Éducation

Céline Souakria (RESF) : "La rentrée, un moment parfois compliqué pour les enfants en situation irrégulière"

Par Hajera Mohammad, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 29 août 2016 à 8:47

Banderole de l'association Réseau Éducation Sans Frontrières
Banderole de l'association Réseau Éducation Sans Frontrières © Maxppp -

Pour Céline Souakria, présidente de Réseau Éducation sans frontières dans le Territoire de Belfort, la rentrée scolaire peut être un moment délicat pour les enfants en situation irrégulière.

Moment important dans la vie de toutes les familles, la rentrée prend une dimension supplémentaire pour celles qui sont en situation irrégulière. "C'est un moment particulier pour certains parents. Un enjeu pour d'autres qui voient leur enfant aller à l'école pour la première fois", explique Céline Souakria, présidente du Réseau Education sans frontière dans le Territoire de Belfort. "Un moment compliqué" aussi financièrement pour ces familles qui ont peu ou pas du tout de moyens financiers. Pourtant, "la liste des fournitures scolaires est trop longue" déplore la présidente de RESF 90.

23 cartables récoltés, 900 euros de dons

Heureusement, la collecte des fournitures scolaires organisée la semaine dernière a été un succès même si les débuts ont été difficiles. "On a un peu paniqué au début mais tout s'est emballé à partir de jeudi. Nous avons récupéré non pas 17 mais  23 cartables et 900 euros" dont 600 euros de la part de la FCPE, précise Céline Souakria. "Notre local ressemble à une papeterie. Les gens sont allés acheter ces fournitures toute neuves". Malgré le contexte actuel et les discours de plus en plus décomplexés sur les étrangers, les Terrifortains donnent toujours car "l'enjeu de l'école prédomine."

Il faut expliquer aux élèves que le copain ne reviendra pas"

L' année 2013 avait été une année noire pour RESF 90 avec 14 expulsions de familles et de leurs enfants. "Nous n'en sommes plus à ce chiffre, la période est plutôt calme. Nous sommes reçus tous les deux ou trois mois par la préfecture. Il y a un dialogue". assure Céline Souakria. Mais la crainte de l'expulsion d'un élève, en pleine année scolaire, reste présente, assure la présidente de RESF 90, également enseignante. Elle a d'ailleurs vécu cette expérience. "C'est difficile, parce qu'il faut expliquer aux autres enfants, que le copain ne reviendra pas. Nous enseignons aux élèves les droits de l'Homme, mais nous devons aussi leur enseigner que l'école, ça peut s'arrêter demain."

Céline Souakria, présidente de RESF 90 : "C'est la premère rentrée à l'école pour certains de ces enfants"

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