formation. Donc du coup j’ai un tiers des effectifs en moins et tout passe sans problème.

Un dernier mot peut être sur la psychologie de vos élèves. On l'a évoqué tout à l’heure : c’est quand même un public qui peut être fragile. À cet âge là, on se construit. Vous êtes vigilant là-dessus aussi?

On est très vigilant sur les échanges avec les élèves, de façon à ne pas être dans la paranoïa mais dans la vigilance. On distingue clairement des élèves qui ont eu un contact direct avec des personnes durement touchées par la maladie et ceux qui n’en ont pas eu ; et on sent une différence de perception.

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