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Éducation

L'école musulmane d'Échirolles, qualifiée de salafiste par Jean-Michel Blanquer, fermée pour cause de faillite

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

L'école privée hors contrat musulmane d'Échirolles (Isère) n'a pas rouvert à la rentrée de septembre, comme le souhaitait le ministre de l’Éducation nationale, qui l'avait qualifiée de salafiste. Elle a été mise en liquidation judiciaire suite à un endettement important.

L'école musulmane Philippe Grenier
L'école musulmane Philippe Grenier © Radio France - Véronique Pueyo

Échirolles, France

L'école Philippe-Grenier, du nom du premier député musulman de France, avait été créée en 2016 par une association baptisée Unicités. Son projet pédagogique était basé notamment sur l'apprentissage de l'arabe et du coran. Mais après une inspection de l'Éducation nationale en 2017, son enseignement est jugé médiocre. L'école avait été condamnée, par le tribunal correctionnel de Grenoble, à fermer ses portes en février dernier. Elle avait fait appel. 

Pour Jean-Michel Blanquer, cette école était d'inspiration salafiste

On en était là, quand, en avril dernier, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale avait qualifié l’établissement de salafiste, en intimant l'ordre aux parents d'en retirer leurs enfants. L'école lui avait tenu tête en menaçant de porter plainte pour diffamation et avait continué à fonctionner jusqu'aux grandes vacances.  

Pourtant, suite à une mise en demeure du Rectorat de retirer leurs enfants de l'école, une quinzaine de parents avaient été convoqués chez le délégué du procureur, pour un rappel à la loi. Il leur avait expliqué que s'ils n’obtempéraient pas, ils risquaient six mois de prison et 7.500 euros d'amende.

UN des bâtiments de l'école musulmane d'Echirolles - Radio France
UN des bâtiments de l'école musulmane d'Echirolles © Radio France - Véronique Pueyo

Finalement, le bras de fer s'est arrêté là, car l’école qui ne payait plus ses charges sociales affichait un endettement de près de 38.000 euros. Elle a été mise en liquidation judiciaire en juillet dernier. Le parquet explique qu'elle n'a présenté aucun plan de redressement pour tenter de se relancer financièrement et que donc elle s'est mise elle-même sur la touche. L'avocat de l'école, maître Bendavid, estime lui que les donateurs potentiels ont été effrayés par l'agitation médiatique faite autour de l'établissement.

Liquidation judiciaire

Quoi qu'il en soit, la majorité des 110 élèves ont été inscrits dans d'autres écoles, publiques ou privées, certains sont scolarisés à la maison. Ce qui n'est pas forcément mieux pour Maître Bendavid : "On le sait, l'Éducation nationale n'a pas les moyens de contrôler tous les enfants qui travaillent chez eux et leurs parents, même de bonne volonté, ne sont peut-être pas à même de leur délivrer un enseignement de qualité. Alors qu'à l'école Philippe Grenier, les enseignants étaient tous diplômés de l'Université."

Le Rectorat explique, de son côté, que son objectif avant tout est le bien-être et la bonne éducation des élèves, qui ne doivent pas être victimes de "bourrage de crâne".

Maître Bendavid défend l'école Philippe Grenier

Maître Bendavid est déçu car cette école, selon lui, correspondait à une demande d'un enseignement musulman en France, qui n'existe pas assez, au même titre que l'enseignement catholique ou juif : "Au fronton de cette école, il était écrit, Liberté, Egalité, Fraternité. On s'est trompé de cible !"

Une école qui répondait à un besoin, selon son avocat

À la question l’équipe dirigeante va-t-elle remonter une autre école, maître Bendavid répond : "Je ne crois pas car les anciens dirigeants de l'école sont épuisés par leur combat face aux pouvoirs publics. On leur a mis des bâtons dans les roues et ils n'ont plus l’énergie ni les moyens financiers de repartir."

Le procès en appel qui aura lieu le 25 novembre prochain va se solder par l'extinction de l'action publique, car, comme l'école a été liquidée, la personne morale n'existe plus. L'ancien directeur de l'école musulmane d'Echirolles n'a pas souhaité répondre à nos questions.

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