Éducation

Jusqu'à 38 élèves par classe au lycée de Jarny: "inacceptable" pour les enseignants en grève

Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine mardi 6 septembre 2016 à 17:34

Des enseignants grévistes dénoncent des classes surchargées devant le lycée Jean-Zay de Jarny
Des enseignants grévistes dénoncent des classes surchargées devant le lycée Jean-Zay de Jarny © Radio France - Cécile Soulé

Une majorité d'enseignants du lycée Jean-Zay de Jarny, en Meurthe-et-Moselle, était une 2e fois en grève ce mardi pour protester contre des classes surchargées: jusqu'à 38 élèves dans une classe de première. Une délégation a rencontré le rectorat à Nancy et espère une réponse rapide.

La rentrée n'est pas parfaite au lycée Jean-Zay de Jarny, dans le Pays Haut, en Meurthe-et-Moselle. Plusieurs classes sont vraiment surchargées: beaucoup de classes de seconde sont à 33-34 élèves, il y a des terminales à 35 et même une première à 38! C'est beaucoup trop pour dispenser un enseignement de qualité disent les enseignants. C'est aussi très compliqué en terme de locaux: parce que l'établissement, reconstruit à neuf il y a deux ans, n'a été configuré que pour des classes de 34 élèves maximum. Après une première grève le lendemain de la rentrée des classes, vendredi 2 septembre, une majorité d'enseignant a encore fait grève ce mardi pour dénoncer cette situation.

On arrive à un point de rupture"

Sur place, le contraste est frappant entre le lycée flambant neuf et les conditions de travail en classe. Devant l'établissement, Célia se plaint d'être dans une seconde à 31 élèves : "Oui, c'est compliqué pour travailler, ça fait quand même beaucoup quand on est en classe entière". Mais ce n'est rien à côté de la situation du fils de cette parente d'élève : "Mon fils est dans une classe surchargée, ils sont 38 en classe". 38 élèves dans une classe, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder la colère des enseignants. Manuela Ribeiro, du syndicat Sud, fait partie des grévistes: "Là, on arrive à un point de rupture. C'est-à-dire que les enseignants se rendent compte qu'ils ne peuvent plus travailler dans des conditions correctes, qui ne peuvent plus accompagner leurs élèves et ce n'est plus supportable".

Manuela Ribeiro, enseignante gréviste au lycée Jean-Zay de Jarny parle d'une situation "inacceptable"

Issues de secours condamnées pour accepter 38 élèves dans des classes configurées pour 34

Il y a aussi un problème de locaux: les classes ont été configurées pour 34 élèves maximum. Pour en accepter plus, il faut condamner des issues de secours. Certains enseignants refusent, et les élèves n'ont pas cours. Même casse-tête pour les profs d'EPS comme Jackie Cesaroni: "Cela nous pose des problèmes par exemple pour aller à la piscine. Imaginez une classe à 35 ou 38 à la piscine, on ne peut pas! On a un mur d'escalade: imaginez le collègue avec 38 élèves au pied du mur d'escalade. Ce sont nos conditions de travail, au détriment des jeunes. Parce que le prof ne va pas faire escalade, on ne va pas faire natation".

Pour réclamer un allègement des classes, des enseignants grévistes ont déployé leur banderole devant le rectorat, accompagné de parents d'élèves et de représents de la commune de Jarny, en espérant être entendus dans les prochains jours. Une délégation a été reçue ce mardi après-midi au rectorat à Nancy. Et les enseignements sont prêts à se remettre en grève si les choses ne se débloquent pas.

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