Éducation

L'enseignement de l'allemand au collège en recul de 33% en 6e selon une association germanophile

Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord lundi 12 septembre 2016 à 17:17

Cours d'allemand  au collège de Stiring-Wendel l'an dernier
Cours d'allemand au collège de Stiring-Wendel l'an dernier © Maxppp - Philippe Riedinger

Selon l'association pour le développement de l'enseignement de l'allemand en France, le nombre d'élèves qui apprennent l'allemand au collège est en recul cette année à cause de la réforme du collège. En Moselle, malgré tout, les classes bilangues de continuité résistent plutôt bien.

L'enseignement de l'allemand est-il en recul avec la réforme du collège? Selon l'association pour le développement de l'enseignement de l'allemand en France, l'ADEAF, qui a fait ses comptes ce week-end des 10 et 11 septembre, grâce aux retours des profs d'allemand sur le terrain, le nombre d'élèves qui apprennent l'allemand est en recul dans l'hexagone, contrairement à ce que dit Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education nationale: -6,6% sur l'ensemble du collège dont -33% pour les 6e. "Les chiffres apparaissent clairement à la baisse", explique Corinne Ropital, présidente en Lorraine de l'ADEAF.

Concernant les classes bilangues (apprentissage de l'allemand et de l'anglais dès la 6e), la Moselle résiste plutôt bien. 100% des 90 collèges publics de Moselle avaient des classes bilangues allemand-anglais en 2015. En cette rentrée 2016, ils sont encore 80%. Ce sont les bilangues dites de continuité parce que les élèves ont déjà été initié à l'allemand en primaire. Dans les 20% de collèges qui n'ont pas pu maintenir de classes bilangues, certains proposent quand même l'allemand en langue vivante 1, dès la 6e. Malgré tout, les inquiétudes persistent sur les conditions d'enseignement, et sur l'avenir de l'allemand au collège.

Corinne Ropital, présidente en Lorraine de l'ADEAF

Nathalie Crémoux est prof d'allemand au collège Jean de la Fontaine à St Avold. Son établissement maintient ses bilangues. Il y en a même une de plus. Bonne surprise mais à quel prix s'interroge l'enseignante:"Les moyens octroyés à la 6e sont récupérés par ailleurs. En 5e, c'est le niveau le plus critique, dans les 5e allemand LV2, ils sont à 30. Pour nous, c'est vraiment une régression inouie".

"Vous ne pouvez prendre de l'allemand en bilangue que si vous l'avez étudié à l'école primaire, c'est absurde"

Même question des moyens dans les collèges qui maintiennent l'allemand en 6e. C'est parfois là aussi au dépens d'autres classes de langues surchargées ou de demi-groupes en sciences. Bruno Henry, du syndicat Snes-FSU en Moselle, regrette aussi la nouvelle règle qui interdit à un élève ayant été initié à l'anglais en primaire d'entrer dans une bilangue allemand au collège: "Les familles n'ont absolument pas le choix de la langue vivante enseignée en primaire. Ensuite on dit à ces familles, qui pourraient parfaitement faire de la bilangue, faire deux langues de front: vous ne pouvez prendre de l'allemand que si vous l'avez étudié à l'école primaire. C'est complètement absurde!"

La ministre de l'Education nationale affirme de son côté que l'allemand, comme le latin, n'est pas en perte de vitesse. Najat Vallaud Belkacem l'a dit chez nos confrères de France Info: "On nous avait dit, c'est une réforme qui supprime le latin et l'allemand mais il n'y a jamais eu d'autant d'élèves qui feront de l'allemand et du latin que cette année". Le ministère de l'Education nationale n'a en tout cas pas encore donné de chiffres officiels du nombre d'élèves apprenant l'allemand au collège en cette rentrée.