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L'instituteur de Malicornay accusé de prosélytisme "déterminé à se battre" pour réintégrer son poste

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Par , France Bleu Berry

En février 2017, Matthieu Faucher a été sanctionné pour non-respect de la neutralité vis-à-vis de la religion. Il n'enseigne plus à l'école de Malicornay, dans l'Indre. Pourtant, le tribunal administratif de Limoges a annulé cette sanction.

Matthieu Faucher était enseignant à Malicornay (Indre)
Matthieu Faucher était enseignant à Malicornay (Indre) © Radio France - Gaëlle Fontenit

Dans trois semaines, mardi 1er septembre, ce sera la rentrée des classes. Les enseignants se préparent pour ce moment toujours important, peut-être encore plus dans le contexte sanitaire actuel. Matthieu Faucher, lui, ne sait pas encore où il enseignera. L'ancien instituteur de Malicornay se bat depuis plus de trois ans, depuis cette lettre anonyme reçue en février 2017 où il est accusé de prosélytisme. Il avait été suspendu puis muté pour "non-respect de la neutralité vis-à-vis de la religion".

Le soutien de plusieurs spécialistes de l'enseignement laïc du fait religieux

Matthieu Faucher a toujours reconnu avoir lu en classe des extraits de la Bible à ses élèves de CM1 et CM2. Mais il le répète : il l'a fait dans le respect des programmes de l'Éducation nationale. En juillet 2019, le tribunal administratif de Limoges a d'ailleurs annulé la sanction contre l'instituteur. Matthieu Faucher a d'ailleurs reçu le soutien de plusieurs universitaires lors d'une conférence organisée le 26 février à Paris.

Notamment Pierre Kahn, chargé de l’élaboration des projets de programmes d’enseignement moral et civique par l'Education nationale. "Ce sont d'excellents spécialistes de la question de l'enseignement laïc du fait religieux. En plus, ce sont des personnes internes à l'Éducation nationale. Ils ont contribué à l'écriture des programmes de l'école primaire. Lors de ma commission disciplinaire, l'ancien inspecteur d'académie m'a asséné que je ne respectais pas les programmes. Ce que j'ai toujours contesté. Quand ces professeurs viennent expliquer, sans réserve, que j'ai suivi correctement les programmes de l'Éducation nationale, l'affaire prend une autre dimension", insiste Matthieu Faucher.

Le "jusqu'au-boutisme" de l'administration de l'Éducation nationale

L'administration a fait appel de la décision rendue par le tribunal administratif de Limoges en juillet 2019. Mais ce n'est pas un appel suspensif. Matthieu Faucher ne comprend donc pas pourquoi il n'est pas réintégré à son poste à Malicornay. "En ne me rendant pas mon poste, l'Education nationale n'a pas respecté l'injonction de la justice. Qu'une décision de justice ne soit pas respectée par une administration, c'est très grave et très inquiétant. On ne voit pas pourquoi l'administration serait au-dessus de la justice", explique Matthieu Faucher.

Pour expliquer la décision de faire appel, l'administration va plus loin que le simple non-respect de la neutralité vis-à-vis de la religion. "Je lis noir sur blanc que j'aurais eu une démarche prosélyte. Jusqu'ici, seul l'auteur de la lettre anonyme m'avait accusé de prosélytisme. Jamais l'administration ne l'avait fait. Et d'ailleurs, c'est une accusation qui avait été infirmée par l'administration elle-même en moins d'une semaine d'enquête", rappelle Matthieu Faucher. "Donc ça veut dire que le ministère en est à contredire l'enquête administrative. Le reste n'a plus d'importance. Pour eux, il ne faut pas que je gagne, il ne faut pas que je réintègre mon poste à Malicornay. Quitte à raconter n'importe quoi, quitte à m'accuser de prosélytisme religieux, ce qui va au-delà du délirant. On en est à ce jusqu'au-boutisme", poursuit-il. Le procès en appel devrait avoir lieu dans les prochains mois mais aucune date n'a été fixée.

Matthieu Faucher peut compter aussi sur le soutien de nombreux parents d'élèves de Malicornay, de son syndicat Action et Démocratie - Cfe-Cgc. Mais face à lui se dresse un rouleau compresseur. "Il y a eu au départ une erreur d'appréciation de l'ancien inspecteur d'académie vis-à-vis de moi. Toutes les strates de l'administration se soutiennent malgré l'erreur commise. Elle n'a jamais fait marche arrière, elle n'a jamais reconnu son erreur", conclut Matthieu Faucher.

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