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Dossier : Challenge Jeunes d'Avenirs France Bleu

"J'aurais aimé être prêt pour ce métier" : la formation des apprentis freinée par la fermeture des restaurants

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Gironde, France Bleu

À partir de ce mardi, France Bleu lance l'opération "Challenge Jeunes d'Avenirs", avec l'objectif de mettre en relation 50 000 jeunes et entreprises, pour des stages ou alternances. Les apprentis en restauration notamment, au CFA Bordeaux-Lac, s'inquiètent pour leur entrée sur le marché du travail.

Seuls les travaux pratiques peuvent être suivis en présentiel, sur le site du Campus du Lac, à Bordeaux-Lac.
Seuls les travaux pratiques peuvent être suivis en présentiel, sur le site du Campus du Lac, à Bordeaux-Lac. © Radio France - Bastien Munch

Depuis un an, l'apprentissage de Maël, 18 ans, serveur dans une grande chaîne de restaurants, se résume en trois mots : click and collect. Comme les 400 autres apprentis dans le secteur de la restauration du Campus du Lac, à Bordeaux, il n'a passé que six mois en entreprise sur l'année écoulée, à cause des fermetures à répétition pour mesures sanitaires. "C'est plus calme que la restauration habituelle", avoue Maël. "Ça nous manque un petit peu parce que quand on est serveur, on fait un peu ce métier pour ça, pour avoir le contact avec le client, la discussion avec les gens, apprendre à les connaître. Là on ne l'a plus du tout, et c'est vraiment dommage." 

La cuisine pédagogique est désormais le seul lieu où Maël peut exercer son métier de serveur normalement.
La cuisine pédagogique est désormais le seul lieu où Maël peut exercer son métier de serveur normalement. © Radio France - Bastien Munch

Pour aider tous ces jeunes, France Bleu lance aujourd'hui, et jusqu'au 21 mai, l'opération "Challenge Jeunes d'Avenirs", pour permettre à au moins 50 000 étudiants, apprentis ou jeunes diplômés de trouver un stage, une alternance ou un premier emploi. Car, à trois mois de la fin de son CAP, Maël craint également d'arriver sur le marché du travail avec des compétences en moins. "Sur les deux ans de CFA, on a fait presque que six mois en entreprise. On aurait pu avoir bien plus d'expérience que ce qu'on a maintenant", explique-t-il. "J'aurais voulu être prêt à entrer sur le marché du travail comme quelqu'un qui aurait fait un CAP deux ans plus tôt, avec une formation complète."

Peu d'impact sur la rentrée 2020

Mathieu, lui, est totalement à l'arrêt avec son brevet professionnel de cuisine dans un restaurant gastronomique d'Agen, qui ne pratique pas la vente à emporter. "Je continue à travailler chez moi pour ne pas perdre le fil conducteur de la cuisine", décrit-t-il. Et il a trouvé un autre moyen de s'impliquer dans la vie du restaurant. "Au lieu de ne rien faire de concret, je réfléchis à comment aider le restaurant à s'améliorer, de mon petit statut d'apprenti. Mais je pense que les chefs ont tendance à plus impliquer les apprentis dans le restaurant, même dans cette période compliquée." Mathieu ne s'inquiète pas trop pour l'avenir : il a déjà reçu une promesse d'embauche dans un restaurant étoilé.

Malgré la situation compliquée de ces apprentis, Raphaël Arbina, directeur du Campus du Lac, s'estime chanceux. "Pour les nouveaux effectifs de 2020, les restaurants avaient déjà rouvert depuis le mois de mai", explique-t-il. "Du coup, ils se sont très vite projetés sur la nouvelle saison, et sur des besoins en recrutement. Donc ça a eu assez peu d'impact sur nos flux de rentrée 2020. On va voir ce qu'il en sera pour 2021..." Le directeur du campus veut "garder espoir" si les restaurants commencent à rouvrir à la mi-mai, comme évoqué par Emmanuel Macron

Un plan d'aides bienvenu

"On espère le même phénomène que l'an dernier parce que c'est vraiment la grande inconnue du printemps", continue Raphaël Arbina, tout en saluant le plan d'aides mis en place par l'État, notamment avec les entreprises qui s'engagent avec des apprentis, prolongé jusqu'au 31 décembre 2021. Pour les apprentis mineurs, elle est désormais de 5 000 euros (au lieu de 4 125 euros jusqu'ici), et de 8 000 euros pour les majeurs. "Ça sauve la rentrée 2021, mais uniquement sur le plan de l'incitation faite aux entreprises", tempère-t-il. "Ce qui est important, c'est de savoir si le secteur de la restauration va pouvoir reprendre aussi vite que l'an dernier."

Une lueur d'espoir dans cet avenir incertain : pendant la crise sanitaire, de nombreux apprentis du campus bordelais, dans d'autres secteurs, ont au contraire beaucoup plus travaillé que d'habitude. "Tout le secteur de la grande distribution, de la téléphonie mobile, tous ceux considérés par le gouvernement comme étant de première nécessité, ils n'ont pas été impactés. Ils ont travaillé à 100 ou 110% de leur capacité", indique Raphaël Arbina. "Tous les stagiaires, alternants et apprentis de ces secteurs n'ont pas du tout perçu l'impact de la crise. Et ça représente quand même une grande part de notre activité."

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