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Dossier : Coronavirus

L’incertitude des examens pour les étudiants confinés

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Les profs font chauffer les webcams mais s’interrogent sur les prochains examens à l’université. Témoignages en faculté de droit à Nancy où les futurs juristes apprennent à travailler confinés, loin du campus, à la recherche de certains enseignants et en pensant aux futurs examens.

Le nombre de connexions est passé d'environ 25 000 à de 65 000 par jour à l’Université de Lorraine.
Le nombre de connexions est passé d'environ 25 000 à de 65 000 par jour à l’Université de Lorraine. © Radio France - Thierry Colin

"Nous ne savons pas quand et comment nous allons passer les prochains examens", les étudiants de l’Université de Lorraine font part de leur incertitude. On imagine bien que les examens à distance sont compliqués voire impossibles dans certaines matières.

"On ne sait pas qui se trouve derrière l’ordinateur" répètent en cœur professeurs et étudiants de la faculté de droit de Nancy dont les épreuves consistent le plus souvent à commenter des arrêts ou des décrets durant trois heures, sans accès à une ressource extérieure.

Depuis le 16 mars, le nombre de connexions est passé d'environ 25 000 par jour à une moyenne de 65 000 à l’Université de Lorraine.
Depuis le 16 mars, le nombre de connexions est passé d'environ 25 000 par jour à une moyenne de 65 000 à l’Université de Lorraine. - Document Université de Lorraine

Le sujet des examens commence à faire causer sur les groupes d’étudiants sur les réseaux sociaux mais certains s’étonnent de la disparition de quelques enseignants : "pour certains professeurs, on n’a pas de nouvelle" s’étonnent Mathilde et Joseph, étudiants en droit qui concèdent que les profs branchés font preuve de "bienveillance" et maintiennent un "lien nécessaire en cette période si particulière de confinement".

Les examens, sujet d'interrogation pour les étudiants sur les réseaux sociaux.
Les examens, sujet d'interrogation pour les étudiants sur les réseaux sociaux. © Radio France - Copie d'écran.

D’autres remarquent que des enseignants passaient systématiquement par leur secrétariat avant le confinement pour envoyer un mail groupé aux étudiants ; ceux-là semblent avoir disparu de la circulation numérique

Un effort considérable du corps enseignant pour trouver des supports pédagogiques adaptés à la personnalité de chacun.

Il faut dire que la fermeture des campus a été brutale le 16 mars comme le remarque Fabrice Gartner, doyen de la faculté de droit, sciences économiques et gestion de Nancy qui assure ses cours en visioconférence : "Du jour au lendemain, une fermeture, c’est difficile à vivre pour les étudiants et les enseignants, mais il y a eu un effort considérable du corps enseignant pour trouver des supports pédagogiques adaptés à la personnalité de chacun, au cours, à la méthodologie pour essayer de faire que les étudiants puissent continuer à travailler malgré la fermeture du campus"

Enseignants pas favorables aux examens à distance

Et le doyen de poursuivre : "L’important, c’est que ne soit pas une année blanche, que les étudiants ne soient pas interrompus dans leur cursus et que l’on finisse l’année aux dates initialement prévues en leur donnant des résultats. L’université recommande d’alléger les sessions et d’aller vers de l’examen à distance, ce à quoi ne sont pas du tout favorables les enseignants de notre faculté, mais globalement, peut-être avec un léger décalage, on respectera le calendrier et les étudiants passeront des examens sans aucune réduction de la valeur des diplômes". 

Nous ne savons pas garantir à 100% que l’étudiant qui compose à distance est bien l’étudiant et pas quelqu’un d’autre

Pour les examens à distance, les professeurs de droit voient deux obstacles de taille comme le précise Fabrice Gartner : "Nous ne savons pas garantir à 100% que l’étudiant qui compose à distance est bien l’étudiant et pas quelqu’un d’autre, ça peut constituer une raison de rupture d’égalité à laquelle nos étudiants, que j’ai interrogés, sont très sensibles. Et organiser des examens à distance dans une faculté qui ne sera pas forcément rouverte sera techniquement extrêmement compliqué".  

Un lien pour éviter la sinistrose

Autre enseignant juriste plutôt à l’aise avec la caméra, Olivier Cachard, tient à faire tous ses cours en visioconférence, même si cela demande un travail différent en amont. L’enseignant réunit plus de 120 étudiants à chaque cours magistral où il commente un document écrit qui apparait à l’écran. Le professeur de droit passe les "slides" et détaille le cours depuis son domicile, chacun pouvant poser des questions avant le cours dans un tchat - un clavardage - et les réponses se font en direct ou par mail. 

Certains enseignants branchent leur caméra à leur domicile.
Certains enseignants branchent leur caméra à leur domicile. © Radio France - Copie d'écran.

Au-delà des cours magistraux, Olivier Cachard réunit une cinquantaine d’étudiants dans une classe virtuelle où chacun peut ouvrir son micro pour poser une question et interrompre le professeur, et "ça fonctionne plutôt bien" assure le professeur qui rappelle que : "le plus important est de garder un lien personnel avec les étudiants pour qu’ils ne soient pas découragés ou gagnés par la sinistrose".

Des profs très à l'écoute.

En droit, les professeurs n'assurent pas tous des cours en visioconférence, mais les enseignants gardent le contact : "Les cours nous sont envoyés et ensuite on échange par tchat avec nos professeurs" assure Mathilde, étudiante qui travaille chez elle. "On a des professeurs très à l'écoute et ils savent que nous ne sommes pas tous égaux par rapport à l'outil internet" assure l'étudiante qui analyse le dernier décret d'Edouard Philippe, un exercice de droit en temps réel. 

L’université assure la logistique numérique avec une plateforme internet qui a été prise d’assaut, mais les professeurs n’hésitent pas à aller chercher de la bande passante à l’extérieur, en passant par Youtube ou Teams, même si le chemin d’accès aux cours passe toujours par le site de l’université.

Le nombre de connexions des étudiants a fait un bond.
Le nombre de connexions des étudiants a fait un bond. © Radio France - Document Université de Lorraine

L'université s’adapte avec des "webinaires" mis en place depuis le 16 mars pour accompagner au plus vite les enseignants peu familiers avec l'enseignement à distance et les outils numériques. Près de "300 enseignants ont suivi ces formations en ligne" assure Brigitte Nominé, vice-présidente stratégie numérique à l'Université de Lorraine.

Par ailleurs une hotline téléphonique a été mise en place ainsi qu'un support en ligne pour guider les professeurs les moins geeks. Depuis le  confinement, le nombre de connexions est passé d'environ 25 000 par jour à une moyenne de 65 000 à l’Université de Lorraine. Et si la faculté de droit n’était pas la plus consommatrice en bande passante, les demandes de vidéo ont largement augmenté. 

Solutions pour les étudiants sans connexion

Globalement, le nombre de cours sur la plateforme de l’université est passé de 12 000 cours à 14 500 en 10 jours - soit  20% de cours supplémentaires  déposés sur la plateforme pédagogique Arche qui repose sur la solution libre "Moodle". Sans compter les professeurs qui s’exportent à l’extérieur pour éviter la saturation aux heures de cours. 

L'Université de Lorraine propose des '"webinaires" aux enseignants.
L'Université de Lorraine propose des '"webinaires" aux enseignants. © Radio France - Document Université de Lorraine

Des universitaires sensibles au fait que certains étudiants ne disposent pas de connexion internet ou de mauvaise qualité et qui recherchent des solutions pour que l’ensemble des étudiants soient connectés afin d’assurer une continuité pédagogique pour tous.

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