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Éducation

L'école musulmane Philippe Grenier à Échirolles porte plainte pour diffamation contre le ministre Jean-Michel Blanquer

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

L'école privée musulmane Philippe Grenier porte plainte pour diffamation contre le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui l'avait décrite comme "d'inspiration salafiste". L'école n'est pas fermée car elle a fait appel d'une décision de justice.

L'école musulmane privée d'Echirolles a vu le jour en 2016.
L'école musulmane privée d'Echirolles a vu le jour en 2016. © Radio France - Elisa Montagnat

Échirolles, France

L'école privée musulmane Philippe Grenier porte plainte ce lundi pour diffamation contre le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. 

Le ministre l'avait décrite comme "d'inspiration salafiste" sur l'antenne de France Inter le 11 avril, et avait ajouté qu'il avait "pris la décision de la fermer". L'école fait l'objet d'un jugement de fermeture, prononcé en février par le tribunal correctionnel de Grenoble, car le ministère public avait dénoncé d'importantes carences dans l'enseignement. L'établissement a fait appel et le verdict sera rendu en juillet. 

Ses accusations de salafisme sont absurdes. L'école est jugée pour niveau d'enseignement insuffisant.

Pour l'avocat de l'école Philippe Grenier, Maître Michaël Bendavid : "Ses accusations de salafisme sont absurdes. L'école est jugée pour niveau d'enseignement insuffisant. Le procureur de la République a utilisé le mot salafisme à l’audience à cause d’une petite phrase prononcée il y a trois ans par une personne de l'équipe pédagogique. A l'époque de l'abécédaire de l'Education, beaucoup de gens s’offusquaient de l'idée selon laquelle on aurait enseigné la théorie du genre à l'école publique, et une personne de l'équipe pédagogique a dit "Il faut préserver nos enfants de ce vice"... De là à en tirer la conclusion qu'une école est salafiste, il y a un pas qu'il est assez osé de franchir !" 

L'avocat de l'établissement ajoute : "Alors que l'école est présumée innocente et qu'un processus judiciaire est en cours, on a un ministre qui vient prétendre qu'il va fermer l'école de sa propre initiative et en contournant les décisions judiciaires qui s'imposent".

C'est derrière ces grilles que se cache l'école Philippe Grenier, adossée à une mosquée. - Radio France
C'est derrière ces grilles que se cache l'école Philippe Grenier, adossée à une mosquée. © Radio France - Elisa Montagnat

Côté judiciaire, "le rectorat n'a pas de pouvoir de police, c'est la justice qui décide de la fermeture de l'école.", affirme Aymeric Meiss, directeur de cabinet de la rectrice.

Les enfants étaient présents pour la rentrée, malgré la mise en demeure du rectorat aux parents d'élèves

Suite au premier jugement en février dernier, la direction des services départementaux de l'Éducation nationale de l'Isère avait envoyé à chacune des familles un courrier recommandé, les mettant en demeure de rescolariser leurs enfants ailleurs, ou de les instruire à domicile. Pourtant, ce lundi matin à l'école Philippe Grenier, c'était une rentrée comme les autres. Une seule personne a déscolarisé son enfant pour lui faire les cours à la maison, les autres ont suivi les conseils de l'avocat explique Sarah, parent d'élève : "Il dit qu'on doit attendre la décision du tribunal. Ils veulent surtout nous intimider car on a bien compris que le but est de faire fermer les écoles musulmanes. Personnellement mes enfants n'ont jamais été aussi bien que depuis que je les ai mis ici car avant ils étaient en école publique. Si je pensais que c'était une école salafiste, mes enfants ne seraient plus ici !"