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L'artiste picard Hazerka en dédicace à Amiens après la sortie de son livre sur le harcèlement scolaire

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Par , France Bleu Picardie

Quelques jours après la sortie de son livre dans lequel il raconte ses années de collégien harcelé, le jeune picard Marving Darmon alias Hazerka rencontre des élèves du collège Guy Mareschal d'Amiens ce mercredi. Il veut aider à briser le tabou du harcèlement scolaire.

Illustration - Une affiche contre le harcèlement scolaire
Illustration - Une affiche contre le harcèlement scolaire © Maxppp - Maxppp

Selon une étude de l'UNICEF publiée en 2018, 700 000 enfants seraient victimes de harcèlement scolaire en France. Marving Darmon a connu cet enfer de la sixième à la troisième dans son collège de Chantilly dans l'Oise. Après des chansons, des interviews dans les médias, celui qui porte aujourd'hui le nom d'artiste d'Hazerka vient de publier un livre. 

Dans Plus jamais seul, journal d'un collégien harcelé, Hazerka livre à nouveau son histoire et veut "aider les autres jeunes à s'en sortir." Avant une rencontre avec des collégiens d'Amiens et une séance de dédicaces, il témoigne sur France Bleu Picardie.

France Bleu Picardie : vous avez déjà raconté vos années de collégien harcelé en chanson et en interviews, là vous publiez un livre. L'avez-vous écrit pour montrer qu'on peut aller de l'avant et s'en sortir ?

Hazerka : dans un premier temps j'ai écrit ce livre pour moi, c'est ma thérapie, mon médicament, ça m'aide à aller mieux. J'avais encore beaucoup de choses à raconter, à extérioriser. Et surtout, j'ai écrit pour venir en aide aux adolescents qui n'ont pas de solution, qui pensent qu'il n'y a pas d'espoir et aux jeunes mamans qui sont démunies face à ce fléau, qui ne savent pas quoi faire.

Est-ce que ce livre est une bonne thérapie ?

Oui car aujourd'hui je n'ai plus aucun secret. Tout le mal que j'avais, toutes les séquelles que j'avais, tous ces flashback de mon passé dans la cour de récréation sont dans le livre. Je me sens libre, libéré. Depuis le 23 septembre on va dire que je démarre une nouvelle vie avec un sourire. 

Vous encouragez les adolescents à briser le tabou du harcèlement. Est-ce que ce n'est finalement pas cela le plus difficile ?

Le plus difficile c'est d'en parler. C'est de prendre le courage d'alerter quelqu'un. Pour autant il y a quand même des solutions aujourd'hui qui s'offrent à nous alors qu'à l'époque où j'étais au collège, on parlait pas de harcèlement scolaire. 

Quand vous témoignez directement auprès des jeunes comme à Amiens, comment est-ce que vous encaissez ces histoires qui peuvent ressembler à la vôtre ?

Quand j'interviens dans les établissements, le combat est différent. Je raconte mon histoire frontale aux élèves. Peu ont le courage de me dire en face qu'ils sont harcelés et je peux l'entendre et c'est surtout le soir quand je rentre, sur mes réseaux sociaux oui j'étais au collège ce matin, je suis harcelée mais je n'osais pas le dire et là, elle vide son sac sur les réseaux sociaux et cela me va très bien.

Vous entendez beaucoup d'histoires de harcèlement ?

Malheureusement tous les jours. Des messages d'alerte, des SOS, des bras mutilés et je pourrais aller encore plus loin. C'est très très grave.

Comment parle t-on aux harceleurs, ceux et celles qui, dans une cour de récréation s'acharnent sans parfois se rendre compte des dégâts qu'ils peuvent faire ?

Je pense qu'ils ne sont pas conscients des actes, des mots, de la violence et des paroles qu'ils ont. Ils pensent que ça va durer quelques jours, quelques semaines, que les séquelles sont éphémères alors qu'elles restent à vie. Aujourd'hui moi treize ans après je consulte toujours un psychologue une fois par mois. Tous ceux qui ont été harcelés dans la cour de récréation vont avoir des séquelles à vie. Il faut prendre conscience de la gravité des choses. Pour moi c'est un mix des deux, il faut un électrochoc si une histoire très grave à eu lieu ou tout simplement leur dire et si ton fils, ta fille plus tard est harcelé dans la cour tu serais content, heureux, tu aurais le sourire ? Et aujourd'hui si il agit en tant qu'harceleur il faut lui faire comprendre que ce n'est pas un jeu, que ça peut ruiner une scolarité, ruiner une vie.

Est-ce qu'on en fait assez contre le harcèlement scolaire ? Est-ce que l'Education Nationale, les responsables politique sont à la hauteur du problème ?

On en a jamais assez mais on voit l'évolution au fil des années. Il y a encore treize ans en arrière personne n'en parlait, il n'y avait pas de film, pas de campagne, pas de livre, pas de conférence dans les établissements scolaires. Après on en fera jamais assez, il y a encore 700 000 élèves harcelés en France. 

Certains établissements nomment des référents, d'autres élèves à qui on peut se confier. Est-ce une bonne solution selon vous ?

Je pense que c'est une bonne solution mais je vois aussi un côté négatif. Il peut y avoir une histoire et l'adolescents à qui on s'est confié se venge en disant il est harcelé, c'est une victime. C'est déjà des cas que j'ai entendu. Je reste sur la bonne et vieille méthode de se confier à un adulte, il y a les équipes pédagogiques, les infirmières, les psychologues. Il y a aussi le 3020, un numéro anonyme et gratuit mis en place par le ministère de l'Education Nationale. Si on a du mal à parler à se confier à un proche que ce soit un parent ou quelqu'un de la famille ou du corps éducatif ce numéro vert est très très bien. 

Plus jamais seul, journal d'un collégien harcelé de Marving Darmon alias Hazerka est paru en septembre aux éditions Les Arènes. L'auteur sera en dédicace ce mercredi de 15h30 à 16h30 à la librairie amiénoise Pages d'Encre, rue des Chaudronniers. 

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