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Éducation

Homophobie : "ça suffit !" Les Bascos et l'Education Nationale se mobilisent

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Par , France Bleu Pays Basque

"Ça suffit !" Tel est le slogan d'une campagne lancée lundi par le ministre de l'éducation nationale. L’opération de Jean-Michel Blanquer cible les actes homophobes dans les collèges et les lycées. Les Bascos, eux, lancent une enquête au Pays Basque.

L’opération de prévention lancée par le ministère de l'éducation nationale
L’opération de prévention lancée par le ministère de l'éducation nationale -

Pays Basque, France

Pour Jean-Michel Blanquer, le phénomène des actes homophobes dans les collèges et les lycées n'a rien d'anodin. 72% des lycéens homosexuels jugent leur expérience scolaire comme "mauvaise" ou "très mauvaise" selon une étude de l'IFOP (réalisée l'an dernier pour la délégation interministerielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT). 

Ce mardi, tous les responsables de collèges et de lycées ont reçu les instructions du ministre. Pour le principal du collège Marracq de Bayonne personne ne peut être indifférent face aux conséquences d'un acte homophobe : "on ne peut pas avoir 807 élèves et ne pas être confronté à ce problème" selon Philippe Prévot "cela peut se manifester par du décrochage scolaire, un enfermement". Parfois pire.  "On ne peut pas laisser la souffrance" lance le principal.

Philippe Prévot, principal du collège Marracq de Bayonne

Le collège Marracq de Bayonne - Radio France
Le collège Marracq de Bayonne © Radio France - Jacques Pons

Dès lundi prochain, le principal du collège Marracq réunira tous les professeurs de l'établissement pour lancer l’opération. Auparavant, tous les responsables de collèges et de lycées des Pyrénées Atlantiques ont rendez vous ce jeudi à Pau à l'invitation du recteur de l'académie et le  Dasen (directeur académique des services de l'éducation nationale, l'ancien inspecteur d'académie).

Opération "ça suffit !" dans tous les collèges et lycées

Intitulée clairement "ça suffit !", l’opération de l'Education Nationale se veut un engagement contre l'homophobie ordinaire. Les injures lancées dans une enceinte sportive, les propos déplacés dans un vestiaire ou des toilettes. Dans un guide reçu mardi par tous les responsables des collèges et de lycées, le ministère rappelle que l'homophobie et la transphobie sont punies par la loi. Une injure dans un lieu public est punie de 12 000 euros d'amende. Si le caractère homophobe est retenu cela va jusqu'à 22 500 euros d'amende et six mois d'emprisonnement.

 Les affichettes remises mardi dans tous les collèges et lycées de France - Aucun(e)
Les affichettes remises mardi dans tous les collèges et lycées de France -

Élèves et professeurs sont appelés à s'engager

Les élèves devront faire attention à leur propos, refuser les blagues stigmatisant les lesbiennes, les gays, les bi et les trans. Toute insulte homophobe doit être bannie "même pour rire" précisent les affichettes envoyées dans les collèges et lycées. A éviter aussi, le fait d' "outer" une personne, autrement dit, révéler son homosexualité sans son consentement. Le guide remis dans les établissements fourmille de conseils et de solutions. Conseils aux chefs des collèges et lycées, aux professeurs et aux adolescents.

Dans le guide d'accompagnement de l’opération "ça suffit !" - Aucun(e)
Dans le guide d'accompagnement de l’opération "ça suffit !" -

Une enquête sur l'homophobie lancée au Pays Basque

La campagne des Bascos - Aucun(e)
La campagne des Bascos -

L'éducation nationale n'est la seule à lancer une opération d'information. Depuis la mi-décembre l'association Bascos lance une enquête sur l'homophobie et la transphobie au Pays Basque. Pour témoigner, il suffit de répondre à un questionnaire sur le site internet de l'association. L'association les Bascos entend réunir des témoignages jusqu'à la mi-mars. Cette enquête veut donner la parole aussi bien aux témoins qu'aux victimes d'actes homophobes.

L'homophobie, un vrai problème au Pays Basque

On pourrait croire la zone du Pays Basque épargnée par les actes d'homophobie. Il n'en est rien. Depuis 2014, les Bascos ont entrepris un travail de fourmi auprès de la communauté. Depuis quatre ans et demi, six travailleurs sociaux recueillent les situations vécues par les homos. Durant cette période, l'association a pu constater et étayer 103 cas d'actes homophobes. 13 cas de mineurs victimes de harcèlement. Certaines de ces situation ont débouchées sur des tentatives de suicide.

Nous sommes en dessous des réalités — Philippe Casenave, assistant social 

Pour Philippe Casenave, assistant social chez les Bascos : "nous sommes très en dessous des réalités rencontrées par les homosexuels".  L'association a recueilli aussi 8 cas de rejet d'homosexuels par leurs familles. 28 cas dans le milieu du travail où les homos sont confrontés souvent au déni de leur employeur "pourtant censé garantir la santé mentale de ses employés" précise Philippe Casenave. "Dans ce genre de situation notre boulot consiste à aider les homosexuels à dénoncer les faits".

103 cas d'homophobie auxquels s'ajoutent aussi 80 témoignages de migrants

Les actes homophobes sont constatés aussi dans des affaires de voisinage. 30 cas au Pays Basque où les victimes étaient harcelées. Ensuite viennent les agressions physiques. 13 cas depuis 2014 sans compter 5 cas de violences dans des maisons de retraites et des centres pour handicapés. Au total, 103 actes homophobes en 4 ans et demi. Ce n'est pas tout, dernièrement les travailleurs sociaux des Bascos enregistrent beaucoup d'actes répréhensibles chez les migrants. 80 cas survenus durant les derniers mois.

L'enquête de l'association les Bascos - Aucun(e)
L'enquête de l'association les Bascos -

Beñat Gachen, président des Bascos, invité de France Bleu Pays Basque

L'association les Bascos reçoit dans son local de Bayonne (10, rue Jacques Laffitte) ou par téléphone (07 83 02 18 27) tous les mercredi les témoignages de personnes victimes d'homophobie ou de transphobie.